"Il n'y a plus de sous dans les caisses" disait il y a peu le petit
Nicolas après avoir les avoir vidées en créant le paquet fiscal.
Et comme il faut bien quand même aller chercher l'argent où il est, il a
décidé d'aller le chercher dans les revenu des rentiers.
Un pas en arrière, un pas en avant, ou l'aveu d'échec de l'idéologie de
l'UMP-MEDEF quand elle est mise en face des réalités économiques.
http://www.humanite.fr/Une-taxe-pour-financer-le-RSA
Actus humanite.fr 27-08-2008
Une taxe pour financer le RSA ?
Pour financer le RSA, le gouvernement envisage une taxation des revenus
financiers.
Si la décision était confirmée, elle consacrerait en creux l’échec du
"paquet fiscal" des cadeaux aux plus riches.
"Pourquoi une taxe de plus", se demande le Medef.
L’idée de taxer les revenus du capital pour financer le revenu de
solidarité active (RSA) est une "piste sérieuse", a déclaré mercredi le
ministre du Budget, Eric Woerth, confirmant à demi-mot un article du
journal Les Echos.
Le président Nicolas Sarkozy devrait en faire officiellement l’annonce
lors d’un déplacement jeudi à Laval (Mayenne). "Il y a d’autres pistes",
a toutefois prudemment ajouté Eric Woerth.
Selon Les Echos, le chef de l’Etat "a décidé de mettre à contribution
les revenus de patrimoine (revenus fonciers…) et de placement
(dividendes, assurance-vie, etc.) via l’instauration d’un nouveau
prélèvement de 1%".
"La recette de cette contribution additionnelle, qui s’ajoutera aux 11%
de prélèvements sociaux existants (CSG, CRDS, contribution de 2%,
cotisation solidarité autonomie de 0,3%), et qui touchera les revenus
perçus en 2009, serait proche de 1,4 milliard d’euros", ajoute le
quotidien économique.
Financé par l’Etat et les départements et versé par les Caisses
d’allocations familiales, le Revenu de solidarité active, système d’aide
aux travailleurs les plus démunis, sera examiné en conseil des ministres
le 3 septembre.
Son concepteur, le haut commissaire aux Solidarités actives Martin
Hirsch, espère une mise en place avant l’été 2009, alors que le projet
tarde à venir.
Le RSA est appelé à remplacer le RMI (Revenu minimum d’insertion), l’API
(Allocation de parent isolé) et les mécanismes d’intéressement
temporaires à la reprise d’activité.
Le coût de la mesure, qui devrait bénéficier à trois à quatre millions
de personnes, est évalué annuellement à 8,5 milliards d’euros (cinq
milliards venant du RMI, un milliard de l’API, un milliard de
l’intéressement). Manquait 1,5 milliards, qui pourraient être financés
par la taxation des capitaux
L’idée de taxer les revenus du capital pour financer le RSA a été bien
accueillie par le premier secrétaire du Parti socialiste, François
Hollande. "S’il doit y avoir des financements pour le RSA, qu’ils soient
pris sur ceux qui ont le plus me paraît le légitime", a-t-il déclaré sur
RTL.
En creux, cette taxation est l’aveu de l’échec du "paquet fiscal"
accordé aux plus riches par Nicolas Sarkozy dès son arrivée. En
encourageant une hypothétique consommation accrue des plus riches par ce
coup de pouce, Nicolas Sarkozy a privé l’Etat de marges de manœuvre à
l’heure de la menace de récession. Le voilà contraint, pour financer une
politique sociale, de revenir en quelque sorte aux fondamentaux, et
charger l’Etat de la redistribution.
Voix discordantes à l’UMP
L’idée ne fait pas l’unanimité au sein de l’UMP. Si pour l’un de ses
porte-parole, Dominique Paillé, juge que "le prélèvement, s’il est
confirmé, est un bon moyen d’exprimer cette solidarité pour financer un
projet qui est souhaité sur tous les bancs de l’Assemblée nationale, par
toute la classe politique et donc par l’ensemble de la population", le
député UMP Hervé Mariton renvoie en revanche à la campagne
présidentielle de Nicolas Sarkozy : "Moi, j’ai été élu pas pour créer
des impôts nouveaux. J’ai été élu avec entre autres un engagement clair
de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires. Quand un train nous
paraît mal parti, il faut le dire. Le train du RSA, c’est une bonne idée
de l’afficher, mais le faire partir dans de telles conditions, je trouve
que ça n’est pas convenable".
Le Medef hostile
La présidente du Medef Laurence Parisot s’est interrogée mercredi sur
l’opportunité d’une taxe "en plus" pour financer la "bonne idée" du
Revenu de solidarité active (RSA), après les révélations d’une probable
taxe de 1% sur les revenus du capital.
"Le RSA, nous y avons toujours été favorable", a-t-elle souligné avant
d’interroger : "Pour financer une bonne idée, pourquoi avoir comme seule
solution celle d’une taxe en plus ?". "Une taxe en plus, c’est des
entreprises en difficulté, voire en dépôt de bilan en plus", a-t-elle
poursuivi.
"Et si on se disait qu’on pouvait faire ce programme sans faire une taxe
nouvelle ? Je crois que c’est possible. Vous prenez toutes les dépenses
que vous avez déjà et les ressources financières que vous avez. Et vous
regardez : est-ce que je dois maintenir cette dépense-là ? Est-ce qu’il
n’y a pas un tri d’abord à faire ?", a-t-elle ajouté, saluant au passage
le "bon sens de bon management" du programme de Révision générale des
politiques publiques (RGPP) lancé par Nicolas Sarkozy.
"Il faut sortir de cette manie française qui consiste, face à tout
sujet, à dire "on crée une taxe en plus", a-t-elle insisté, jugeant le
taux d’imposition en France "à peine supportable".
--
"Spéculation et crises : ça suffit !" Déjà plus de 30 000 signatures.
http://www.stop-finance.org