ispascal wrote:
Ricco avait soumis l'idée :
j' n'y verrai rien de plus et e toutes façons, ça ne m'apportera
rien parce que je vais voir quelques soubasements de bâtiments
Ce que je me disais avant de voir Oradour/Glane...
Le fait de me rendre sur place n'y ajoutera rien, sinon une sorte de curiosité morbide, je sais trop bien ce qui s'est passé en ces différents endroits et y faire une photo soixante ans après ne m'aidera pas à comprendre comment et pourquoi des gens ont fait ça
pas plus que ca n'en empêche d'autres de refaire à peu près la même chose
Ca ne m'aidera pas a réaliser le malheur et la souffrance des pauvres gens qui sont morts
une seule image , et celle ci me suffit , elle me revient souvent en mémoire, un bulldozer qui pousse des corps dans une fosse, alors aller voir le camps, les baraquements, Oradour ne changera rien pour moi.
Tout ceci est dans ma tête et dans mon c½ur une partie est consacrée a tous ces malheureux
c'est le seul moyen que j'ai de pouvoir ressentir ( et encore si peu ) leur douleur.
J'habite tout prés du Bois de Boulogne et e cette clairière qui a vu mourir des résistants sous la mitraille allemande, il reste des balles dans les arbres , j'ai beau m'arrêter, je ne ressens rien de plus, que pourrais je ressentir d'une chose qui est hors de moi, de ce qu' on fait les autres.
Ne pas oublier, je ne vois que ça
Des gens habitent dans des immeubles qui ont servi de camp, je ne vois pas ce que m'apporterait le fait de faire une photo de leur immeuble
ceci dit, je ne suis pas à ta place et ne veux pas te critiquer, si c'est mieux pour toi de faire ainsi, je comprends
Le fait que je ne me déplace pas n'y change rien, et le façon dont tu me dis " Ce que je me disais avant de voir Oradour/Glane..." je ne ais comment je dois le prendre, pense tu que je sois insensible, étranger, ignorant de tout ça
Une personne vient souvent chez moi, il a son numéro tatoué, il a gardé son étoile, toute sa amie est décimée, nous en discutons souvent, là, dans ce cas particulier, c'est l'émotion qui me bouleverse, parce qu' il est devant moi, vivant ayant réchappé a cette monstruosité, mais je crois que c'est par sa présence.
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Ricco