On 10 oct, 18:49, "Charles Manoras" <inco...@cette.adresse> wrote:
Tout comme "L'homme stupide", "L'homme cet inconnu" d'Alexis Carrel
est un ouvrage assez ahurissant, peut etre encore plus car ce n'est pas un
pamphlet.
Excellent ouvrage, "L'homme, cet inconnu", en tout cas pour l'époque à
laquelle il a été écrit. Je vois dans la débâcle de l'E.N. la
confirmation de ce qui y était annoncé en matière de dérive de la
population.
"Il est nécessaire de faire un choix parmi la foule des hommes civilisés.
Nous savons que la sélection naturelle n'a pas joué son rôle depuis
longtemps, que beaucoup d'individus ont été conservés grâce aux efforts
de l'hygiène et de la médecine et que leur multiplication a été nuisible à
la race".
Nous dirions aujourd'hui : à l'espèce. Dans la pratique, cette
sélection se fait nécessairement là où une population ne contrôle pas
sa fécondité, puisque chaque génération donne naissance à plus
d'individus que la précédente. Les ressources étant intrinsèquement
limitées (ne serait-ce que par le flux d'énergie solaire reçu par la
planète), il y a un moment où ça élague sévère. L'hypocrisie
occidentale consiste à nier le phénomène pour la simple raison qu'il
ne l'observe pas sur son pré carré, mais la guerre du Ruanda, par
exemple, était bien due à un conflit pour les ressources. Un
journaliste étatsunien, je ne sais plus lequel, l'a décrit ainsi : «
ceux dont les enfants allaient à l'école en simples sandales se sont
fait massacrer par ceux dont les enfants y allaient pieds nus ».
La vie est un peu comme l'Université : soit on fait la sélection avant
(examen prénuptial, contrôle des naissances, loi Devaquet...), soit on
a fait après et c'est plus dramatique pour tout le monde (trisomiques,
files d'attente à l'ANPE...). Cela étant, seule une population
susceptible de faire passer le principe de réalité avant le principe
de plaisir peut admettre cette idée; il se trouve que, crise aidant,
nous sommes en train d'en devenir une. Je ne dis pas que la transition
va être forcément très marrante :-(
"Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou
par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d'un court séjour à
l'hôpital suffirait probablement à assurer l'ordre. Quant aux autres, ceux
qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont
dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public,
un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d'en
disposer de façon humaine et économique."
Au fond, la charia n'a rien inventé :-D
Notons que couper la main à un voleur présente un intérêt : la
récidive devient difficile; et la double récidive, presque impossible,
ou alors c'est que le type avait vraiment le vol dans le sang.
Je ne verrais pour ma part pas le moindre inconvénient à ce qu'on
administre la peine capitale à « ceux qui ont tué, qui ont volé à main
armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui
ont gravement trompé la confiance du public ». Outre le fait que la
peine capitable est diablement efficace (qu'est-ce qu'on fout la paix
à la Mafia depuis qu'elle a tué spectaculairement le juge Falcone,
vous avez remarqué ? :-( ), cela renouvellerait bien les effectifs du
personnel politique.
Nous les imaginons intellectuellement nos contemporains mais par certains
aspects des siecles sont entre eux et nous.
En d'autres termes les nazis et cie etaient beaucoup plus "mainstream" que
nous l'imaginons aujourd'hui.
L'euthanasie et l'eugénisme actif sont une dérive qui a été commune à
de nombreux pays protestants, l'Allemagne, bien entendu, mais
également les pays scandinaves, les USA et l'Angleterre. Il est
intéressant de noter qu'il n'en a jamais été question dans les pays
catholiques, pas même l'Italie de Mussolini ou l'Espagne de Franco, le
corps étant considéré comme sacré par cette dernière religion : la
société y tue à la rigueur pour se défendre des criminels tels que
définis par la vision du moment, mais pas parce qu'un individu possède
une morphologie ou des caractéristiques héritées qui ne lui
conviennent pas.
Par ailleurs le fait que l'on puisse etre un tres grand savant dans un
domaine donne et en mm temps (parfois retrospectivement) le roi des
cons dans d'autres n'est pas une remarque tres originale, mais on a
tendance a l'oublier.
Comment les generations futures nous jugeront elles?
Comme la génération qui n'a pas voulu prendre en considération les
propositions de Carrell, fût-ce pour les amender. Cela te choque ? Il
est dans l'ordre des choses qu'une génération soit choquée par les
choix de la suivante, et cela peut-être depuis que le monde est
monde.
Les deux pays émergents dont on parle le plus, Chine et Inde, sont
comme par hasard aussi les deux qui ont adopté avant tout le monde des
mesures malthusiennes. Leur taille les y a forcés, et ce qui a été
vrai pour eux est en train de le devenir pour la planète. Si tu as une
meilleure solution pour éviter la catastrophe, n'hésite pas à nous
l'indiquer :-/