On Fri, 30 May 2008 15:54:54 +0200, "Yoki" <yokinospamtori@hotmail.com>
wrote:
(...)
Ce qui est pénible avec vous, c'est l'absence totale d'écoute de vos
contradicteurs.
C'est assez poilant, car j'attends toujours une réponse aux contradictions
que j'ai pointées dans vos discours. Ca, c'est toujours une chose
formidable
Vous devriez relire ce texte d'Albert Camus dans ses Chroniques algériennes
:
"Lorsque ces pratiques s'appliquent, par exemple, à ceux qui, en Algérie,
n'hésitent pas à massacrer l'innocent ni, en d'autres lieux, à torturer ou
à excuser que l'on torture, ne sont-elles pas aussi des fautes
incalculables puisqu'elles risquent de justifier les crimes mêmes que l'on
veut combattre ? Et quelle est cette efficacité qui parvient à justifier ce
qu'il y a de plus injustifiable chez l'adversaire ? A cet égard, on doit
aborder de front l'argument majeur de ceux qui ont pris leur parti de la
torture : celle-ci a peut être permis de retrouver trente bombes, au prix
d'un certain honneur, mais elle a suscité du même coup cinquante
terroristes nouveaux qui, opérant autrement et ailleurs, feront mourir plus
d'innocents encore. (...) Quelle que soit la cause que l'on défend, elle
restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d'une foule innocente
où le tueur sait d'avance qu'il atteindra la femme et l'enfant. (...)
Chacun, pour se justifier, s'appuie alors sur le crime de l'autre. Il y a
là une casuistique du sang où un intellectuel, me semble-t-il, n'a que
faire, à moins de prendre les armes lui-même. Lorsque la violence répond à
la violence dans un délire qui s'exaspère et rend impossible le simple
langage de raison, le rôle des intellectuels ne peut-être, comme on le lit
tous les jours, d'excuser de loin l'une des violences et de condamner
l'autre, ce qui a pour double effet d'indigner jusqu'à la fureur le violent
condamné et d'encourager plus de violence le violent innocenté."
(...)
--
Yannick Rolandeau
"Il n'y a pas de lucidité sans séparation."
Philippe Muray