jean-jacques rousseau wrote:
On 7 oct, 11:33, "tijl.uilenspiegel" <tijl.uilenspie...@club-
internet.fr> wrote:
jean-jacques rousseau wrote:
On 5 oct, 12:33, "tijl.uilenspiegel" <tijl.uilenspie...@club-
internet.fr> wrote:
irondick wrote:
Pour en sortir, il va falloir changer ça. Et pas en faisant
tourner la planche à billet. Les billets ne se mangent pas.
Si on monte à l'origine de la tragi- comédie à la quelle nous
assistons on s'aperçoit que le capital par le niveau de sa
prépondérance sur le travail atteinte vers 1980 , n'avait d'autres
solutions que celles que vous décrivez;
délocaliser,et/ou payer la croissance à crédit par l'endettement
adossé à une bulle spéculative (en occurence immobilière).
Précisons :n'avait d'autres choix pour maintenir ce qui est
l'essentiel pour lui, le maintien du rendement du capital ou pour
parler en termes anciennes, du taux de profit.
Plusieurs facteurs entravent le fonctionnement du capitalisme qui ,
sans artéfact, ne peut pas fonctionner durablement.
Il a dans les années 80 provisoirement atteint son objectif(une
quasi stabilité du taux de profit) mais les effets secondaires des
remèdes choisis mettent maintenant en cause le fonctionnement meme
du système.
Pour ma part je ne vois donc pas quelle solution s'offre maintenant
à lui pour s'en sortir encore une fois, pour échapper encore une
fois à ses ennemis mortels celui qu'il génère lui-meme: la baisse
tendantielle du taux de profit et la constitution de sur capacités.
--
amicalement tijl
tres juste
pour en revenir sur la proposition de irondick :
"Le problème est là. remplacer une inflation généralisée par une
inflation
des biens immobiliers (tout le monde se croit riche) a été une
solution de
facilité.
Pour en sortir, il va falloir changer ça. Et pas en faisant tourner
la planche à billet. Les billets ne se mangent pas."
je pense qu'il se décrit ici une situation limpide :
il y a eu une translation du point de gravité de l'économie depuis
l'industrie vers le secteur services financiers
Oui et la location immobilière surtout:
Les chiffres sont extravagants: en France en 1970 la location par les
entreprises (résidentielle et professionnelle) réprésentait 8% de la
VAB totale des entreprises; en 2006 c'était 18.5%!(Sce INSEE,
comptes nationaux) Or le ratio de marge brute de la branche
location est très favorable aux actionnaires EBE/VAB=89.5%
en 2006.
En fait l'activité de location immobilière n'emploie que très peu de
personnel , il s'agit plus d'une rente que d'une activité qui
produit de a valeur d'usage.
La croissance relative de ce secteur a pu camoufler la baisse du
taux de profit des secteurs productifs qui a été spectaculaire et
a menée à une situation insupportable pour le capital:
-en 1970 le ratio EBE/ VAB hors location était de 15.5%.En 1982
après une longue glissade de 3.5%.
Zoro(CAD la Mitte) est arrivé et grace à une politique
particulièrement "socialiste" le
ratio s'est redressé à 15% en 1989,et puis la glissade a de nouveau
repris pour arriver à 4.7% en 2006!
on l'a déjà justifié à la fois par la baisse des taux de profit
industriel et les perspectives attrayantes de gains offertes par le
marché financier.
C'est comme cela que les de wendel ont échangé leurs avoirs dans la
sidérurgie et les mines avec un portefeuille d'actifs financiers.
C'est comme ça qu'on a délocalisé une bonne partie des activités
productives(par IDE) des grosses
vers des pays à bas cout de MO en éspérant ainsi redresser le
rendement du capital fixe:
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es363-364-365j.pdf
p 7/16(197).
L'accumulation nette des grosses entreprises(CAC40) n'a plus
concernée que les
immobilisations à l'étranger , leur capital fixe net a stagné en
France
Du meme coup on a préparé le déficit de la balance extérieure..comme
aux US.
Mais conjointement il faut pointer la mutation de l'environnement :
on a laissé à ces entreprises financières le soin de développer
l'économie par le développement du crédit. La politique
gouvernementale de planification et de banques nationalisées
finançant les secteurs industriels protégés contre les
importations, pourvoyeurs de plein-emploi et répondant à la demande
intérieure a pris fin. C'est maintenant aux banques de "prendre le
relais" et distribuer du "pouvoir d'achat" par "l'effet
(quasi-miraculeux) multiplicateur du crédit".
Mais le hic c'est non seulement :
- sur le plan formel du fait que les banques vont biaiser l'activité
économique par "disposition naturelle" : elle veulent des garanties
aux prets qu'elles accordent et souriront lorsqu'on leur parlera
"d'acheter de la pierre" puisqu'un bien immobilier est facile à
identifier, à évaluer, à saisir et conserve sa valeur
(traditionnellement)... donc c'est tout le secteur de la
construction de la location, etc qui va prendre son essort (a tel
point que l'on parfois a calculé la bonne santé de "l'économie" aux
seuls chiffres du secteur!...);
- sur le plan du circuit monétaire global : les banques ne pretent
qu'à interêt et la masse monétaire disponible ainsi crée n'est plus
que le moyen de prélever un intérêt sur la masse monétaire non
banquaire
C'est à ce niveau que tout se joue et on assiste alors à la mise en
route d'une énorme pompe aspirante...
Pour résumer :
1. on donne la priorité au secteur financier pour déterminer des
axes de développement économique... selon la devise si c'est
rentable, profitable, ce sera financé
2. Mais comme le secteur financier exige un rendement conséquent et
qu'il n'y a pas de crédit à taux zéro : la masse monétaire en
circulation est aspirée par l'effet "soustrateur" du crédit, du fait
du paiement des intérêts non couverts par la monnaie ainsi mise en
circulation
3. une augmentation de la part du crédit est necessaire pour
compenser cette baisse de disponibilité de liquidités, mais comme
l'activité faiblit et le chomage augmente (->importations et
->baisse de la consomation et donc de la demande industrielle[d'ou
nécessité de ces plans sociaux qui ont faits les belles heures de
la bourse]) surviennent ces faillites industrielles et familiales
(subprimes) qui traduise l'impossibilité de l'économie de remplir
ses promesses en offrant d'abord un emploi bien rémunéré qui
permettra la consommation, l'investissement industriel, des
opportunités ouverte de rentabiliser les investissements et enfin
le développement économique.
Au premier signe de faiblesse ce systeme retombe de lui-même : la
confiance dans les perspectives diminue, l'acces au crédit se
referme et un effondrement survient qui sera symétrique à
l'enthousiasme et l'expansion de la premiere phase du cycle.
En vérité il y a un moment que la redistribution se fait à l'envers
des pauvres vers les riches et on a cru faussement que l'on pouvait
relancer l'économie en facilitant le crédit... Alors que c'est le
crédit même tel qu'il est conçu et employé qui freine l'activité
économique en raréfiant le numéraire "réel" et donc freinant les
échanges commerciaux.
Bien sûr je comprends qu'il y ait des gens auxquels les termes
"plein emploi" "relance par la consommation" et "banques
nationalisées" ou "planification"
fassent grincer des dents. Mais c'est que nous avons vécu dans cette
économie réelle un bon moment et que la prétendue "nouvelle
économie" dont on nous a rabâché les oreilles n'en est que le
prolongement ou devrait-on dire "la tentative de prolongement" dans
l'idée naïve qu'il fallait y croire pour que ça marche...
Meme sur le papier ça ne fonctionne pas.
Exact.On constate en effet une augmentation très forte de
l'endettement brut des ménages dans la plupart des Pays OCDE:
Endettement des ménages en % du revenu annuel disponible:
1995 2000 2005
États-Unis 93 107 135
Japon 130 136 132
Allemagne 97 111 107
France 66 78 89
Italie 32 46 59
Royaume-Uni 106 118 159
Canada 103 114 126
Australie 83 120 173
Danemark 188 236 260
Finlande 64 66 89
Irlande NS 81 141
Pays-Bas 113 175 246
Nouvelle-Zélande 96 125 181
Espagne 59 83 107
Suède 90 107 134
Vous constaterez d'ailleurs que la France s'en est tiré
relativement bien jusqu'en 2005, depuis on constate hélas une
accélération.. Ces endettements croissants consacrés le polus
souvent à ola
consommation sont généralement la contre partie des
balances extérieures déficitaires. Aux US l'augmentation de cette
dette des ménages a été de l'ordre de 30% du PIB(et la dette de 95%
en 2005) soit entre 3000 et 4000 milliards de dollars pour
l'accroissement et de 13 000 milliards pour la dette brute.Les plans
de sauvetage en cours ne couvrent pas ce genre de montants
Ces dettes ont le plus souvent pris la forme d'hypothèques et
étaient donc adossées à
la bulle immobilière.
On comprend que le clash était inévitable et
qu'aucune manip financière pure peut redresser la situation; seule la
réindustrialisation des pays comme les US ou la France peuvent
ramener une situation d'équilibre, mais au taux de profit actuel
l'initiative privée ne sera probablement pas intéressé.-)
Solutions possibles ;déprivatisation de l'industrie(et des banques
bien sur) et/ ou protectionisme.
Et quoi qu'il arrive, l'arret de l'accroissement des dettes des
ménages inévitable*(comme de celle des états)
aura des conséquences graves pour les pays en transition, car leurs
exportations nettes vers l'Occident
diminueront et tendront vers zéro.
On assistera alors à une surcapacité de production au plan mondial,
qui gènera fortement
des pays comme l'Allemagne et le Japon qui sont exportateurs nets
de moyen de production
"On assistera alors à une surcapacité de production au plan mondial,
qui gènera fortement
des pays comme l'Allemagne et le Japon qui sont exportateurs nets de
moyen de production"
Ces deux pays ont des faiblesses mais aussi des atouts
les japonais vivent toujours dans un systeme keynesien et si
l'institution financière peut réagir de manière drastique par rapport
au service de la dette qui est énorme et insoutenable à terme ( le
gouvernement pourrait reprendre le controle de la poste par exemple et
prononcer un moratoire sur sa dette) : il est possible de réorienter
l'économie sur la demande intérieure en négociant sur la corde le
virage des importations énergetiques et de transition vers les
nouvelles énergies
Ils sont à la pointe de la technologie et démontrent qu'ils sont
capable d'assimiler les idées nouvelles et de réaliser rapidement leur
concrétisation avec éclat.
C'est exact et en plus ils sont les champions de la qualité totale et
réelle, leurs produits, j'ai un piano Yamaha électronique de plus de 15
ans sont à la fois techniquement et qualitativement irréprochables.
les allemands sont aussi dépouillés que nous dans cette tempête : ils
ont une dette équivalente à la notre mais un outil industriel en
excellent état relativement peu atteint par le poison actionarial, une
paix sociale basée sur des procédures meilleures que les notres,
fortement mis en cause par les betises de Schroeder!
des
conceptions plus élaborées que les notres sur le controle
gouvernemental et régional de l'infrastructure économique...même s'ils
ont parfois envié la force d'intervention de l'état francais
centralisé, ils savent aussi que les meilleurs solutions sont trouvées
dans la concertation et le pluralisme. Ils ont aussi un atout maitre
un dispositif de gestion de crise juridiquement actif (certaines
dispositions sont constitutionelles) qui permet de joindre aux forces
de la conscription nationale, les compétences complémentaires des
services fédéraux et régionaux de sécurité publique, dispositif qui
est déployé selon des plans, des objectifs les mieux adaptés à la
situation.
Bref les allemands seront eux aussi tentés de retourner aux formules
keynesiennes et aux fondamentaux de "l'économie sociale de marché"
mais ils le feront d'autant plus valablement qu'ils garderont toujours
un esprit pragmatique et lucide.
Oui en effet mais dans les deux cas leurs exportations dépendent pour
beaucoup de celles des moyens de production..
Pour l'Allemagne Pe
on a Excédent total du commerce extérieur=+195 MdE
dont machine et moyens de transport(hors automobile)=200 MdE
L'exportation Allemande est presque de la monoculture et en cas de
dépression durable au plan mondial ils connaitront de réels problèmes.
--
amicalement tijl
et la crise de surcapacité qui se rapproche avec la fin de la possibilité
d'endettement croissant des ménages Occidentaux incitera leurs
clients(Chinois, Indiens Russes)à modérer les investissements nouveau