Bien a vous <bien.a.vous@orange.fr> wrote in
news:Xns9B01ED08486bienavouswanadoo@193.252.117.183:
On 26 fév 2007, 22:04, Bien a vous <bien.a.v...@orange.fr> wrote:
Nicolas Le Riche est de ces hommes pour qui j'ai une profonde
admiration. La maîtrise de son art, la générosité de son talent, la
modestie de sa personnalité alors qu'il est aujourd'hui l'un des plus
grands danseurs de sa génération, font de lui un être infiniment
attachant et fondamentalement beau, (c'est à dire un être rayonnant,
d'une beauté qui ne se résume pas à l'aspect purement physique de son
individu). Je l'ai découvert lors d'un reportage qui lui était
consacré à la télévision et qui s'appelait tout simplement
"Nicolas Le Riche, danseur étoile".
Quel bonheur ! "Nicolas Le Riche, danseur étoile" est sur YouTube
depuis quelques jours, morcelé en 11 morceaux mais en totalité !
Pourquoi j'aime cet homme ? Tout est là.
Pourquoi la danse a fini par me toucher ? Tout est là.
[...]
--
Marc
Ce soir, je suis allé voir le New York City Ballet à l'Opéra Bastille.
C'était la première de ce ballet, en même temps que la réouverture de la
saison à la Bastille après les vacances. Il y avait du beau monde et du
beau linge, ainsi qu'une forte concentration de rosettes à la
boutonnière sur les costumes d'homme.
Le ballet était divisé en 3 parties, toutes chorégraphiées par George
Balanchine. Globalement c'était d'inspiration assez classique, sauf la
deuxième partie résolument moderne et abstraite. Le ballet américain m'a
fait bonne impression, mais je l'ai trouvé quand même un peu en retrait
par rapport aux performances du corps de ballet de l'Opéra de Paris
(cette remarque étant parfaitement subjective, je le reconnais).
Et puis il y a eu le premier entracte...
Premier entracte, donc, je sors prendre un rafraichissement, (+ 10 %
depuis le mois de juillet sur tout ce qui est vendu... foutu pouvoir
d'achat !). Je déambule tranquillement avec ma boisson à la main. Dans
une vitrine, je repère, parmi les DVDs en vente, celui du "Corsaire"
dansé par le Kirov, que j'aime tant mais que j'avais perdu. Je souhaite
le racheter mais la pauvre vendeuse n'arrive pas à ouvrir la vitrine car
elle ne trouve pas la bonne clé parmi la dizaine qu'elle détient. Bref,
comme la sonnerie de rappel du public sonne, nous décidons, elle et moi,
de laisser tomber.
Je redescends vers ma place, à l'orchestre, allée D, rang 18, place N°2,
pile poil en face de la scène. Alors que je suis presque arrivé, mon
regard est attiré par un homme vêtu d'un costume bleu marine et d'une
chemise blanche, le col ouvert. Je le vois de profil puis de face. Mon
Dieu ! ce visage triangulaire ! ces pommettes ! ce regard ! mais
c'est...
Je m'assois à ma place, l'homme s'assoit à la sienne toute proche, au
rang 17, de l'autre côté de l'allée. Je ne cesse de le regarder et alors
qu'il se tourne vers sa voisine, il capte mon regard. Il me regarde à
son tour et ne me lâche pas. Il est manifestement intrigué, je dois
avoir l'air bizarre à le regarder comme je le fais. Finalement, c'est
moi qui suis gêné et qui décroche en baissant les yeux. Mais je ne tiens
plus en place, il faut que je sache ! Je me tourne vers mon voisin de
droite, un jeune type avec un visage très sympathique et je lui dis
"pardonnez-moi, mais vous ne trouvez pas que l'homme en costume bleu
foncé, à droite de nous, ressemble un peu à... ?" "C'est bien possible
me répond-t-il, il y a forte ressemblance effectivement". Mais comme il
n'est pas sur de lui, je me tourne vers l'homme à ma gauche pour lui
poser la même question "Oui convient cet homme, c'est probable, ça doit
être lui".
Bon, bah le meilleur moyen de savoir réellement c'est d'y aller ! Je me
lève, je quitte ma place, dérange tout le monde et traverse l'allée.
L'homme occupe le deuxième fauteuil de sa rangée et alors que je suis un
peu en arrière de lui, je me penche vers lui et je lui dis : "excusez-
moi...". L'homme se tourne vers moi et me reconnaît, (je le vois dans
ses yeux). Il a un air bienveillant et ses pommettes qui sont si jolies!
- Excusez-moi Monsieur, dis-je, ne seriez-vous pas Nicolas Le Riche ?
- Oui c'est moi me répond-t-il.
Nicolas Le Riche ! mon héros ! C'est donc bien lui ! Alors je lui
déballe tout, mon admiration pour ce qu'il fait, pour son travail, pour
son art, je lui dis que je vais voir tous les spectacles où il se
produit, et combien j'ai aimé son "Caligula" que j'ai vu plusieurs fois.
Je dis tout cela rapidement, précipitamment, parce que je veux le lui
dire mais sans que cela dure, afin de ne surtout pas l'emmerder. Il
écoute très gentiment ma logorrhée d'amour, en me disant plusieurs fois
merci, et il rougit sous mon avalanche de compliments. Il est adorable !
Puis, je fais une chose que je ne fais jamais quand j'ai l'occasion de
croiser une personnalité, (ce qui à la Bastille est assez fréquent), je
lui tends mon programme que j'ai en main, avec un stylo que par bonheur
j'ai dans ma veste, et je lui demande de me faire l'honneur d'un
autographe. D'habitude, je ne fais jamais cela parce que je sais combien
c'est rasoir pour celui à qui on le demande, mais là, pour cet homme que
j'aime parce qu'il incarne à mes yeux ce qu'il peut y avoir de plus
noble chez un être humain, je ne peux pas m'en empêcher.
Nicolas Le Riche pose mon programme sur ses genoux, l'ouvre à la
première page, signe de son nom et me rend ce qui m'appartient en me
décochant un sourire tellement lumineux qu'il me transperce d'émotion.
Voila, je suis retourné à ma place, j'ai regardé la suite du spectacle
et je n'ai plus emmerdé Nicolas Le Riche. Mon émoi passé, j'ai constaté
qu'il était entouré des étoiles ClaireMarie Osta, (son épouse) et
Aurélie Dupont, ainsi que d'un autre danseur, un homme jeune aux cheveux
bouclés que je n'ai pas réussi à identifier, (Stéphane Bullion peut-
être...).
En tout cas, c'est ainsi que ce soir je me suis glissé dans la peau
d'une petite midinette avec des étoiles (c'est le cas de le dire) tout
plein les yeux.
Et voici mon trophée, le paraphe de Maître Nicolas sur mon programme du
New York City Ballet !...
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