Re: Randonnée en Chartreuse
Sujet: Re: Randonnée en Chartreuse De: al1nospamgibert (l' arobase) noos.fr (Alain Gibert) Groupes: fr.rec.montagne
Organisation: Club-Internet / T-Online France
Date: 23. Aug 2008, 13:17:48
De retour hier de mon périple, voici un petit compte-rendu de mes 4 plus belles randonnées en Chartreuse :
1. Tour du Charmant Som, pour se mettre en jambes. Beau temps ce jour là, magnifique point de vue, mais pas le meilleur, comme je le constaterai dans quelques jours. Ce sommet est accessible en voiture (le seul en Chartreuse), et ne demande qu'un quart d'heure à pied pour atteindre le sommet depuis le parking. Du fait de son accessibilité en voiture, il y avait justement beaucoup de monde, mais seulement au sommet. En cours de ballade, pratiquement personne. J'ai parcouru la sangle qui emmène sur un balcon offrant un magnifique point de vue sur le nord, le Grand Som en particulier et le monastère. Pour m'encourager, j'ai eu la chance de tomber pratiquement nez-à-nez avec un chamois, à seulement une vingtaine de mètres en surplomb sur le chemin. Retour en passant par le Pré Bâtard, le col de la Charmette et le Grand Taillis. Pour récompense, je me suis offert un délicieux fromage blanc aux myrtilles aux chalets du Charmant Som.
2. Les 3 Fontaines - La Grande Sûre - Hurtières - La Cheminée et le Chalais. La seule longue ballade que j'ai pue faire grâce à un temps clément. Pour cette ballade, j'étais lourdement chargé (environ 18 kilos avec la tente et l'eau). Le parking des Trois Fontaines est parfait pour laisser le véhicule. Montée à la Grande Sure via le Pas de la Miséricorde. Etant un peu sujet au vertige, c'est assez impressionnant, mais ça se passe très bien et très vite (un peu plus de cinq minutes), d'autant que le passage est équipé par un câble le long de la falaise et qu'il y a un peu de végétation pour cacher un peu la vue du vide. Le seul truc désagréable, c'est que je n'ai rencontré pratiquement personne tout au long de la montée... SAUF à ce passage, ce qui n'était pas cool pour les croisements, vu l'étroitesse et la dangerosité du passage. L'arrivée à la Velouse permet de reprendre un peu son souffle avant de s'attaquer à la montée proprement dite de la Grande Sure, en partie en crête. Arrivée au sommet (1920), la vue était quelque peu gâchée par de nombreux nuages mais entre deux passages nuageux, on a une belle vue sur le Vercors et même jusqu'au Massif Central, loin en face. Ensuite, redescente jusqu'au refuge d'Hurtières. Alors, contrairement aux refuges (malheureusement) classiques de montagne maintenant, j'ai eu l'agréable surprise de tomber sur un refuge à "l'ancienne", gratuit, sommaire, avec juste deux banquettes pouvant accueillir seulement six personnes, un poele à l'ancienne, ce qui change des "hôtels" de montagne. Une source captée d'eau potable tournant à un très bon débit permet de refaire le plein. Du refuge, on a pu assister au beau spectacle d'un troupeau de chamois qui broutait à peine à 300 mètres de nous, et un peu au dessus, à une belle grosse marmotte qui se dorait la pilule au soleil.
Le lendemain, très longue randonnée de plus de 20 kilomètres qui m'a fait passer au Col d'Hurtières, au chalet des Bannettes, par l'Echaillon, la Cheminée (passage équipé de câbles et de mains-courantes et qui a été refait dernièrement), le monastère du Chalais (là encore, beaucoup trop de monde du fait de l'accessibilité en voiture) et l'abri de la Roize. Je pensais pouvoir rester là, mais malheureusement, comme bien souvent en Chartreuse du fait de sa particularité karstique, pas de source disponible. Comme il ne me restait pratiquement plus d'eau après cette déjà longue randonnée, je décidais de retourner au parking (une dizaine de kilomètres). Je redescends donc au monastère, passage par la Gerbaudière, le gué de la Roize, Pierrefit, les Reynaud et arrivée aux Trois Fontaines assez épuisée après une randonnée de près de 10 heures. Je n'ai retrouvé de l'eau qu'au lieu-dit l'Ancienne Eglise, avant Pierrefit.
Il était possible de rentrer beaucoup plus rapidement en coupant par les cheminées au col d'Hurtières et en passant par la prairie de Charminelle et éventuellement le pas de l'Aronde mais j'avais prévu plutôt de passer par le pas de l'Âne pour m'arrêter à la cabane de Roize. Mauvaise inspiration parce que le passage a été fermé par décision du Conseil Municipal pour cause de dangerosité. J'ai donc dû allonger le pas jusqu'à la cheminée.
3. Le Granier. Cette ballade s'est faite sous la meilleure météo possible, même si le petit matin a été très frisquet (démarrage de la rando à 8 heures). Je me suis garé à La Plagne et je suis monté via la Balme à Colon. C'est raide pratiquement tout du long jusqu'à la grotte. C'est la première fois qu'un chemin de randonnée (pour moi) passe par une grotte, c'est original et sympa. Au-dessus, le passage en balcon est vertigineux, mais sans difficulté (par temps sec tout du moins), offrant de magnifiques points de vue. D'autres magnifiques points de vue s'offrent à nous depuis le sommet du Granier (1933 m) et de la Croix, un peu plus bas. Le retour s'est effectué en longeant les falaises et en repassant au pied du pas de la porte. La descente s'est effectuée par le pas des barres qui est (pour moi) réellement impressionnant et vertigineux. Le passage, équipé de câbles et même de marches, est très pentu et m'a fait un peu peur. J'aurais eu moins peur en le montant qu'en le descendant je pense, mais en prenant son temps, il est bien sûr sans danger, juste impressionnant. Le replat jusqu'au col de l'Alpette est agréable et reposant. En regardant dans l'axe du col de l'Alpette, on a une vue magnifique sur le Mont Blanc. J'ai d'ailleurs fait ma plus belle photo depuis ce lieu. Ensuite, redescente en forêt via le GR9.
4. Le Grand Som (2026) depuis le col du Cucheron et retour par le col du Frêt - La plus belle de mes randonnées (faite lundi dernier), faite sous un beau soleil, une forte chaleur mais aussi un fort vent. La montée jusqu'au col des Aures (1631) se fait en forêt, par un sentier étroit et pentu, mais offre de temps en temps de magnifiques points de vue sur la Dent de Crolles et Chamechaude. Le passage du Racapé est extrêmement raide et vertigineux mais là encore, comme il est équipé de câbles, se fait sans aucun souci. Une fois ce passage laissé derrière nous, il reste encore 200 mètres très raides jusqu'au sommet qui offre (pour ce que j'ai pu faire), le plus beau point de vue du massif de Chartreuse, avec deux tables d'orientations en béton qui nous renseignent sur les montagnes et sommets alentours. Ensuite, je suis redescendu vers le col de Bovinant via le sentier des moutons et je suis remonté au col du Frêt pour m'offrir une descente encore vertigineuse sur le sentier étroit aux 120 lacets (je n'ai pas compté, mais je pense que celui qui l'a nommé ainsi ne doit pas être loin du compte). Ensuite, remontée à nouveau jusqu'à la crête des Aures et retour au parking.
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Au final, peu de longues ballades comme j'aime le faire, mais plusieurs choses m'en ont empêché : je n'ai plus d'amis proches pour randonner et la randonnée en solitaire me rend méfiant (en cas de pépins physiques) ; peu de gages de sécurité de trouver de l'eau régulièrement, ce qui s'est confirmé en cours de randonnée ; peu de vrais lieux pour dormir ; mauvaise météo régulièrement. Il me reste donc quelques belles ballades à faire dès que je retrouverai au moins un compagnon de randonnée, telles que la traversées des lances en partant du Granier et en allant au moins jusqu'à la Dent de Crolles, voire jusqu'au Mont St-Eynard et Chamechaude, que je n'ai pu faire. A chaque fois que j'avais programmé ce sommet, il y avait une météo non clémente.
J'ai enregistré mes balades sur le nouveau géorando - Isère et aussi via mon GPS Evadeo. Alors, ceux qui veulent recevoir les tracés peuvent m'envoyer un e-mail et je leur ferai parvenir les fichiers.
Ce massif offre de magnifiques ballades. Il n'est jamais très haut (entre 500 et 2000 m d'altitude) mais pratiquement toutes les randonnées sur les grands sommets offrent un passage délicat et souvent vertigineux, ce qui le rend d'autant plus sympathiques. D'autre part, il y toujours de fort dénivelés, ce qui le rend agréablement sportif. La faune et la flore y sont magnifiques (beaucoup de chamois, de marmottes, de papillons et de splendides parterres de fleurs). Bref, je le recommande à tous les passionnés de ballades en montagne ne l'ayant pas encore fait.
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