On Tue, 7 Oct 2008 14:38:09 +0200, "PAP" <papsanssans@9online.fr>
wrote:
Non, ce qui m'a toujours gêné, dans la position "ambiguë" où je me trouvais,
c'était l'attitude très fréquente des médecins "le directeur est un con,
l'adminsitration est composée de demeurés", alors que j'ai toujours ressenti
dans l'autre sens ce mélange de respect et d'amusement, mais jamais de
mépris...
Je pense que les choses ont "évolué".
A mon avis (je le reconnais, je n'ai aucun contact direct avec les
services administratifs), les autorités administratives de l'hôpital
considèrent beaucoup de médecins comme de grands enfants (ce qui n'est
pas forcément étonnant, vu, comme tu l'as dit, les demandes parfois
saugrenues et totalement déconnectées de la réalité budgétaire de
certains) à qui il faut faire croire qu'ils ont de l'importance
pendant qu'on s'occupe des choses sérieuses.
Le problème, c'est que, contrairement à ce que tu dis, ils n'ont
aucune vue "médicale" au sens de la réalité de l'exercice quotidien
(c'est normal, je n'en ai aucune de la réalité administrative), ce qui
peut rapidement être génant dans la prise en charge des patients
Deux exemples contradictoires
- la direction de l'hôpital trouve que la durée moyenne de séjour en
gériatrie est trop élevée
-> les médecins de gériatrie refusent de prendre les patients dont on
voit bien qu'ils ne vont pas rentrer rapidement au domicile. Le
problème, c'est que c'est une directive assez générale sur l'AP-HP
mais que les patients viennent quand même aux urgences
- la direction de l'hôpital trouve anormal qu'il y ait des lits
inoccupés alors qu'on est obligé de transférer de nombreux patients
des urgences
-> les services qui disaient "non, non, on n'a pas de place" lorsque
le patient ne les intéressait pas appelent désormais parfois en
demandant si on n'a pas des patients, même ne relevant pas directement
de leur discipline (ne rêvons pas, ils ne prennent toujours pas le
grabataire qui vient pour placement, mais ça peut aider quand même)
Et les "administratifs", le nez sur leurs comptes et probablement avec
une certaine pression d'au dessus ne comprennent pas forcément très
bien que l'hôpital accueille aussi des patients dont personne d'autre
ne veut...
(record du mois de juillet 2008 aux urgences de mon hôpital : 28% des
gens qui ont consulté ont payé leur consultation, pas forcément de
leur faute, mais parce qu'on a mal écrit leur nom, leur adresse...)
Et les médecins sont toujours un peu énervés lorsqu'on ne trouve
jamais un sou pour rénover tel ou tel service alors que les bureaux
administratifs ont été refaits deux fois en 5 ans (véridique)...
Mais il est humain, lorsqu'on controle les budgets, de ne pas
s'oublier...