DARFOUR : UNE IMPASSE POLITIQUE SE PROFILE, S';INQUIÈTE JAN ELIASSON
New York, Jun 24 2008 6:00PM
L';Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Darfour, Jan Eliasson, a signalé aujourd';hui devant les membres du Conseil de sécurité qu';une impasse politique se profile au Darfour.
« L';heure est venue de nous demander si les parties sont prêtes à s';asseoir à la table des négociations », a lancé Jan Eliasson, rappelant que l';atmosphère dans le pays n';avait cessé de se détériorer depuis l';automne dernier.
« Nous nous trouvons à une jonction difficile du processus politique. Depuis les pourparlers de Syrte, les parties n';ont pas voulu se réunir et entreprendre des pourparlers substantiels. »
L';Envoyé spécial a précisé que la fragmentation des parties, notamment au sein du Mouvement pour la justice et l';égalité (MJE), continuait d';avoir une incidence sur leur cohésion et leurs préparatifs aux pourparlers.
« Nous devons également reconnaître que ces mouvements ont une véritable méfiance à l';égard du gouvernement soudanais. Ils doutent qu';un accord de paix sera mis en œuvre équitablement », a-t-il signalé.
Pour résoudre la crise, Jan Eliasson a préconisé la mise en œuvre d';un « chœur à quatre voix », celles de la communauté internationale, des partenaires régionaux, du Gouvernement d';unité nationale du Soudan et des mouvements rebelles au Darfour.
« Une telle harmonie est manifestement absente depuis longtemps et à différents degrés », a-t-il notamment déploré.
L';Envoyé spécial a par ailleurs une nouvelle fois averti qu';il n';y aura pas de paix au Darfour sans une normalisation des relations entre le Soudan et le Tchad.
« Des efforts sont nécessaires pour aider et influencer les deux pays à rétablir la sécurité et à respecter les accords existants, notamment le plus récent, l';Accord de Dakar », a-t-il indiqué.
Il a également prôné un déploiement plus rapide et efficace de l';Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) et a signalé que conformément à l';embargo imposé par l';ONU, il importait de mettre fin à la circulation des armes au Darfour.
« Nous devons mobiliser toutes les énergies politiques disponibles à l';intérieur, comme à l';extérieur du Soudan pour, d';une part, parvenir à une cessation des hostilités, et, d';autre part, établir les bases de pourparlers de paix sérieux pour le Darfour».
De son côté, le Dr Salim Ahmed Salim, Envoyé spécial de l';Union africaine pour le Darfour, qui participait également à ce <"
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/CS9370.doc.htm">débat, a indiqué que« la priorité de tous les habitants du Darfour est la sécurité».
« Il n';est pas exagéré de dire que la population attend avec impatience le déploiement de la MINUAD, en espérant qu';elle fera la différence», a-t-il ainsi estimé.
De son avis, il est également « essentiel » de nommer aussitôt que possible un médiateur en chef conjoint de l';ONU et de l';Union africaine.
« Compte tenu de l';importance des défis, la nécessité d';avoir une personne qui suit quotidiennement les événements et engage régulièrement les parties est évidente », a-t-il dit. « Dans un même temps, le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l';Union africaine doivent être activement engagés dans le processus de paix ».
2008-06-24 00:00:00.000
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