À ACCRA, BAN KI-MOON APPELLE LES PAYS RICHES À SE DÉBARRASSER DE POLITIQUES AGRICOLES « OBSOLÈTES »
New York, Apr 21 2008 7:00PM
La douzième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XII) a ouvert aujourd';hui ses portes à Accra, au Ghana, sur le thème « perspectives et enjeux de la mondialisation pour le développement » qui sera centrée sur la crise alimentaire mondiale qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l';Afrique.
« Il est temps que les pays les plus riches » revoient « leurs politiques obsolètes de subventions agricoles », a <"
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/TAD2033.doc.htm ">souligné le Secrétaire général de l';ONU.
« Si nous ne pouvons pas nous débarrasser, pendant cette crise alimentaire, de ces vestiges d';un autre temps, quand le pourrons-nous? » s';est-il demandé.
Le Cycle de Doha doit aboutir, a déclaré le Secrétaire général. Par aboutir, a-t-il précisé, « j';entends au minimum permettre aux pays à faible revenu d';exporter leurs biens et services agricoles et non agricoles sur des marchés nouveaux et importants ». Le Secrétaire général a reconnu que de nombreux pays font face à des choix difficiles. La première fonction de tout gouvernement est, bien sûr, de nourrir sa population, mais il faut rester sourd aux sirènes du protectionnisme, a-t-il prévenu.
Les marchés internationaux des céréales doivent rester libres et fonctionner sans entrave. Les guerres protectionnistes qui s';engagent sur les marchés des denrées alimentaires ne profitent, à long terme, à personne. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement est peut-être notre meilleur espoir de collaborer dans le cadre d';un partenariat mondial en faveur du développement, a-t-il estimé.
Le Secrétaire général n';a pas caché ses inquiétudes face à « l';urgence » qui existe dans le domaine du développement. Dans 142 pays, les pauvres sont certes entraînés par la croissance mondiale de l';économie, mais dans 50 autres pays, qui sont les plus pauvres parmi les pauvres, il n';en va pas de même, a-t-il déploré.
La crise du développement, a-t-il poursuivi, se manifeste de bien des manières. Au premier plan de l';actualité, il y a la flambée des prix des denrées alimentaires. Cette année, le Programme alimentaire mondial <"
http://www.wfp.org/english/">(PAM), qui compte nourrir 73 millions de personnes, a besoin de 755 millions de dollars supplémentaires. Ce « tsunami » de la faim n';est pas l';événement d';un jour. Il va poursuivre sa course et risque de provoquer des dégâts dévastateurs, a prévenu M. Ban Ki-moon.
À long terme, il faut augmenter la production agricole, et, selon les experts, il n';y a aucune raison pour que l';Afrique ne connaisse pas une « révolution verte ».
Le Secrétaire général s';est ainsi réjoui de ce que la Banque mondiale compte augmenter l';enveloppe des crédits agricoles versés à l';Afrique pour la faire passer de 400 à 800 millions de dollars en 2009, ce qui constituera la première étape du « New Deal » approuvé par les États membres des institutions de Bretton Woods lors de leur dernière réunion de printemps.
Il s';est aussi félicité d';une aide de 200 millions de dollars octroyée par les États-Unis et de la volonté du G-8 de faire figurer la crise alimentaire mondiale parmi ses priorités.
L';ONU doit se pencher sur la façon de remplacer l';aide alimentaire classique par une aide à la production alimentaire, qui vise à renforcer les capacités locales et nationales dans le domaine de l';agriculture, a dit M. Ban Ki-moon. Sauf à repenser nos stratégies, en dépassant le discours stérile qui consiste à dire que « nous devons redoubler d';efforts », nous trahirons nos engagements à l';égard de millions de pauvres, a-t-il prévenu.
2008-04-21 00:00:00.000
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