A L';ONU, LE PAPE DEMANDE LA PROMOTION D';UNE CONCEPTION UNIVERSELLE DES DROITS DE L';HOMME
New York, Apr 18 2008 2:00PM
Le pape Benoît XVI a pris la parole aujourd';hui devant l';Assemblée générale de l';ONU à New York, où il a rendu hommage à la « noble tâche » de l';Organisation, défendant les valeurs inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l';homme et le concept de responsabilité de protéger.
« A travers les Nations Unies, les Etats ont établi des objectifs universels qui, même s';ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n';en représentent pas moins une part fondamentale », a déclaré aujourd';hui le pape devant une Assemblée générale faisant salle comble et dans un bâtiment sous intense sécurité.
« Les principes fondateurs de l';Organisation --; le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l';assistance humanitaires --; sont l';expression des justes aspirations de l';esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales », a-t-il souligné.
« Cela est d';autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l';on fait l';expérience du paradoxe évident d';un consensus multilatéral qui continue à entre en crise parce qu';il est encore subordonné aux décisions d';un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d';actions communes ».
Benoît XVI a insisté sur le concept de « responsabilité de protéger », consacré par l';Assemblée générale dans le <"
http://www.un.org/french/summit2005/documents.html">document final du <"
http://www.un.org/french/summit2005/">Sommet mondial de 2005 comme principe du droit international, rappelant que ce concept était déjà considéré, aux premiers moment du développement du droit des relations entre Etats, comme le « fondement de toute action entreprise par l';autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle ».
Se plaçant dans une dimension théologique, le pape a expliqué « qu';aujourd';hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l';idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d';absolu et l';essence de la liberté ».
Il a aussi estimé que les droits inscrits dans la <"
http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm">Déclaration universelle des droits de l';homme « trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au coeur de l';homme et présente dans les diverses cultures et civilisations ».
A cet égard, il a insisté sur le fait que « détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l';interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses ».
Il a aussi demandé à ce que l';application des droits respecte leur esprit, plutôt que de céder à une « perspective utilitariste » et à faire prévaloir « le juridique sur la justice ».
Le pape a défendu la séparation « de la sphère religieuse de l';action politique » tout en soulignant que les religions pouvaient naturellement conduire un dialogue entre elles.
Il a aussi défendu le droit à la liberté de religion. « Il est inconcevable que les croyants doivent devoir supprimer une partie de leur être --; leur foi --; afin d';être des citoyens actifs ».
« Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu afin de jouir de ses droits », a-t-il affirmé.
Lors de sa longue allocution en français et en anglais, il a aussi prévenu que la défense des droits de l';homme restait la stratégie la plus efficace pour éliminer les inégalités entre pays et groupes sociaux, et pour améliorer la sécurité. « Les victimes du désespoir et de l';adversité, dont la dignité humaine est violée en toute impunité, deviennent les proies faciles des appels à la violence et peuvent à leur tour violer la paix ».
Benoît XVI a souligné en conclusion que sa présence était « un signe d';estime pour les Nations Unies », rappelant que le Saint Siège, qui y a un poste d';observateur, avait toujours eu une place dans les assemblées des Nations.
2008-04-18 00:00:00.000
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