Bien a vous a écrit :
Mon seul désir, en réalité, c'est que l'océan sur lequel flotte la balise que tu décris ne soit pas un océan d'indifférence.
J'danse sur les bords, le courant me porte, le mouvement du ciel, du sel
et du sable, la marche Maliphant, un pas de prose qui danse, deux,
trois, One step, La la la Human steps, Human sex, José, Pina, Trisha et
Régine et Maguy bien sûr, je me souviens d'une déferlante de corps qui
chutent, Buto, feu nu clair Angelin, Carolyn, l'eau, Merce,
l'Atlantique, la houle, William Forsythe, Edouard Lock et là, Bill T,
Alvin, Boivin, alevin dans le courant, moi aussi bon nageur et Philippe
aussi "Sombrero" essoufflé? Le temps se lève, çà papote.
Ce soir, j'emboite "Surface in the air", je fais le ménage sur le dance
floor, seul en transe; au sec, j'aurais aimé parler en danse, le tonic
au bout des doigts Bagouet, le mouvement musical et ce mouvement crucial
en avant qui invente et traverse l'espace-passion, mais les mots, ce
moment au delà, si libre, si fort jadis, si fondateur, on y a tellement
cru, chair des mots, un démon dans la prose commence à se manifester,
cette idée fausse que les hommes pourraient continuer à avancer en se
parlant, en se concertant, en se discutant, en se regardant
pédaler..regarde, maintenant un peu partout la fin de l'illusion de la
prose, ne restent que les prosateurs de tombeaux, les mâles dictions,
les mots mis sous un oeil désabusé, y a plus de ciel, on est loin, eh
bien dansez maintenant, réfléchissez...