Attendez docteur, avant de prononcer le décès de fsh, encore un petit
souffle de vie !
On 4 mar, 18:56, Bien a vous <bien.a.v...@orange.fr> wrote:
On 4 mar, 07:06, Bien a vous <bien.a.v...@orange.fr> wrote:
j'ai lu dans l'Express de la semaine dernière ce petit
encart :
"L'opéra s'invite dans les salles de cinéma. Lancée avec succès à New
York, la formule est reprise, en France, par France Musique et
CielEcran. Grâce à la vidéotransmission par satellite en haute
définition, 15 salles de cinéma à travers le pays vont proposer, en
direct, deux représentations exceptionnelles du Metropolitan Opera de
New York : la Bohème de Puccini, avec Angela Gheorghiu et Ramon Vargas,
le 5 avril, à 19h30, et La Fille du régiment, de Donizetti, avec
Nathalie Dessay et Juan Diego Florez, le 26 avril, toujours à 19h30."
Quelqu'un connaît t-il les 15 salles de cinéma en question ?
J'ai trouvé !
C'est dans toute la France.
Voilà les salles :
http://www.radiofrance.fr/francemusique/ev/fiche.php?eve_id=195000145
Putain de cinémas ! Le Gaumont-Champs-Elysées-Marignan, la seule salle
à Paris a diffuser le bazar : Pas de réservations par internet, pas de
réservations par téléphone, il faut venir sur place retirer le billet,
comme au XIXème siècle !
Samedi soir, j'y suis. Grosse file d'attente pour les films du soir.
Je vais voir une ouvreuse qui déchire les billets des spectateurs qui
entrent. "La Fille du Régiment ? C'est complet mais on va peut-être
ouvrir une deuxième salle. Donnez votre numéro de téléphone à la
caisse, on vous préviendra". A la caisse ? Je n'ai pas le temps de
faire la queue, je reviendrai demain.
Dimanche matin, aucune attente à la caisse. Derrière la caisse, il y a
un très joli jeune homme vers qui je me dirige. "Votre numéro de
téléphone ? Ce n'est pas la peine monsieur, on va ouvrir une deuxième
salle, et vous pourrez retirer des billets mercredi prochain à partir
de midi. Mais venez plutôt vers 11h30 car ça va partir très vite". OK
- (et merci du conseil beau p'tit mec !)
Mercredi, à 11h30, je suis là. Personne, juste une vieille qui tient
cette caisse que je commence à connaître par coeur : "Ah mais non
monsieur, les billets on ne les aura pas avant 16h00-16h30 !". "Quoi ?
Mais vous vous moquez du monde ! C'est la 3ème fois que je viens !
Pour qui vous prenez-vous ? L'Opéra de Paris, la Scala de Milan, la
Fenice de Venise, le Bolchoï de Moscou, le Metropolitan de New York,
enfin n'importe quel opéra au monde, on réserve par internet en deux
clics de souris ! Mais là pour le Gaumont Marignan, il faut venir 4
fois ! On rêve !" ...
Mais bon, même si ça défoule de gueuler, ça ne sert à rien.
Donc...
A 16h00, j'y suis encore.
Il y a déjà du monde qui attend. Je me renseigne autour de moi.
Normalement, la distribution des billets c'est pour 16h30, le temps
qu'ils arrivent encore humides d'encre de chez l'imprimeur, (et oui,
on en est là !)
16h30, rien ; 16h45, encore rien. 17h00, un type se présente, c'est le
directeur du Gaumont machin-chose. Mauvaises nouvelles ! Les billets
ne sont pas encore imprimés et il ne sait pas quand il les aura.
Frémissements dans son public qui poirote déjà depuis plus d'une
heure. Le directeur comprend alors les possibilités qui se présentent
à lui. Soit il trouve quelque chose, soit il est très probable qu'il
va remonter les Champs Elysées avec sa tête au bout d'une pique.
Heureusement, un directeur c'est très intelligent et il lui vient une
idée : la contremarque-- La contremarque bien sur ! On paie pour un
petit bout de papier qui n'est pas le billet et qu'il faudra de toute
façon revenir chercher avant le spectacle. Génial, non ?
Pour tout le monde c'est le soulagement, la sortie de crise !
C'est donc d'un coeur léger que nous avons donc tous réglé notre
contremarque estampillée « payé » qui ne nous donne droit à rien sans
la bonne foi du cinéma. Que le directeur ferme sa boutique avant le
spectacle et pour lui, c'est le pactole !
Mais qu'importe ! Je l'ai quand même mon petit bout de papier pour
lequel j'ai perdu ma journée entière ! Et il est beau, non ?
http://keepi.free.fr/12083745556.jpeg
En tout cas, cher Bernard, je verrai ce spectacle peut-être avant
vous. Mais bon, c'est vrai, je n'aurai pas la magie de la salle et de
la présence physique des interprètes...
J'espère toutefois que vous nous direz comment vous aurez vécu ces
moments.
--
Marc