Alpha wrote:
Bonsoir,
Malheureusement et particulièrement dans le monde enseignant, dès
l'instant où l'on remets en cause certains dysfonctionnements, soit on est
pas crédible car on apporte pas de preuves, de sources qualifiées selon
les critères de la profession, soit on a des préjugés déformants.
Apporter une preuve, référer ses sources, pour être crédible ne sont pas des
critères propres au "monde enseignant".
je ne prétends pas avoir le monopole de la raison, mais mes arguments sont
le regroupement de sources diverses personnelles et collectives.
Tout être humain, et vous avez sur ce point là raison, interprète les
situations qui se présentent à lui à partir de son propre vécu antérieur, à
travers sa propre historicité, sa psychologie...
Mais pour que des communautés puissent s'échanger des données, créer du sens
commun, construire des savoirs, les membres doivent un minimum vérifier
leurs sources.
Ainsi quand vous écrivez : "L'essentiel en informatique, c'est avant tout la
compatibilité des logiciels et l'usage majoritaire de ces derniers, à
savoir Word et Excel est évident" ; ce n'est pas parce que je suis
"enseignant" que je réfute vos propos. Les fichiers générés par Word ne pas
compatibles entre eux d'une version de Word à l'autre.
La synthèse des ces dernières me permettent tout de même d'avoir des
jugements qui soient suffisamment structurés et vécus pour ne pas être
ridiculisé par votre sémantique.
Je ne cherche pas à vous ridiculiser et votre vécu personnel est
respectable. Je conteste simplement vos assertions non étayées lorsque vous
faîtes l'apologie des logiciels propriétaires de type MS Word à l'école.
C'est un exercice très facile pour vous de rédiger une kyrielle
d'affirmations sur des sujets d'ailleurs pas toujours en rapport avec le
thème initial, pour vouloir affirmer que je ne démontre rien; que mes
arguments seraient contradictoires; que mes connaissances seraient
douteuses; etc...
Il y a bien longtemps que la conversation, commencée dans un autre forum, a
digressé du thème initial.
Cela dit et pour vous répondre, toutes nos connaissances doivent être
soumises au doute mais certaines sont plus "douteuses" que d'autres.
A part certaines lignes, vous restez très abstrait dans votre
démonstration,
j'attends davantage de concret et de simplicité.
Sur ce point vous avez sans doute raison.
[...]
Par contre, sur ce point en terme de responsabilité, l'Education nationale
fait fausse route. Elle s'écarte de son rôle qui est de délivrer en
priorité
un savoir et non un savoir-faire. Ce dernier se fera davantage par
l'intermédiaire de période stages professionnelles pour compléter les
capacités de l'élève.
La "technique" en tant que "savoir-faire" s'est substituée progressivement à
"l'art de", vers la fin du XVIIIème siècle, pour désigner un travail
d'exécution, par opposition aux "savoirs", en termes de sciences et de
finalités de sens...
Si par "savoir" vous entendez les bases, je suis d'accord avec vous :
l'école peut transemttre des savoirs-faire mais sa finalité première, c'est
de transmettre les bases nécessaires à la construction des savoirs.
Permettez-moi seulement d'inclure un minimum de bases et de culture
informatiques dans la construction de ces savoirs. Ce que l'école ne
remplit pas, notamment dans les cours de technologie en collège.
En témoigne la Shoah, pour commencer...
Il s'agit d'une attitude humaine particulière qui concerne la maturité de
l'individu et qui restent en dehors du champ de l'éducatif scolaire. On
parle dans ce cas davantage d'enjeux stratégiques qui ne concernent pas
obligatoirement le domaine informatique.
En ce jour de commémoration du débarquement en Normandie connaissiez-vous
seulement le nom de Carmille ?
J'ai acheté le fameux dictionnaire des justes censé recencer tous les justes
et héros anonymes qui, pendant la guerre, ont sauvé des juifs ; le nom de
Carmille n'y figure pas.
Comment expliquer que cet homme qui, par son action, sauva la vie de
centaines de milliers d'enfants et d'adultes ne soit pas mentionné en tant
que juste dans ce dictionnaire ?
Une voisine qui cache un enfant, c'est phénoménologiquement perceptible, un
ingénieur qui constitue des fichiers ne l'est pas. C'est abstrait, c'est
virtuel.
A travers cet exemple, je veux simplement démontrer à la fois l'enjeu
fondamental que revêt le traitement des données et comment, dans le même
temps, ces enjeux échappent à la perception des gens.
Dans Crise de la culture, Hannah Arendt s'inquiète des conséquences des
découvertes d'Einstein sur l'humanité. En rompant avec la physique
inductive, par une description d'un l'espace/temps non perceptible par les
sens, mais phénoménologiquement transmissible par sa description
mathématique, Einstein introduit quelque part la réalité virtuelle (dans le
sens de Jarron Lanier). D'ailleurs les premiers informaticiens viendront
presque tous de la physique théorique.
Redeker a écrit un livre, reprit en coeur par Sauver les lettres, pour dire
que l'école devait former des citoyens et non des internautes. Redeker est
un con. L'exemple de la Shoah et de Carmille que j'ai cité démontre à quel
point les enjeux liés au traitement des données concernent en premier lieu
la citoyenneté.
Ecarter l'informatique de l'enseignement secondaire est à l'inverse une
position obscurantiste.
Mais l'informatique à l'école ne doit pas être du Bill Gates, du
savoir-faire et/ou utiliser Word. Il s'agit des bases. Il s'agit de savoir
et non pas de savoir-faire.
Sans oublier le fait que l'informatique est avant tout trans/ et
pluridisciplinaire. Elle s'appuie sur les savoirs de toutes les
disciplines, et loin de les exclure, elle les sollicite.
Lorsqu'on parle d'instruction publique à l'école, ne pensez-vous pas que
la
question des fichiers, du statut des fichiers, des enjeux liés à la
protection de la vie privée, méritent aussi d'être abordés ?
Comment les enseignants, bien souvent professeurs d'histoire/géographie,
peuvent-ils traiter ces questions s'ils ne sont pas formés et si les
seuls usages de l'informatique au collège, par exemple, se limitent au
traitement
de textes et au tableur, durant quelques heures, dans les cours de
technologie ?
Dans ce cas présent, il s'agit de moyens relatifs aux objectifs de
formation. La question relative aux fichiers (gestion, statuts, sécurité)
concerne en premier lieu le monde de l'entreprise ou non celui de
l'Education.
Savez-vous comment on appelle un système d'exploitation ?
On appelle ça le système des fichiers !
Tout est fichier.
Comment apprendre aux élèves à travailler en mode collaboratif s'ils n'ont
aucune notion de ce qu'est une arborescence, un chemin ?
Quittez Photoshop et sortez de votre vision purement applicative... !
Charlie
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