robby a écrit :
j'ai une question bête:
voyant une lentille gravitationnelle, peut-on en determiner la compacité (masse, diametre) de ce qui la génère ?
Cela dépend des lentilles. Pour obtenir les informations que tu
indiques, il faut disposer de suffisamment de données pour effectuer
une déconvolution, et je ne suis pas certain de l'unicité de la
solution. Je connais mieux les micro-lentilles (voir plus bas).
s'agissant de petits objets (comme les trous noirs putatifs d'ici), j'imagine qu'a cause de la petite taille on ne voit aucune distortion geometrique, mais juste une fluctuation d'intensité du fond par "effet loupe".
meme question: sait-on alors en deduire une masse et un diametre ?
Michel semblait parler des événements de microlentilles observés en
visant le LMC (grand nuage de Magellan). Dans ce cas, ce qui est
observé, c'est une courbe de luminosité (variation de luminosité
de l'étoile source), que l'on peut faire
correspondre avec une courbe théorique à un paramètre.
Seulement ce seul paramètre (un temps) dépend de plusieurs autres
inconnus : la masse de l'objet, sa vitesse relativement à la
ligne de visée, et sa distance angulaire (au minimum) à la
ligne de visée.
Le diamètre de l'objet lentille n'a aucune influence dans
ce cas : comme on ne distingue pas les différentes images
de l'étoile source, tout se passe comme si la lentille était
ponctuelle.
Seule une analyse statistique permet d'avoir des informations
sur la lentille. Les objets sur la ligne de visée ne peuvent
être que des objets hors du disque, qui sont probablement
dans une structure à symétrie sphérique (ou bien une sphère
légèrement aplatie). Tu prends un modèle pour les lentilles,
modèle dépendant d'un certain nombre de paramètres libres
(fonction de masse, distribution de vitesse, répartition)
et les observations apportent des contraintes sur les paramètres
libres du modèle.
Je n'ai pas trop suivi ce qui s'est passé depuis une dizaine
d'années dans ce domaine. A l'époque, seule une poignée
d'événements avait été observée, et comme le bulbe galactique
se montrait une cible plus prolixe, la recherche de micro-lentilles
vers le LMC était en train d'être abandonnée.
En prenant un modèle réaliste (répartition en 1/r^2 dans un
halo en forme d'ellipsoide de révolution avec un ratio d'axes
de l'ordre de 0,6, et une distribution de vitesse correspondant
à celle des étoiles de population II) alors la masse moyenne
des lentilles correspondaient à environ 1 ou 2 masses solaire.
La masse totale de ce halo serait alors de l'ordre de 10%-20%
de la masse qu'il faudrait pour expliquer la courbe de rotation
de notre galaxie.
Si ces lentilles étaient des étoiles ordinaires, elles seraient
visibles dans le comptages d'étoiles, ce qui n'est pas le cas.
Reste comme possibilité des naines blanches ou trous noirs
(les étoiles à neutrons seraient trahies par leur émission).
Certains étudiaient la possibilité que les événements
observés correspondent à des lentilles à l'intérieur du LMC
lui même (ce seraient alors des étoiles ordinaires, que l'on
ne pourrait pas voir car se trouvant sur la ligne de visée
d'une autre étoile plus brillante).
Si c'étaient des naines blanches, d'où viendraient-elles ?
Pourquoi ne verrait-on pas les étoiles de masse légèrement
inférieures à durée de vie plus longue ? (dans la voie
lactée, la fonction de masses est décroissante : les étoiles
moins massives à durée de vie importante sont considérablement
plus nombreuses que les étoiles massive : il faut utiliser
une échelle logarithmique sur la fonction de masse).
Pour les trous noirs, la même question se pose. Sauf que
certains modèles cosmologiques prédisent une population de
trous noirs dits primordiaux, qui ne se seraient pas formés
à partir d'une étoile. C'est probablement cela que Michel a
lu quelque part, en ne retenant que la partie du texte
qui lui semblait intéressante.