FdP <glop_glop_fr@hotmail.com> wrote:
Salut,
Pendant longtemps, les flics arrosaient leurs indics avec une partie
des saisies sur lesquelles ils prélevaient directement les
commissions. Ca consiste ni plus, ni moins pour la police, à remettre
sur le marché une partie de la drogue récupérée. Aux dernières
nouvelles, ces pratiques auraient tendance à disparaitre, remplacées
officiellement par des récompenses sonnantes et trébuchantes.
Mais il existe d'autres incidences au fonctionnement actuel :
l'économie parallèle est finalement un moyen comme un autre d'obtenir
ce qu'ils appellent "la paix sociale". Ne pouvant mettre les dealers au
travail (ils gagneraient une misère avec un salaire par rapport aux
bénéfices du deal) ou mettre un flic derrière chacun d'eux, on les
laisse continuer tant qu'ils ne se font pas trop remarquer.
J'ai eu il y a quelques années, une conversation avec un ancien
commissaire de police. Il m'avait laissé entendre qu'il y avait un
genre d'accord tacite entre certains quartiers et la police. En gros,
les flics ne venaient pas mettre leur nez à certains endroits bien que
sachant que c'était des lieux de traffic, et en contrepartie les
autres devaient se tenir tranquilles en apparence pour ce qui est des
atteintes aux biens et aux personnes, ne pas montrer trop de signes
extérieurs de richesse ce qui ne met pas les voisins qui triment pour
un salaire de misère, de très bonne humeur.
Pasqua lorsqu'il était au gouvernement avait même déclaré que "la
dépénalisation aurait pour effet de détruire une bonne partie de
l'économie souterraine". Mais la solution de facilité, consiste
toujours à les laisser faire, tant que ça ne fait pas de bruit dans
la presse, les médias, le quartier...
Ils ont aussi mis la priorité sur la coke, dont les prix ont été
divisés par deux ces dernières années, et qui arrive en masse
d'Amérique du Sud via une escale dans certains pays Africains ou la
dope est dispatchée. L'héroïne est semble t-il stabilisée niveau
quantités consommées. Par contre, s'ils ont des chiffres un peu trop
mauvais à présenter, ils vont alors compléter par un ou deux
"go-fast". La plupart du temps, il s'agit de jeunes d'origine
étrangère habitant la région parisienne, qui descendent à trois
voitures au sud de l'espagne. Ils chargent un des véhicules qui
restera ensuite au centre, un autre pour ouvrir la route, un dernier
(pas toujours mais souvent) pour la fermer. Les mobiles sont utilisés
avec un simple "bis" (rappel) pour prévenir d'un controle de douanes
au péage, ou d'une patrouille qui circule, d'un radar caché... Ils
transportent du shit, les quantités étant souvent de quelques
dizaines de kgs. Les flics considèrent qu'ils ne prennent qu'une
infime partie de ce qui passe en réalité.
Bonne description.
Les saisies ne représentent au mieux que 15 % des quantités trafiquées,
et à peine 1 % de leur valeur financière !
Malgré l'échec perpétuel de la répression, celle-ci continue, mobilisant
ressources humaines et financières conséquents. Le contribuable, rassuré
par les gesticulations policières et cocoricos douaniers vus à la télé,
croit à l'efficacité de leur action et ne se pose pas de questions. Il
faudrait pour cela exercer un regard critique sur le sujet, mais on ne
peut pas dire que ce soit très tendance : agir ainsi conduit
immanquablement à se faire accuser de "promouvoir l'usage de drogue",
selon le raccourci imbécile si répandu.
D'année en année, le record du nombre d'interpellations de simples
usagers est battu. Pour quels résultats ?
Récemment, un hebdo lyonnais, Lyon Capitale, a évalué que la
consommation de cannabis par les Lyonnais est de 1 à 3 tonnes par
*semaine*. En 2OO5, les saisies pour tout Rhône-Alpes ont été de 5
tonnes.
En hypothèse basse, les Lyonnais consomment donc en 5 semaines la
quantité de cannabis saisie *en une année* et dans *toute la région
Rhône-Alpes* !
Une politique répressive aux résultats si pitoyables mérite-t-elle
d'être poursuivie indéfiniment ?
Quand les citoyens contribuables vont-ils exiger des comptes ?