Sujet: Re: Le mystère de l'autre
De: fortcigogne (l' arobase) free.fr (Humain01)
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Date: 17. May 2008, 11:56:13
Voilà ce que je ne comprends pas:
Ça a l'air si simple... Et pourtant, où le bât
blesse-t-il ?
Il y a un cercle : on pose le passé et la
causalité comme une réalité "objective"
universelle.
Pourtant le temps lui-même et la causalité
sont eux-mêmes des structures du monde.
En quoi sont-elles différentes du reste ?
Tout ceci n'est pas clair et ne semble pas avoir
été écrit pour l'être. Où est le cercle en question ?
Qu'est-ce qui est circulaire ou bien qu'est-ce qui
est récursif ici ?
Pourriez-vous dire les choses simplement et
montrer clairement les choses ? Cela pourrait vous demander
l'effort de voir au lieu de penser car comme vous
le savez "Ce qui se conçoit/voit
bien s'énonce clairement etc.". Cet effort n'est-il pas
utile à toute philosophie ?
Kant avait vu le problème et décidé qu'en
effet, le temps et l'espace étaient
différents du reste de la signification. Il en
avait fait des "catégories pré-conceptuelles
de l'entendement".
Le problème est que ces catégories pré-
conceptuelles n'ont pas été très stables au
cours du XIXe siècle : l'évolution, et l'entropie
(le déterminsime statistique) ont enfoncé de
sérieux coins dans le modèle "immuable" que
Kant avait du temps, avant la relativité et la
mécanique quantique.
Qu'est-ce que l'évolution, l'entropie ont à voir
avec le fait que le temps serait une
"catégories pré-conceptuelles de l'entendement" ?
Vous n'expliquez pas cela. Et rien dans votre texte
ne permet de le comprendre.
Nous avons donc une théorie, et une
expérience qui l'infirme. Il manque cruellement
de rafistolages sérieux.
A expliquer.
Par contre il existe une autre théorie,
radicalement différente, révolutionnaire. C'est
la phénoménologie de Husserl, Heidegger et
Sartre (et à laquelle adhèrent tous les penseurs
sérieux du XXe siècle).
Celle-ci dit que nous avons un monde de
phénomènes, sans exception métaphysiques,
et que nous construisons un modèle pour
l'expliquer et pour agir sur lui (Marx).
Ce modèle, nous le construisons à rebours, en
partant de nous, de notre expérience, de ce que
nous connaissons le mieux et sur quoi nous
avons prise, et nous l'étendons le plus loin
possible, dans l'espace et dans le temps, à la
fois vers l'avenir et vers le passé.
Nous construisons donc un passé
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Quel est le lien avec le fait de construire un modèle ?
Pour tout un chacun le passé est figé. Comment peut-on
construire le passé ?
A quoi rime cette sophistication des termes et des concepts
qui trouble tout ?
qui convienne
pour expliquer le présent dans l'optique de nos
projets d'avenir.
Voulez-vous donc dire que nous adaptons nos
modèles à nos désirs ? Et si oui dites-vous que
nous le faisons sciemment ? (ce qui serait
de la malhonnêteté au moins intellectuelle).
Ou bien dites-vous que nous le faisons inconsciemment ?
Vous passez à vitesse grand V sur des points très importants,
sans, semble-t-il, sourciller.
Pour cela, nous choisissons sans cesse les
éléments qui nous conviennent.
Donc, nous sommes modelés, parce que nous
décidons d'être modelés.
Comment déduisez-vous cela sans avoir expliqué
avec quelle conscience nous construisons nos modèles ?
Comment pouvez-vous faire une impasse totale sur le crucial
niveau de conscience de celui qui utilise ce "donné
indifférencié" ?