"Ophiucus" <ophiucus@orange.com> a écrit dans le message de news:
482c466c$0$866$ba4acef3@news.orange.fr...
L'humanité actuelle est un monde de "moi", c'est-à-dire un monde
de consciences identifiées, gouvernées à leur insu par le passé.
Dans un tel monde, l'action, quelle qu'elle soit, y est donc modelée par
le passé.
Une action modelée, conditionnée par le passé, est non-créative ce qui
signifie
qu'elle est une répétition mécanique sans fin du rebattu.
Cela c'est la situation du monde. La probabilité d'action libérée du passé
y est
si faible, qu'on ne risque pas de se tromper en la déclarant "manipulée"
en toutes
circonstances. Toutefois, un miracle étant toujours possible, et la
certitude
absolue n'existant pas, il se pourrait qu'existât ici et là quelque action
libérée
du passé parmi les milliards d'autres.
Nous avons besoin des probabilités pour s'en faire une idée, toujours
aproximative cependant. Car nous n'avons pas accès à la réalité de l'autre.
Ces probabilités seraient d'ailleurs simple résurgence de ce passé dont vous
parlez ici, quoiqu'il ne soit pas, selon moi, un problème important.
Je vous dis ça sans même voir dans ce passé un ennemi ou une entrave. Le
passé ne nous hante que si l'on ne lui donne pas toute l'attention voulue.
Il est au contraire à scruter suffisamment dans une démarche pour retrouver
la paix. Il est une part de la beauté de cette vie.
On ne se libère pas de ce que l'on démonise. Ou alors faut-il répéter ce
rejet continuellement. On ne renonce jamais vraiment à quelque chose. Tout
est, tout existe. L'être devient seulement parfois excessivement divisé.
L'action devient créative, et l'Homme capable d'accéder "aux expériences
les
plus grandes et les plus belles", lorsque l'identification de la
conscience cesse.
C'est-à-dire lorsqu'il y a attention neutre, désintéressée et immobile,
dirigée
vers ce qui se passe à l'intérieur (pensée, motivations de l'action,
représentations de soi,
sentiments de toutes natures, peurs, souffrances, etc...)
et vers nos relations avec les autres. C'est un état de conscience sans
"moi".
En cela l'équilibre suffit. S'occuper avec une juste attention des multiples
dimmensions de l'existence. Il n'y a pas de raccourci, de méthode. Nous
n'avons simplement pas commencé par le début. Il faut du courage, dans ses
premiers pas, pour vivre avec soi-même tel que l'on est.
Notre éducation nous a laissé quelques faux-plis. Nous aimons certains états
d'esprit parce qu'ils nous sont agréables, puis nous les entretenons. L'être
a cette réaction, presque naturelle, qui le porte à se concentrer sur ce qui
passe dans son champ d'attention. Il se divise ainsi à nouveau, et souffre.
Ce que je défends ici ressemble, au fond, à une vision globale de la vie.
L'attention n'a pas cette vertu, il me semble. Je ne sais pas...
Salutations!
jh