"samovar" <hbaudouy@videotron.ca> a écrit dans le message de news:
3adf1486-1bc8-4435-8dc9-78d9cfd12cd1@d77g2000hsb.googlegroups.com...
On 28 juin, 06:59, "Christian ORANGE" <orange...@orange.fr> wrote:
"samovar" <hbaud...@videotron.ca> a écrit dans le message de news:
22f8bb74-1fb7-4d1d-98be-7d628abf0...@d45g2000hsc.googlegroups.com...
Bonjour,
Je ne suis pas intervenu dans le débat.
Perso, je suis pour les langues régionales, et je trouve votre analyse
très intéressante.!
Merci.
RV
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Bonjour Hervé
Vous êtes canadien je crois, et très franchement, votre français ne se
distingue pas de celui d'un habitant de l'hexagone. Les particularismes
canadiens sont avant tout des formules très anciennes plus ou moins
tombées
en désuétude en France car au bout d'un si long temps d'éloignement
géographique il est innévitable que les habitudes de langage aient un peu
divergé. C'est une excellente chose que nous puissions communiquer aussi
bien, aussi facilement à cette distance que si vous habitiez dans la même
rue que moi. Si je parlais provençal (lequel?) je pourrais communiquer
avec
la famille piédmontaise de mon épouse... mais pas avec vous. Je m'entends
plus facilement avec un italien (que je n'ai jamais appris) qu'avec
justement un piedmontais ou un dauphinois parlant leurs assez voisins
patois.
Où je veux en venir? A ce que ce français commun remonte assez loin
puisque
notre langue commune est celle du 16 ou 17° (siècle, pas arrondissement de
Paris).
Ce que parlait une partie de mes grands-parents (ou ceux de mon épouse)
était un patois et non une langue car cela variait à quelques kilomètres
près. On pouvait se comprendre... mais pas sans effort.et je ne vous dirai
rien de l'écrit car si oralement ça allait encore, par écrit c'était une
catastrophe.
Je dirais aussi que l'accent variait beaucoup. Lorsque j'étais jeune (à
Aix
en Provence vers 1955) j'étais capable de repérer si une personne
rencontrée
était de Marseille (28km), de Rognac (22km), de Fuveau (12km env.),...
juste
à leur accent déformé. Je n'y vois pas un idéal. Et si à 17 ans je
fréquentais des étudiantes anglaises de 22 et 25 ans, cela ne consistait
pas
à leur faire des bises.
Les personnes parlant provençal (devenu occitan il y a quelques années)
que
je connais sont le plus souvent incultes, pêcheurs qui ne sortent pas de
leurs filets ou agriculteurs qui ne regardent pas au-delà de leur champ.
Ce n'est pas parce-que l'on ne cultive pas un patois local que l'on ne
s'intéresse pas à la culture. Ecrivant des poèmes, j'ai fait un petit
bouquin sur le sujet et les exemples que j'ai choisis sont pour la
majorité
des poèmes en ancien français du sud comme du nord, de Saboly à Ronsard.
Et
si ma fille est "bac+13", comme elle dit en plaisantant, mon fils doit
avoir
fait 7ans après le bac. La culture générale est très prisée dans ma
famille,
pas chez l'agriculteur ou le pêcheur dont je vous parlais ci-dessus qui
sont
assez mal dégrossis.
Pour reprendre un point sur lequel je n'avais pas répondu à M. Mindelo,
les
"vieilles barbes" du Sénat qu'il critique sont plus jeunes que lui en
esprit. Cultiver le patrimoine nous même directement à la dégringolade de
la
France dans le monde.
Bonjour Christian,
Je suis Français de naissance, et importé au Québec :-)
Mais je comprends très bien mes compatriotes québécois ! Le fond est
le même vous savez.
Et j'ai appris les spécificités, ou j'ai réappris ce qui ici est
"actuel", mais désuet en France...
Il suffit de le vouloir.
Pour en revenir au fond. Je n'ai jamais dit qu'il fallait abandonner
le Français "commun" , au contraire.
C'est le fond commun de la francophonie. Il est nécessaire.
Mais cela n'empêche pas d'apprendre , si on le désire, les langues
régionales.
On trouve tout à fait normal d'apprendre les langues étrangères . Je
connais des gens qui en parlent 5 ou 6.
Au nom de quoi voudrait-on alors, et avec cohérence, éliminer les
langues régionales ?
Je me le demande. Et je ne trouve aucune réponse cohérente. Deux
poids, deux mesures ? :-)
Donc, pour me résumer : le Français commun, oui, diantre oui !
Mais sans mépriser le "local" , quand on le désire. L'un n'empêche pas
l'autre.
Cordialement.
RV
Les universitaires ont de tout temps étudié les documents anciens et pour
cela les dialectes qui ont donné les langues actuelles. C'est utile et même
indispensable pour étudier ces documents et pensées du passé.
Mais se plonger dans des centaines de patois et leur grand nombre de
variantes selon les lieux et les époques, quel intérêt pour le commun des
mortels qui n'arrive souvent pas à maîtriser simplement le français actuel
et n'arrive pas à dépasser les quatre opérations en calcul?
On a introduit dans le primaire l'anglais pour ouvrir le jugement des
enfants, à moins que ce soit en prévision d'un futur pas si lointain où
l'anglais sera de rigueur en France pour raison politique, comme langue
officielle de l'Europe, et je peux vous dire que cet enseignelmement ne
donne pas grand-chose comme résultat!
Et il s'agit de savoir si l'on veut rendre ou non l'enseignement d'une
"langue locale" obligatoire. Nous avons tous la possibilité de suivre un
cours d'une "angue locale ou de l'espéranto ou du javanais si on le souhaite
mais rendre cela obligatoire est une autre affaire.
Et je refuse absolument, par exemple, la "Coupo Santo" (écrite par F.
Mistral sur une musique plus ancienne) soi-disant hymne provençal, qui est
une bondieuserie comme ce titre l'indique (Cf. /Google "coupo santo") et un
poème de circonstance.
Ce provençal de Mistral qu'il serait question d'apprendre n'est pas une
ancienne langue de transmission orale mais bien une création récente (à
partir des patois locaux qui étaient en train de disparaître et qu'il
voulait bfortifier pour résister à la république). Le félibrige
(regroupement de docteurs du Droit selon l'étymologie) était un mouvement
très-catholique et royaliste.
Il ne s'agit pas d'éliminer les parler traditionnels disparus mais de ne pas
introduire une création d'un groupe discutable dans ses buts.
Ch