"Johannes Baagoe" <baagoe@baagoe.org> a écrit dans le message de news: pan.2008.08.31.09.28.18@baagoe.org...
... la religion, en tant qu'elle s'oppose à l'esprit critique,
est pour cette raison même une source de problèmes.
Or, elle le fait forcément, puisqu'elle enseigne toujours qu'il est
bon d'être certain d'une chose qu'on ne peut pas démontrer. Dans
la mesure où cet enseignement est suivi, le niveau général de
doute et de réflexes de vérification diminue. Le peuple devient
plus crédule.
Se limiter à se qui est démontrable c'est scier la branche sur laquelle on est assis.
trouver pas bon d'être certain d'une chose indémontrable également.
L'homme ne commence pas par être rationnel, enfant il commence par être affectif, pulsionnel, et c'est pour satisfaire sa pulsion de vie qu'il s'approprie les enseignements de sa culture, et cela pour des raisons affectives, l'attachement à des valeurs qui sont celles des êtres aimés (ce qui, lorsque c'est introjecté, constitue le surmoi).
L'irrationnel affectif amène l'homme au rationnel.
En d'autres termes, c'est pour des raisons affectives irrationnelles qu'un homme choisit de devenir médecin, même si ce choix fait appel à la raison, il faut qu'il y ait le désir de soigner, ou le désir de gagner de l'argent, ou le désir d'être respecté.
Ces désirs prennent naissance et sont modulés au travers des relation affectives, et dans nos conditions de civilisation ces relations affectives ont, pour pour une bonne partie de la population, l'amour comme idéal.
Que vous le vouliez ou non, cet idéal d'amour a un lien direct avec la religion, soit que la religion serrait le résultat d'une idéalisation de la relation (la loi dans l'ancien testament, l'amour dans le nouveau), ou qu'elle soit l'expression du lien avec Dieu, dans les deux cas il y a croyance dans l'idéal affectif, croyance que l'amour est le bien suprême.
Croire cela fermement me semble donner à la raison mise au service de l'amour (ou ses perversions) son titre de noblesse, c'est aussi lui donner ses limites, par une morale générée par le culte de l'amour, et respecter autrui n'a de sens que si on l'aime, morale qui n'est pas l'idéal, qui doit être soumise à l'esprit critique, un esprit critique à nouveau sous-tendu par la croyance que l'amour est le bien suprême, (ce qui me permet de préciser mon point de vue sur l'inévitable embarquement de l'esprit critique dans nos idéaux).
JJ
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L'intelligence qui n'est pas au service du cour est une fortune sans emploi. Laforgue
(cela reste vrai même si pour l'auteur de cette phrase, Laforgue, tenter de faire alliance avec la haine nazie au lieu de la combattre inconditionnellement c'était faire l'inverse)