"Julien Esquié" <julien.esquie@free.fr> a écrit dans le message de
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Oui. Le collège de mon bled donne aux élèves de 6e 5,5 h. de français.
Et 10 km. plus loin, c'est 4,5 h. J'ai bien compris que cela ne vous
posait aucun problème. Les partisans de la modernité pédagogique ou de
l'école finlandaise, en général, s'arrangent pour scolariser leur
progéniture dans le collège à 5,5 h.
Je ne suis personnellement pas un fana des horaires à tout prix, et je ne
pousserai pas mes enfants à multiplier les options au prix d'un emploi du
temps de ministre, par exemple.
La modularité ne consiste pas à proposer des "parcours imposés".
Les choix seront ceux - libres et indépendants - des chers bambins ?
On m'autorisera à douter.
Vous pouvez qu'un lycéen est incapable de faire des choix de ce genre ?
Quand je parlais d'infantilisation des élèves, c'en est un exemple.
Le lycée n'est pas obligatoire, ceux qui y vont savent, ou
devraient savoir, pourquoi il y vont. A partir de là, il n'est pas
illogique de leur faire un peu confiance dans des choix de cursus.
Ce n'est pas une question de logique. C'est une question d'expérience.
Parce que vous raisonnez "à système immuable". On est dans un système qui
tend à déresponsabiliser les élèves, et ensuite on s'étonne qu'ils ne soient
pas matures.
Qu'est-ce qui empêche d'évaluer "la même chose" ?
« Evaluer » la même chose implique d'enseigner la même chose. Même
programme. Même nombre d'heures.
Non.
Et puis entre un bac S, ES, ou L, est-ce qu'on évalue la même chose
en maths, en langue, etc... ?
Et c'est une excellente chose. Il existe des « parcours » clairement
définis et encadrés. Pourquoi changer ?
Inversement: pourquoi ne pas faire un programme et un bac unique ?
Ca reste un postulat.
C'est ce que m'a dit un IA, qui venait de sucrer un poste : «
L'anglais, moins on en a d'heures dans la semaine, mieux on
l'apprend. »
Texto.
A prendre au 2ème degré je suppose. Quand je vois le nombre d'heures
d'anglais que j'ai faites jusqu'au bac, le niveau déplorable que j'avais, je
n'irai sûrement pas dire que le nombre d'heures est une condition
suffisante.
D'accord, ne bougeons surtout pas d'un pouce.
Bouger ne présente en soi aucune espèce d'intérêt. Ce qui importe,
c'est de s'améliorer.
En ne bougeant pas d'un pouce ça va être dur.
Il est sûrement possible et souhaitable d'améliorer bien des choses,
en commençant par redonner à certaines disciplines l'horaire dont
elles ont été dépouillées, en dégageant les « actions » diverses et
bariolées (TPE), etc. Je pourrais donner une liste de réformes.
Je ne dis pas le contraire.
Mais l'importation d'un modèle, finlandais ou autre, dont on a cru
devoir constater qu'il faisait des miracles, ne me semble pas très
raisonnable.
"S'inspirer de" n'est pas forcément "importer en masse".
Je m'explique par un exemple: entre un élève motivé du lycée
Courneuve qui ferait son cursus en 2 ans (ce que permet le système
finlandais), et un élève cool du lycée H.IV qui ferait son cursus en
4 ans, vous choisiriez qui à la sortie ? La réponse n'est pas si
évidente que vous le supposez.
Je choisirais sans aucune hésitation celui d'Henri IV.
Même si celui de H.IV a fait ses 4 ans en dilettante, alors que l'autre a
mis les bouchées doubles pour boucler son cursus rapidement et ne pas
trainer en route ?
C'est en tous cas une impression souvent partagée par ceux qui ont eu
l'occasion de côtoyer d'une manière ou d'une autre les systèmes
scolaires anglo-saxons ou nordiques.
Autres mœurs, autre contexte, autre histoire.
Avec des banalités de ce genre on ne va pas aller bien loin...
Jusqu'à l'année dernière les horaires du primaire en France étaient
parmi les plus élevés d'Europe. Ca n'a pas empêché le niveau moyen
de s'effondrer au fil des années, comme vous en faites le constat.
Un peu de sérieux. Les horaires de français à l'école primaire ont
quasiment diminué de moitié en 40 ans.
Donc à la limite ce n'est pas un problème d'horaire global, mais d'horaire
par matière ?
Arrêtez tout de suite de noter vos élèves, alors.
HS.
Pas du tout HS, au contraire.
Les priorités ne sont peut-être pas les mêmes partout, mais les
connaissances restent universelles. Il n'y a pas de "maths
françaises", de "maths finlandaises", ou je ne sais quoi. Les maths
sont les maths, et comparer les connaissances en maths d'élèves de
pays différents a tout à fait un sens.
On n'enseigne pas LES MATHÉMATIQUES, on enseigne un programme de
mathématiques. Et ce n'est pas le même en Finlande et en France.
Pardonnez-moi, mais je croyais naïvement que le but final de l'enseignement
des mathématiques était de donner un bon niveau niveau en mathématiques.
Si les évaluations internationales montrent un mauvais niveau, c'est que le
niveau est mauvais, point. Que ce soit à cause d'un programme trop peu
ambitieux, de méthodes inadaptés, ou d'horaires insuffisants, ça ne change
rien au constat. Et si on constate que d'autres font mieux avec des horaires
qui ne sont pas supérieurs aux nôtres, alors il faut bien conclure à un
moment que les horaires ne sont pas la première cause du niveau insuffisant.
--
pehache
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