On Fri, 6 Jun 2008 21:57:36 +0200, "Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:
N'oubliez pas que Maradona était croyant, etc.
Et Mozart a fait des messes. C'est balot. La seule chose que Maradona a
élevé, c'est un ballon.
Mais la musique n'a rien de génial non plus, quand elle faite par des
sans-talent. C'est le grand musicien qui rend la beauté de la musique,
comme le grand sportif rend la beauté du sport. Après, il n'a jamais été
question de comparer un sport et un art ; ça, c'est votre obsession à vous.
Si vous détestez le sport, je vous assure que vous perdrez moins de
temps en évitant de vous en préoccuper et en le laissant aux sous-hommes :
ça les occupe et leur évite de sombrer dans une barbarie plus inquiétante.
Non au contraire, c'est intéressant de s'en occuper quand on ose employer
le terme de génie. Car c'est intéressant de voir une époque s'intéresser
tant au sport. Y'a forcément une raison dans cette adhésion spontanée mais
qui rapporte évidemment. En plus, suttout pas de comparaison ou de
parallèle. Restons dans son coin à aimer ses petites marottes.
Hors de propos et déjà entendu des milliards de fois.
Et ? Ce n'est pas parce que c'est répété que c'est faux et ce n'est pas moi
qui parle d'élitisme. Dommage pour vous.
Baaah méchant le peuple, cradingue, beurk ! En attendant, si *vous* vous
croyez au-dessus de la mêlée, je vous assure que ça relève plus du fantasme
qu'autre chose. Ceux qui sont vraiment au-dessus de la mêlée n'ont aucun
complexe à descendre dans la foule.
Au contraire. Ils y perdront leur âme car la foule est lyncheuse et le mot
de peuple ne veut pas dire qu'on n'en fait pas partie mais c'est une
catégorie utile pour croire qu'on est du bon côté. Ca fait cool quoi. Mais
l'intérêt est évidemment de se singulariser...Car le dilemme n'est pas de
vouloir se croire au-dessus de la mêlée (tentative unique et ardue qu'on
appelle le transcendantal à ne pas confondre avec la transcendance) mais
justement, comme vous le signifiez si bien, de rester bien dans le troupeau
avec son petit égoïsme et surtout d'avoir la rage contre tout ce qui
dépasse ou tente de dépasser...
Le balayage de rue n'est ni un sport, ni un art, ni quoi que ce soit d'autre
qui permette le talent : c'est juste un travail. Pour bouffer.
Y'a forcément des génies du balai pourquoi pas.
Il ne le retient nullement sinon on ne fera pas tant de foin avec le sport
et d'ailleurs le sport est fort bien accueilli en Chine pour les dernières
Olympiades de la terreur qui vont pouvoir avaliser publicités, cynisme et
j'en passe.
Je ne parle pas de la Chine, je parle de sport. Je ne suis toujours pas sûr que
vous ayez compris...
Si si au contraire... Etrangement le sport permet d'être tellement bien
assimilé aux pires choses. Il faudrait vous poser la question
existentiellement parlant, de ce culte de la performance, de la stupidité
de la répétition de l'exercice méthodique, de la santé et j'en passe,
choses que vous avez proprement snippées évidemment.
Vous êtes gentil, mais j'ai lu aussi, j'ai eu mes auteurs, j'en ai encore, et je relis
les oeuvres, j'adhère à certaines, je formules de nouvelles critiques sur d'autres,
je ne suis plus toujours d'accord, etc. Le germe de la personnalité.
Mais vous : vous êtes totalement soumis à la pensée de Muray, et vous le
reconnaissez. Et c'est un bien triste spectacle
Non sans blague ? On est soumis évidemment quand cela ne vous arrange pas
(ahahahah), surtout quand ça parle de sport pour sûr. Oh le hasard !
Mais dans ce cas, on ne vient pas vous ordonner de ne pas citer, comme si
d'ailleurs, je vous ordonnais de citer. Laissez donc vos interlocuteurs
penser comme bon leur semble, à leur manière à eux, au lieu de répéter
comme un perroquet (ce qui n'est déjà pas pensé) ce que l'époque vous dit
"Pense par toi-même !" (comme le disait une publicité dans le genre
injonction paradoxale cela s'appelle !)
C'est d'abord juste le fait déjà de cette effusion lyrique et il ne faut
pas s'étonner de voir ensuite des images comme le Heysel, ne serait-ce que
l'agressivité, le nationalisme, la haine, les coups de boule et j'en passe.
Quelle beauté le sport...
C'est bon, je crois qu'on a pigé :)
Oh zolie réponse et pénétrante réponse... J'y peux rien, ça les attire et
il sera difficile de séparrer les deux et mettre l'un dans la case Good et
l'autre dans la case Pas good pour que sa marotte ne soit pas atteinte.
Mais Maradona n'est pas tout et n'importe quoi, c'est le plus grand footballeur
du XXème siècle.
Ca nous fait une belle jambe. Et maintenant plus quand le footballeur a
besoin de la jeunesse sinon rien. Fort limité.
Le handball, ce n'est qu'un sport aussi et qui m'a coûté en passant deux
genous par l'exemplaire solidairité et fair-play des joueurs. Le sport en
plus, c'est mauvais pour la santé et exerce l'esprit de rivalité, de haine,
d'agressivité...
Mais que fait Amnesty International ?
Ah non, on ne touche pas au sport, au football, car il permet d'organiser
de grandes messes médiatiques avec argent à la clef et effusion lyrique
pour se croire fraternel et débordant de tolérance par delà les peuples.
Bah, c'était gentillet... mais bon, c'est assez inévitable. C'est comme de lire
les opinions de Houellebecq sur la nature, c'est rigolo mais on se dit surtout
qu'il y a des choses aux origines qui n'ont pas bien fonctionné. Exemple parmi
d'autres...
C'est surtout faire de la psychanalyse de Prisunic. Comme on a du mal à
argumenter (d'ailleurs, vous avez été incapable de nous donner le moindre
argument concernant le génie de Maradona et l'importance même de ce génie,
sinon que c'était super et hyper), on fait comme le type qui accuse son
chien de la rage. Hélas, mon pauvre, nous sommes déjà tous gravement
névrosé. Alors... si on évoque Maradona et son état de drogué, on va hyper
rire...
Je n'ai jamais parlé de tout ça, et j'éprouve les mêmes dégoûts, je vous rassure.
Vous savez, j'ai franchement l'impression que vous ne lisez pas mes réponses
et que vous vous foutez totalement de ce que je raconte. Soit vous ne comprenez
pas, soit vous n'avez aucun respect pour l'interlocuteur, qui n'est plus qu'un prétexte
réifié pour asséner vous opinions.
Tiens une autre perle. Comme vous ne supportez pas qu'on critique votre
vedette de pacotille, vous commencez à sortir le bazooka. Maintenant, on en
est aux affirmations gratuites genre enchaînement totalement en boucle :
- Vous vous foutez de ce que je dis -> aucun respect pour l'interlocuteur
-> asséner vos opinions.
Avec l'indécrottable soit vous ne comprenez, soit aucun respect, il n'y a
bien sûr aucune autre alternative que j'ai raison et en plus vous assenez.
Que tout cela est drolissime !
Moralisme pur et simple pour vous donner raison sans aucun argument. Comme
disait Proust, on devient moraliste quand on est malheureux. Je pourrais
vous retourner exactement les mêmes compliments en jouant la victime (je
suis incommpriiiis, c'est l'autre le mézant) et de nos jours il est
important de taxer son interlocuteur d'emblée de n'avoir aucun respect pour
l'oooooootttre ! En plus, si vous n'assenez pas vos opinions, on se demande
ce que vous faites. Là, on dirait le 11eme commandement : "Aime Maradona et
ta gueule sinon coup de boule sinon t'es mézant!" Et bien sûr, c'est
l'ooooootre qui assène...
Toute personne un peu sensée a conscience depuis longtemps de ce nihilisme
bobo postmoderne, je vous assure que vous n'êtes pas un prophète en la matière,
ce constat a 30 ans d'âge.
Merci pour Lyotard. Mais ça a pas dû faire tilt chez vous. Sauf que ce
n'est pas ce genre de critique qui fonctionne réellement. C'est l'inverse.
Il suffit de vous lire.
Seulement, ça a pris chez vous de bonnes grosses teintes obsessionnelles, et
j'ai bien peur que ça devienne une mode délirante chez de plus en plus de petits
élitistes bas du plafond qui réciteront les litanies des maîtres à penser, qui vont
se mettre à voir des hiérarchies partout, à se sentir envahis de vilains populaciers
relativistes avec des griffes acérées à tous les coins de rue, à se mettre à comparer
l'incomparable, etc... le traumatisme post-68, sans doute.
C'est pourtant bien ce que vous faites et il suffit de vous lire déjà pour
ne pas supporter une citation (tellement postmoderne !), assez typique.
Admirons Maradona, le génie sans bouillir du ballon rond mais pas de
citations. Restons dans l'éloge !
Mais il faut vous écouter : "L'existence de Maradona ne gêne en rien
l'existence de Philippe Muray dans les archives et les bibliothèques. Je
vous assure qu'il y a de la place pour deux, ce qui contente, et les
admirateurs de l'un, et les admirateurs de l'autre. Heureusement d'ailleurs
qu'il y a de la place pour tout le monde, sinon on aurait passé notre temps
à faire du grand ménage depuis Homère !"
Avec le fantasme de la table rase et de la censure évidemment. Surtout
n'écartons rien avec ce petit truc typique de l'époque : on ne supporte pas
qu'une porte soit fermée. Ouvrons tout et laissons tout ouvert. Y'a de la
place pour tout le monde car tout à sa place. Tout bien séparé, faisons
marcher l'industrie de l'éloge, contentons les admirateurs et surtout pas
de critiques etc. etc. On ne peut pas faire plus postmoderne. Justement.
Mais comment sauver ma petite vedette chérie, mon petit Totem en peluche,
mon objet petit a favori, "mon pouce à sucer que sinon je m'énerve" ?
Evidemment, en faisant croire qu'on a compris sans comprendre et en
accusant les autres d'obsessions... C'est marrant comme procédé non, alors
que jusqu'à maintenant, entre Muray névrosé et malade (genre attaques
personelles, elle est gratinée), là et là ceux qui ont des obsessions
(évidemment des obsessions critiquant la postmodernité... ahahahahah le
hasard), on est loin de la critique adressée à la banalité d'un Maradona...
--
Yannick Rolandeau
"Il n'y a pas de lucidité sans séparation."
Philippe Muray