On Fri, 6 Jun 2008 13:10:45 +0200, "Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:
Si, très beau film, brillante adaptation de la pièce, populaire certes, mais allumé,
toujours juste, souvent poignant. Et les écarts historiques sont totalement assumés,
le but du film n'ayant jamais été d'ordre documentaire.
Forman a raison d'appuyer sur la vulgarité du génie tel qu'il peut nous apparaître,
pour bien montrer la différence fondamentale entre l' "homme" et son oeuvre, qui
est son mystère.
Le film est fort mauvais comme
Et celles où il fait des plaisanteries scatologiques, je les lirai aussi un jour,
je suis sûr qu'annexées aux premières, ça doit être incontournable.
Non, non les lettres où il parle d'élévation. N'oubliez pas en plus que
Mozart était croyant et pour un croyant, l'élévation, c'est important.
Mais qui a dit que le football était un art ? Par contre, vous, vous êtes en train
de dire qu'en dehors de l'art plus rien n'existe et plus rien n'a de valeur, et je trouve
ce propos à la fois archi convenu et platement élitiste, tel qu'on la trouve en
barils chez Finkielkraut & cie, et tous les sous-philosophes postmodernes
qui nous chient à la chaîne des appels angoissés à Shakespeare mais ne seront
jamais foutus d'écrire trois lignes d'Hamlet !
Ah non, Finkielkraut n'est pas postmoderne. Désolé. Ce qui est rigolo,
c'est de voir comment on veut dégrader les personnes. On ne dit pas un
philosophe avec qui on n'est pas d'accord, mais on dit d'abord
sous-philosophes. Intéressant comme volonté de dégradation. Et personne n'a
dit qu'en dehors de l'art, rien n'existe, mais on dit surtout que le
football n'est qu'un sport qu'il n'y a rien de génial dedans. Et que
comparer à ce qu'on peut appeler génial, eh oui, l'art c'est ce que l'homme
peut faire de mieux.
Le football ne véhicule rien et précisément, il n'y a rien à en dire.
Et élitiste ? Fort heureusement car ça veut dire meilleur. Difficile de
faire l'éloge de la médiocrité, ce pourquoi on critique l'élitisme
justement à notre époque, style médiocrité majoritaire comme le dit
Kundera. donc évidemment ça plaît.
C'est une plaisanterie ? Vous n'avez jamais vu d'oeuvres d'art se ressembler
entre elles ? Vous ne savez pas que dans tous les arts et à toutes les époques,
il y a des mégatonnes de pompage, de recyclage, de manque d'originalité, d'artistes
ne s'étant jamais singularisés ? Vous croyez l'Ââaaart un domaine privilégié,
protégé, séraphique ? Mon Dieu, quelle ignorance.
L'art, c'est l'art, ce ne sont pas les copieurs. Désolé. C'est normal
d'ailleurs qu'on s'en prenne à l'Ââaaart alors que le football fait
tellement peuple (on devrait dire people), populaire donc personne n'est au
dessus de la mêlée. Tellement d'époque.
Pour le foot, je n'ai jamais parlé de match mais de joueurs, et Maradona ne
joue comme personne d'autre. Tous comme les génies artistiques se distinguent
totalement. Mais si vous ne voulez pas comprendre que dans *tout* domaine,
on trouvera toujours des copies carbones et des uniques, alors je ne peux rien
pour vous.
Tant mieux car je ne tiens pas à m'en relever d'autant qu'il est facile de
trouver à ce compte-là des génies comme balayeur de rue, génie qui ne
devient alors qu'une technicité, qu'une fonction.
Et non, justement. Un concert de Mozart n'a jamais crée de morts dans une
salle de concert. Et pourquoi ? Et c'est le problème des masses, des masses
festives spontanées que le football crée avec l'effusion lyrique. Il sera
difficile de retirer ce côté gluant au football qui, évidemment, ne
véhicule aucun contenu, seulement des chiasses affectives, aucune
différenciation de contenu, ou vous permettant de vous différencier, de
vous singulariser des autres. Il ne demande qu'une adhésion lyrique,
massive et en groupe, pas de reflexion poétique. Donc pas de sensibilité.
Donc pas de singularité.
Verbiage évaporé coupé de la réalité de la discussion. Et vous êtes comique
avec votre Singularité. Singulier, tout le monde l'est ; ça peut commencer à
l'intonation de votre voix jusqu'à la façon dont vous préparez vos spaghettis.
Ce n'est pas un gage de valeur suffisant.
Pour l'instant, vous vous retrouvez incapable de le réfuter sinon de dire
"Verbiage évaporé coupé de la réalité de la discussion" à la portée de
n'importe qui. Merci bien. Eh oui, là plus aucun argument. Re-Merci.
Toujours pareil. Bordel vous avez du mal... est-ce parce qu'un totalitarisme
vante le sport que le sport vante le totalitarisme ?
Un effort s'il vous plaît.
Il ne le retient nullement sinon on ne fera pas tant de foin avec le sport
et d'ailleurs le sport est fort bien accueilli en Chine pour les dernières
Olympiades de la terreur qui vont pouvoir avaliser publicités, cynisme et
j'en passe.
"Intéressante remarque encore car il y a là une injonction à l'autre, de
lui ordonner de penser par soi-même", c'est-à-dire de penser différement
comme lui pense et vous le dit. Je ne sais pas si vous saisissez l'astuce
d'ordonner à quelqu'un de penser par soi-même tout en lui donnant un
ordre... Très rigolo..."
Pas d'ordre, juste un conseil. Vous faites ce que vous voulez avec - ou de -
votre cervelle, fort heureusement.
Ah non, c'était bien une obligation d'autant qu'en matière de pensée, on se
réfère aux penseurs pour penser car on ne pense pas soi-même, ni par
soi-même car il faut déjà prendre appui sur la pensée des autres pour
penser. Il faudra déchanter.
Mais comment s'étonner que par immaturité et par jeunisme, on commence déjà
par prétendre penser par soi-même et par réfuter de citer et d'ordonner aux
autres de penser comme on a envie qu'ils pensent, c'est-à-dire comme mon
nombril.
Le problème, c'est qu'en employant le mot "football", les seules images qui vous
apparaissent sont celles de stades remplis de tribus de macaques se tapant la
poitrine en voyant des pantins jouer avec une baballe comme des mongols.
A ce niveau, c'est sûr, je perds mon temps et j'use mon clavier.
C'est d'abord juste le fait déjà de cette effusion lyrique et il ne faut
pas s'étonner de voir ensuite des images comme le Heysel, ne serait-ce que
l'agressivité, le nationalisme, la haine, les coups de boule et j'en passe.
Quelle beauté le sport...
C'est parce que vous n'avez qu'une seule définition du génie, une seule entrée
du dictionnaire, celle qui vous convient et conforte vos petits fantasmes.
Un Larousse, ça peut servir parfois.
C'est sûr, il y a le génie sans bouillir aussi, le génie mis à n'importe
quelle sauce, ce qui permet de justifier tout et n'importe quoi.
Mais j'ai pratiqué aussi le handball et c'est aussi un très beau sport, avec
de grands joueurs de très grand talents. Pas de problème. Et je vous saurais
gré, cette fois, de ne pas y mêler Beethoven ou Van Gogh.
Le handball, ce n'est qu'un sport aussi et qui m'a coûté en passant deux
genous par l'exemplaire solidairité et fair-play des joueurs. Le sport en
plus, c'est mauvais pour la santé et exerce l'esprit de rivalité, de haine,
d'agressivité...
Le rire est coincé dans la gorge parce qu'on ressent son banal petit complexe
derrière sa haine. On a plutôt envie de l'envoyez consulter un psychanalyste, à
la rigueur. Après, on pourra rigoler, éventuellement.
C'est marrant, ces gens incapables de porter une critique sinon de renvoyer
les personnes chez les psys, comme s'ils étaient malades. De vrais
hygiénistes. Fort inquiétant.
Ce n'est pas le problème. Disons, globalement, que je ne comprends pas
bien en quoi la petite *opinion* (merci de ne pas parler de philosophie et
encore moins de pensée) de Muray sur le sport est-elle censée avoir
une importance.
Justement, c'est le problème car il est devenu impossible de critiquer
sinon le sport, encore moins ce sport de masse et gluant qu'est le
football, générant masse adipeuse, publicités, déferlement spontanés de
haine et d'agressivité. Sa critique est hautement critique et fort drôle
pour voir les foudres se déclencher immédiatement car il ne suffit pas de
dire petite *opinion* pour croire qu'on a touché juste. Mais c'est sans
doute ce qu'on appelle "penser par soi-même" ou l'art du penser peu.
Parce que les opinions, on s'en branle, et encore plus du fait que Muray ne
puisse gerber le sport !
Il ne fait surtout pas cela.
Comme c'est convenu tout ça ! Non, s'il vous plaît, pas ce genre de réaction
puérile... bobo contre antibobo, populace contre élite, masses contre indépendants,
nihilistes festifs contre penseurs-sauveurs etc...
C'est pourtant exactement cela. Genre d'opinions qui n'existaient pas
auparavant et il a fallu cette tolérance bobo pour voir se répandre tout et
n'importe quoi sous couvert d'expression ou d'expressivité. Car pourquoi le
sport a-t-il pris tant d'importance...
--
Yannick Rolandeau
"Il n'y a pas de lucidité sans séparation."
Philippe Muray