"Yannick Rolandeau" <yrol@yrol.invalid> a écrit dans le message de news: 9ptg4417dre3hg8fupndn4m693qck0jehu@4ax.com...
On Fri, 6 Jun 2008 00:57:10 +0200, "Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:
De quelle "élévation" parlez-vous ? Mettez au moins un mot sur cette
"élévation", j'ai peur de ne pas bien saisir.
Le génie est un embrasement, aucune "élévation" et par pitié pas d'élévation
"morale", "spirituelle" ou "intellectuelle". Vous parlez de Mozart, revoyez
Amadeus si vous n'avez toujours pas compris le film de Forman.
Pas très bon film justement.
Si, très beau film, brillante adaptation de la pièce, populaire certes, mais allumé,
toujours juste, souvent poignant. Et les écarts historiques sont totalement assumés,
le but du film n'ayant jamais été d'ordre documentaire.
Forman a raison d'appuyer sur la vulgarité du génie tel qu'il peut nous apparaître,
pour bien montrer la différence fondamentale entre l' "homme" et son oeuvre, qui
est son mystère.
Revoyez alors les lettres de Mozart quand il
parle de l'élévation de l'âme... A la source c'est quand même mieux.
Et celles où il fait des plaisanteries scatologiques, je les lirai aussi un jour,
je suis sûr qu'annexées aux premières, ça doit être incontournable.
Ou lisezune biographie de Rimbaud ou de quelques autres génies damnés, vous la
sentirez passer votre "élévation" dénuée de sens et de chair.
Je me fous de la biographie des artistes. Je ne couche pas avec eux mais
avec leurs oeuvres. Ben, c'est de l'art et le football n'est pas de l'art.
Mais qui a dit que le football était un art ? Par contre, vous, vous êtes en train
de dire qu'en dehors de l'art plus rien n'existe et plus rien n'a de valeur, et je trouve
ce propos à la fois archi convenu et platement élitiste, tel qu'on la trouve en
barils chez Finkielkraut & cie, et tous les sous-philosophes postmodernes
qui nous chient à la chaîne des appels angoissés à Shakespeare mais ne seront
jamais foutus d'écrire trois lignes d'Hamlet !
Et l'art véhicule des choses particulières par un canal poétique. Il y a un
contenu singularier alors que le football ne véhicule rien.
Oh là là, gribouiller des notes sur du papier à musique, extraordinaire.
Passés les chefs-d'oeuvre, fini en plus. Et ?
Et non justement. Ca reste à travers les siècles et les artistes n'ont pas
besoin de la jeunesse pour créer. Un match de football ressemble tant à un
autre match de foot. Une oeuvre d'art se différencie d'une autre.
C'est une plaisanterie ? Vous n'avez jamais vu d'oeuvres d'art se ressembler
entre elles ? Vous ne savez pas que dans tous les arts et à toutes les époques,
il y a des mégatonnes de pompage, de recyclage, de manque d'originalité, d'artistes
ne s'étant jamais singularisés ? Vous croyez l'Ââaaart un domaine privilégié,
protégé, séraphique ? Mon Dieu, quelle ignorance.
Pour le foot, je n'ai jamais parlé de match mais de joueurs, et Maradona ne
joue comme personne d'autre. Tous comme les génies artistiques se distinguent
totalement. Mais si vous ne voulez pas comprendre que dans *tout* domaine,
on trouvera toujours des copies carbones et des uniques, alors je ne peux rien
pour vous.
Et non, justement. Un concert de Mozart n'a jamais crée de morts dans une
salle de concert. Et pourquoi ? Et c'est le problème des masses, des masses
festives spontanées que le football crée avec l'effusion lyrique. Il sera
difficile de retirer ce côté gluant au football qui, évidemment, ne
véhicule aucun contenu, seulement des chiasses affectives, aucune
différenciation de contenu, ou vous permettant de vous différencier, de
vous singulariser des autres. Il ne demande qu'une adhésion lyrique,
massive et en groupe, pas de reflexion poétique. Donc pas de sensibilité.
Donc pas de singularité.
Verbiage évaporé coupé de la réalité de la discussion. Et vous êtes comique
avec votre Singularité. Singulier, tout le monde l'est ; ça peut commencer à
l'intonation de votre voix jusqu'à la façon dont vous préparez vos spaghettis.
Ce n'est pas un gage de valeur suffisant.
Ah ok, sport = nazisme, je n'avais pas compris. Bientôt les futurs camps de
concentration du totalitarisme néo-darwinien du sport... Alors, écoutez, moi
je préviens Amnesty International et vous vous occupez du reste !
Je n'ai pas dit cela. Relisez. Il est étonnant qu'on s'en prenne à des
oeuvres d'art (en plus qu'à l'intérieur il y a de méchantes critiques) et
que les deux plus gros totalitarismes du XXeme fassent l'éloge du sport et
organisent des messes sportives...
Toujours pareil. Bordel vous avez du mal... est-ce parce qu'un totalitarisme
vante le sport que le sport vante le totalitarisme ?
Un effort s'il vous plaît.
Et c'est drôle ensuite de snipper ce passage :
"Intéressante remarque encore car il y a là une injonction à l'autre, de
lui ordonner de penser par soi-même", c'est-à-dire de penser différement
comme lui pense et vous le dit. Je ne sais pas si vous saisissez l'astuce
d'ordonner à quelqu'un de penser par soi-même tout en lui donnant un
ordre... Très rigolo..."
Pas d'ordre, juste un conseil. Vous faites ce que vous voulez avec - ou de -
votre cervelle, fort heureusement.
Ah oui, mais je ne suis pas concerné. Par contre, savoir prendre ses distances
avec ses idoles, c'est important. "Aucun lucidité sans séparation", c'est votre
idole qui l'a dit, et c'est fort juste. Alors sachez vous en séparer, de temps en
temps, ou du moins éviter de ressortir exactement ses propos et sa phraséologie.
Aimer des auteurs ne veut pas dire idolatrer mais justement prendre acte de
ce qui est dit dans leur lucidité et leur volonte de singularisation. En
plus, on n'est pas dans l'idolatrie genre effusion lyrique comme dans le
football justement.
Le problème, c'est qu'en employant le mot "football", les seules images qui vous
apparaissent sont celles de stades remplis de tribus de macaques se tapant la
poitrine en voyant des pantins jouer avec une baballe comme des mongols.
A ce niveau, c'est sûr, je perds mon temps et j'use mon clavier.
Mais je ne suis pas footbalisé. Je ne suis jamais allé voir un grand match, je n'ai pas
vu un match entier à la télé depuis des années, je ne connais plus rien de l'actualité
footbalistique, et je n'ai plus touché un ballon depuis des lustres.
Ben on dirait pas. Pour mettre un joueur comme un génie. Ce n'est pas rien.
C'est parce que vous n'avez qu'une seule définition du génie, une seule entrée
du dictionnaire, celle qui vous convient et conforte vos petits fantasmes.
Un Larousse, ça peut servir parfois.
Et ce n'est parce qu'on pratique qu'on doit aimer et qu'on doit aduler.
J'ai fait du hand ball et alors ? Pourquoi le handball ne serait pas aduler
par rapport au football ? Ce n'est qu'un sport.
Mais j'ai pratiqué aussi le handball et c'est aussi un très beau sport, avec
de grands joueurs de très grand talents. Pas de problème. Et je vous saurais
gré, cette fois, de ne pas y mêler Beethoven ou Van Gogh.
Peu d'humour, ou de l'humour pas drôle, vite écrasé par une
montagne de stupidité : "Dans mon enfance, si je me souviens bien, le sport c'était
un ensemble de bagarres réservées à des gorilles trisomiques et pétant de santé."
Considération à l'emporte-pièce - plus attristant qu'autre chose - d'un névrosé
de l'univers physique.
C'est très drôle. Car il critique quelque chose de précis.
Le rire est coincé dans la gorge parce qu'on ressent son banal petit complexe
derrière sa haine. On a plutôt envie de l'envoyez consulter un psychanalyste, à
la rigueur. Après, on pourra rigoler, éventuellement.
Autant j'ai toujours aimé sa juste critique cinglante du festif, autant ce recoupement
avec le sport "en soi", fi de son histoire et de l'importance du sport à travers les âges,
me découvre un Muray qui a, lui aussi, oeuvré dans le crétinisme et la généralisation.
Ah oui, il critique le sport, donc forcément il oeuvre dnas le crétinisme
et la généralisation. Forcément. Justement le festif en soi et l'industrie
de l'éloge. On a bien compris qu'on ne doit pas critiquer le sport, et
encore moins le football. Ce n'est pas la première fois...
Ce n'est pas le problème. Disons, globalement, que je ne comprends pas
bien en quoi la petite *opinion* (merci de ne pas parler de philosophie et
encore moins de pensée) de Muray sur le sport est-elle censée avoir
une importance.
Parce que les opinions, on s'en branle, et encore plus du fait que Muray ne
puisse gerber le sport !
L'existence de Maradona ne gêne en rien l'existence de Philippe Muray dans les
archives et les bibliothèques. Je vous assure qu'il y a de la place pour deux, ce
qui contente, et les admirateurs de l'un, et les admirateurs de l'autre.
Heureusement d'ailleurs qu'il y a de la place pour tout le monde, sinon on aurait
passé notre temps à faire du grand ménage depuis Homère !
Ah oui, la tolérance bobo car tout est bien et il y a de la place pour tout
le monde. On est tous frères. Le monde est cool.
Comme c'est convenu tout ça ! Non, s'il vous plaît, pas ce genre de réaction
puérile... bobo contre antibobo, populace contre élite, masses contre indépendants,
nihilistes festifs contre penseurs-sauveurs etc...
Merci de ne pas me pousser dans ces petits enclos, ça ne m'intéresse pas, il y a
déjà largement assez de ploucs dedans !