On Fri, 6 Jun 2008 00:57:10 +0200, "Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:
Vision pauvre, voire fausse, du génie. Vision de petit-bourgeois !
Blabla moraliste.
De quelle "élévation" parlez-vous ? Mettez au moins un mot sur cette
"élévation", j'ai peur de ne pas bien saisir.
Le génie est un embrasement, aucune "élévation" et par pitié pas d'élévation
"morale", "spirituelle" ou "intellectuelle". Vous parlez de Mozart, revoyez
Amadeus si vous n'avez toujours pas compris le film de Forman.
Pas très bon film justement. Revoyez alors les lettres de Mozart quand il
parle de l'élévation de l'âme... A la source c'est quand même mieux.
Ou lisezune biographie de Rimbaud ou de quelques autres génies damnés, vous la
sentirez passer votre "élévation" dénuée de sens et de chair.
Je me fous de la biographie des artistes. Je ne couche pas avec eux mais
avec leurs oeuvres. Ben, c'est de l'art et le football n'est pas de l'art.
Et l'art véhicule des choses particulières par un canal poétique. Il y a un
contenu singularier alors que le football ne véhicule rien.
Oh là là, gribouiller des notes sur du papier à musique, extraordinaire.
Passés les chefs-d'oeuvre, fini en plus. Et ?
Et non justement. Ca reste à travers les siècles et les artistes n'ont pas
besoin de la jeunesse pour créer. Un match de football ressemble tant à un
autre match de foot. Une oeuvre d'art se différencie d'une autre.
Et ce n'est pas parce qu'on aime le foot qu'on est un macaque trisomique.
Vous commencez à saisir.
Allez une autre : ce n'est pas parce qu'une bande de malades mentaux provoque
des morts dans un stade que le football est un sport de dégénérés par nature.
Vous voyez, on peut moduler, obtenir d'autres résultats...
Et non, justement. Un concert de Mozart n'a jamais crée de morts dans une
salle de concert. Et pourquoi ? Et c'est le problème des masses, des masses
festives spontanées que le football crée avec l'effusion lyrique. Il sera
difficile de retirer ce côté gluant au football qui, évidemment, ne
véhicule aucun contenu, seulement des chiasses affectives, aucune
différenciation de contenu, ou vous permettant de vous différencier, de
vous singulariser des autres. Il ne demande qu'une adhésion lyrique,
massive et en groupe, pas de reflexion poétique. Donc pas de sensibilité.
Donc pas de singularité.
Ah ok, sport = nazisme, je n'avais pas compris. Bientôt les futurs camps de
concentration du totalitarisme néo-darwinien du sport... Alors, écoutez, moi
je préviens Amnesty International et vous vous occupez du reste !
Je n'ai pas dit cela. Relisez. Il est étonnant qu'on s'en prenne à des
oeuvres d'art (en plus qu'à l'intérieur il y a de méchantes critiques) et
que les deux plus gros totalitarismes du XXeme fassent l'éloge du sport et
organisent des messes sportives... Etonnant, non ? Comment cela se fait ?
Essayez de faire dans l'éloge de la pureté, de la santé, dans l'hygiénisme
dans l'art, dans le culte du corps, je dis bien l'art, et on en reparle. En
sport, c'est possible et ça passe comme une lettre à la poste.
C'est toujours mieux de se planter en ayant essayé que de faire le perroquet.
Je vous assure que c'est mieux.
Non, ça ne dit rien du contenu justement.
Et c'est drôle ensuite de snipper ce passage :
"Intéressante remarque encore car il y a là une injonction à l'autre, de
lui ordonner de penser par soi-même", c'est-à-dire de penser différement
comme lui pense et vous le dit. Je ne sais pas si vous saisissez l'astuce
d'ordonner à quelqu'un de penser par soi-même tout en lui donnant un
ordre... Très rigolo..."
Ah oui, mais je ne suis pas concerné. Par contre, savoir prendre ses distances
avec ses idoles, c'est important. "Aucun lucidité sans séparation", c'est votre
idole qui l'a dit, et c'est fort juste. Alors sachez vous en séparer, de temps en
temps, ou du moins éviter de ressortir exactement ses propos et sa phraséologie.
Aimer des auteurs ne veut pas dire idolatrer mais justement prendre acte de
ce qui est dit dans leur lucidité et leur volonte de singularisation. En
plus, on n'est pas dans l'idolatrie genre effusion lyrique comme dans le
football justement.
Mais je ne suis pas footbalisé. Je ne suis jamais allé voir un grand match, je n'ai pas
vu un match entier à la télé depuis des années, je ne connais plus rien de l'actualité
footbalistique, et je n'ai plus touché un ballon depuis des lustres.
Ben on dirait pas. Pour mettre un joueur comme un génie. Ce n'est pas rien.
Seulement, j'aime bien quand on évite de raconter n'importe quoi sur des chose
que l'on ne connaît pas, simplement parce qu'on en a un mépris naturel, on qu'on
a vu ceci ou cela dans 1 ou 2 magazines people ou au 20h de TF1, ou après avoir
lu tel "penseur" n'ayant pas digéré ses ingratitudes sportives.
Il n'y a pas besoin de _connaître_ le football ou même en faire car il n'y
a déjà pas de _connaissance_ du football. encore moins une connaissance
dedans. Il suffit de remettre le football à sa place, du sport. Je peux
même confesser que j'en ai suffisamment fait quand j'étais au lycée pour
m'en éloigner le plus loin possible aujourd'hui. Mais on ressort l'argument
massu : tu ne connais pas donc peux pas critiquer et comme je suis sûr que
tu ne connais pas, je peux ressortir la rhétorique du caoutchouc mou...
J'ai pratiqué ce sport sur le terrain pendant 8 ans, avec passion. Et c'est un
sport passionnant, subtil, extrêmement varié, et des Maradona, des Pelé, sont des
génies insurpassés dans ce domaine. Je respecte le talent quel qu'il soit, où qu'il
soit, dans quel domaine qu'il soit. Et les affamés de hiérarchie, j'attends qu'ils me
montrent, eux, leur talent, mais on a souvent du mal à les trouver...
Et ce n'est parce qu'on pratique qu'on doit aimer et qu'on doit aduler.
J'ai fait du hand ball et alors ? Pourquoi le handball ne serait pas aduler
par rapport au football ? Ce n'est qu'un sport.
Merci, je sais lire.
Ca ne suffit pas.
Peu d'humour, ou de l'humour pas drôle, vite écrasé par une
montagne de stupidité : "Dans mon enfance, si je me souviens bien, le sport c'était
un ensemble de bagarres réservées à des gorilles trisomiques et pétant de santé."
Considération à l'emporte-pièce - plus attristant qu'autre chose - d'un névrosé
de l'univers physique.
C'est très drôle. Car il critique quelque chose de précis.
Autant j'ai toujours aimé sa juste critique cinglante du festif, autant ce recoupement
avec le sport "en soi", fi de son histoire et de l'importance du sport à travers les âges,
me découvre un Muray qui a, lui aussi, oeuvré dans le crétinisme et la généralisation.
Ah oui, il critique le sport, donc forcément il oeuvre dnas le crétinisme
et la généralisation. Forcément. Justement le festif en soi et l'industrie
de l'éloge. On a bien compris qu'on ne doit pas critiquer le sport, et
encore moins le football. Ce n'est pas la première fois...
L'existence de Maradona ne gêne en rien l'existence de Philippe Muray dans les
archives et les bibliothèques. Je vous assure qu'il y a de la place pour deux, ce
qui contente, et les admirateurs de l'un, et les admirateurs de l'autre.
Heureusement d'ailleurs qu'il y a de la place pour tout le monde, sinon on aurait
passé notre temps à faire du grand ménage depuis Homère !
Ah oui, la tolérance bobo car tout est bien et il y a de la place pour tout
le monde. On est tous frères. Le monde est cool. Hélas, il y a des
priorités et que le football ne reste qu'un sport banal car il n'y a aucun
génie dedans. Justement relisez la cohérence de Muray dans ce qu'il a
écrit. Il ne dit pas cela par hasard.
--
Yannick Rolandeau
"Il n'y a pas de lucidité sans séparation."
Philippe Muray