"Yannick Rolandeau" <yrol@yrol.invalid> a écrit dans le message de news: er9g44t5vrds3oefnnr96ggh68vj36g6jp@4ax.com...
On Thu, 5 Jun 2008 00:37:29 +0200, "Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:
Je ne pensais pas devoir préciser qu'il y a des expressions qu'on ne prend
pas au premier degré. Alors voilà, je dois vous informer : aucun humain n'est
un Dieu, pas plus qu'un géant. Ni Mozart, ni le Christ, ni Maradona. Par contre,
chacun son génie. Et Maradona en fut un, même si ça vous emmerde qu'il y ait
des génies dans le sport.
Même pas car il n'y en a pas. Le génie déjà est rare et suppose une haute
élévation. Maradona... Hum... Ras de la moquette l'élévation. Ras du gazon
plutôt.
Vision pauvre, voire fausse, du génie. Vision de petit-bourgeois !
De quelle "élévation" parlez-vous ? Mettez au moins un mot sur cette
"élévation", j'ai peur de ne pas bien saisir.
Le génie est un embrasement, aucune "élévation" et par pitié pas d'élévation
"morale", "spirituelle" ou "intellectuelle". Vous parlez de Mozart, revoyez
Amadeus si vous n'avez toujours pas compris le film de Forman. Ou lisez
une biographie de Rimbaud ou de quelques autres génies damnés, vous la
sentirez passer votre "élévation" dénuée de sens et de chair.
Savoir marquer des buts martiens, traverser des terrains entiers, distribuer et
comprendre le jeu en un coup d'oeil, influencer ou décider du cours d'un match
à soi tout seul ; tout cela n'est pas accessible au premier venu. Encore faut-il
savoir ce qu'est le sport dont on parle... savoir par exemple que le football
ne se limite à jouer avec une baballe.
Oh là là quel effort... C'est sûr avoir du souffle et être en bonne santé
et simplement une bonne adresse. Passé la jeunesse, fini en plus. Et ?
Oh là là, gribouiller des notes sur du papier à musique, extraordinaire.
Passés les chefs-d'oeuvre, fini en plus. Et ?
Grossière erreur. Par exemple, la grandeur de la culture germanique a largement
contribué à faire naître un prodigieux orgueil refoulé dans quelques âmes mal
intentionnées au lendemain de la première guerre mondiale, ce qui sera un élément
non négligeable dans la naissance du nazisme. Beaucoup de SS étaient très cultivés,
et beaucoup aimaient Mozart. Et je ne parle même pas de Wagner.
Mais ce n'est pas parce qu'on aime Mozart qu'on devient nazi.
Et ce n'est pas parce qu'on aime le foot qu'on est un macaque trisomique.
Vous commencez à saisir.
Allez une autre : ce n'est pas parce qu'une bande de malades mentaux provoque
des morts dans un stade que le football est un sport de dégénérés par nature.
Vous voyez, on peut moduler, obtenir d'autres résultats...
Et aucun supporter de foot n'a jamais construit de camps de concentration.
Par contre, les grandes messes sportives organisées par les nazis et les
staliniens devraient vous faire réfléchir quand de l'autre, on brûlait les
livres gênants. Car le problème de l'art est qu'il gêne. Pas le sport avec
son culte du corps, de la santé, de la purification et de la pureté.
Ah ok, sport = nazisme, je n'avais pas compris. Bientôt les futurs camps de
concentration du totalitarisme néo-darwinien du sport... Alors, écoutez, moi
je préviens Amnesty International et vous vous occupez du reste !
Vous devriez songer à vous "démurayser" de temps en temps, ça fait du bien
parfois de penser par soi-même.
Oh la belle perle... "Moi je pense par moi-même car moi-même par moi-même,
c'est forcément super."
C'est toujours mieux de se planter en ayant essayé que de faire le perroquet.
Je vous assure que c'est mieux.
Or, vous devriez savoir, même en psychologie, qu'on ne pense pas par
soi-même car d'abord, on se croit non seulement Dieu mais qu'on a une
prétention à s'autofonder. Ce qui est plus grave.
Ah oui, mais je ne suis pas concerné. Par contre, savoir prendre ses distances
avec ses idoles, c'est important. "Aucun lucidité sans séparation", c'est votre
idole qui l'a dit, et c'est fort juste. Alors sachez vous en séparer, de temps en
temps, ou du moins éviter de ressortir exactement ses propos et sa phraséologie.
Et on ne pense pas par soi-même car on a en nous que les autres. Et il vous
faudra faire avec. Alors...
Pourquoi "démurayser" car on vous renverrait à vous défootballiser dans le
même sens. Désolé, je ne vous ai jamais demandé de vous défootballiser. Je
dis simplement que le foot...
Mais je ne suis pas footbalisé. Je ne suis jamais allé voir un grand match, je n'ai pas
vu un match entier à la télé depuis des années, je ne connais plus rien de l'actualité
footbalistique, et je n'ai plus touché un ballon depuis des lustres.
Seulement, j'aime bien quand on évite de raconter n'importe quoi sur des chose
que l'on ne connaît pas, simplement parce qu'on en a un mépris naturel, on qu'on
a vu ceci ou cela dans 1 ou 2 magazines people ou au 20h de TF1, ou après avoir
lu tel "penseur" n'ayant pas digéré ses ingratitudes sportives.
J'ai pratiqué ce sport sur le terrain pendant 8 ans, avec passion. Et c'est un
sport passionnant, subtil, extrêmement varié, et des Maradona, des Pelé, sont des
génies insurpassés dans ce domaine. Je respecte le talent quel qu'il soit, où qu'il
soit, dans quel domaine qu'il soit. Et les affamés de hiérarchie, j'attends qu'ils me
montrent, eux, leur talent, mais on a souvent du mal à les trouver...
Mais il n'y pas que ça... ne mâchons pas les mots : ce texte est d'une prodigieuse
débilité. Aucune nuance, aucune différence même entre les sports eux-même
qui sont très différents, aucune différence entre la crétinerie du muscle et
de la performance et la noblesse, la subtilité de certains sports. Ce cher Philippe
redescend dans mon estime. C'est con, je l'estimais beaucoup.
Ah contraire, il critique bien un processus et avec un grand art et avec un
grand humour. Ben, c'est que vous n'avez pas du comprendre grand chose à ce
qu'il dit.
Merci, je sais lire. Peu d'humour, ou de l'humour pas drôle, vite écrasé par une
montagne de stupidité : "Dans mon enfance, si je me souviens bien, le sport c'était
un ensemble de bagarres réservées à des gorilles trisomiques et pétant de santé."
Considération à l'emporte-pièce - plus attristant qu'autre chose - d'un névrosé
de l'univers physique.
Autant j'ai toujours aimé sa juste critique cinglante du festif, autant ce recoupement
avec le sport "en soi", fi de son histoire et de l'importance du sport à travers les âges,
me découvre un Muray qui a, lui aussi, oeuvré dans le crétinisme et la généralisation.
On a bien plus besoin d'un Muray, d'un penseur de cet ordre que
d'un Maradona.
L'existence de Maradona ne gêne en rien l'existence de Philippe Muray dans les
archives et les bibliothèques. Je vous assure qu'il y a de la place pour deux, ce
qui contente, et les admirateurs de l'un, et les admirateurs de l'autre.
Heureusement d'ailleurs qu'il y a de la place pour tout le monde, sinon on aurait
passé notre temps à faire du grand ménage depuis Homère !