"Yannick Rolandeau" <yrol@yrol.invalid> a écrit dans le message de news: n1id441b9vnq607so6puacq1e703j9k1hf@4ax.com...
Il faut considérer le processus. D'abord du football. Bon, c'est simplement
un sport. Pas de quoi fouetter un chat. De là à élever ce sport banal au
rang de délire festif, il y a là un problème. Ce n'est qu'un sport et
heureusement qu'on a échappé aux Jeux olympiques. Et donc Maradona n'est
nullement un Dieu, un géant, c'est juste un joueur de football.
Je ne pensais pas devoir préciser qu'il y a des expressions qu'on ne prend
pas au premier degré. Alors voilà, je dois vous informer : aucun humain n'est
un Dieu, pas plus qu'un géant. Ni Mozart, ni le Christ, ni Maradona. Par contre,
chacun son génie. Et Maradona en fut un, même si ça vous emmerde qu'il y ait
des génies dans le sport.
Savoir marquer des buts martiens, traverser des terrains entiers, distribuer et
comprendre le jeu en un coup d'oeil, influencer ou décider du cours d'un match
à soi tout seul ; tout cela n'est pas accessible au premier venu. Encore faut-il
savoir ce qu'est le sport dont on parle... savoir par exemple que le football
ne se limite à jouer avec une baballe.
Cependant, le sport n'a jamais fait chier à ce point autant de personnes
auparavant outre qu'il était à sa place comme simple compétition. Dans ce
cas, ça me va. Et quand un sport peut générer autant de foule, et de la
baigner dans une extase émotive et lyrique absolument gluante, ça pose déjà
le problème du sport et de son rapport intime avec la masse. Et là, c'est
moins drôle pour ce genre de sport. Comme Dieu est-ce possible que ça
engendre cela ? Vous aurez du mal à faire provoquer des centaines de mort
dans un stade à l'égal de l'écoute d'un concerto de Mozart. On se demande
qui suit et qui ne suit pas.
Grossière erreur. Par exemple, la grandeur de la culture germanique a largement
contribué à faire naître un prodigieux orgueil refoulé dans quelques âmes mal
intentionnées au lendemain de la première guerre mondiale, ce qui sera un élément
non négligeable dans la naissance du nazisme. Beaucoup de SS étaient très cultivés,
et beaucoup aimaient Mozart. Et je ne parle même pas de Wagner.
A ma connaissance, aucun fascisme n'est jamais né d'une défaite sportive.
Et aucun supporter de foot n'a jamais construit de camps de concentration.
Et voilà, la messe est dite. Mozart par ci, Mozart par là... référentiel universel,
le pauvre Wolfgang - multicité, peu écouté - plonge malgré lui les siècles des
siècles dans des ténèbres de médiocrité et d'insignifiance.
Ben oui Mozart... Tout de suite Maradona et sa baballe peut aller se
rhabiller. Surtout quand dans le top Ten, bible de la bêtise ambulante, un
joueur de football remplace un homme de culture,
Je n'ai jamais dit ça. Vous avez un art consommé de la comparaison de l'incomparable...
il y a vraiment un
problème niveau cerveau. C'est sûr, s'extasier devant Maradona, c'est pas
dur...
Allez pour vous faire plaisir un texte Muray sur le sport : Les olympiades
de la terreur
http://yrol.free.fr/LITTERA/Muray/muray2.htm
Vous devriez songer à vous "démurayser" de temps en temps, ça fait du bien
parfois de penser par soi-même. Je ne savais pas d'ailleurs qu'il avait écrit de
telles conneries, et avait *lui-aussi* adhéré à l'amalgame du sport et de la
masse décérébrée, *lui-aussi* confondu le déclin du sport et le sport lui-même.
Mais il n'y pas que ça... ne mâchons pas les mots : ce texte est d'une prodigieuse
débilité. Aucune nuance, aucune différence même entre les sports eux-même
qui sont très différents, aucune différence entre la crétinerie du muscle et
de la performance et la noblesse, la subtilité de certains sports. Ce cher Philippe
redescend dans mon estime. C'est con, je l'estimais beaucoup.