"Johannes Baagoe" <baagoe@baagoe.org> a écrit dans le message de news: pan.2008.09.04.08.39.18@baagoe.org...
Johannes Baagoe :
À vue de nez, c'est [la logique classique] qui est appliquée
par les tribunaux quand il s'agit de déduire une décision des
lois, mais je ne vois pas immédiatement de cas où ça ferait
une différence si l'on appliquait, disons, une logique de Heyting
ou d'Asenjo.
Nabztag/tag. Aussi futé qu'un âne a liste. :
Le doute profite à l'accusé.
Un juré donnent son intime conviction.
La justice ne se réduit pas au pénal, et encore moins aux assises.
Selon quels principes va-t-on décider le sort du petit Mohamed trouvé
seul à Marseille et qui fit les gros titres en août, à présent
qu'un test ADN a montré que l'Algérienne résidant légalement en
France qui se prétendait sa mère ne l'est pas ?
le test ADN montre qu'elle n'est pas sa génitrice.
Je parle de choses concrètes, de décisions pouvant faire le malheur
des gens sinon leur bonheur, et qui, au-delà, engagent notre avenir en
le tournant vers un but plutôt qu'un autre.
Parfois, le parent et le géniteur sont deux personnes différentes.
La science avec sa froide rigueur peut définir avec précision et affirmer avec certitude qui est géniteur ; mais qui sont, ou ce que sont les parents, reste une question humaine dont la complexité affective lui échappe.
Le jugement de Salomon nous montre deux femmes se disputant la maternité d'un enfant, pour les départager, il ordonne de couper l'enfant en deux et de donner une moitié à chacune, une des femmes horrifiée renonce à l'enfant et accepte que l'autre le garde, Salomon décide alors que celle qui a renoncé à le posséder, pour lui laisser la vie, est la mère.
Renoncer à posséder l'enfant pour qu'il vive, ne serait-ce pas là le premier critère pour être un parent « acceptable » ?
Aujourd'hui, un test génétique déciderait « scientifiquement » laquelle est la « vraie mère », qu'elle ait ou non de l'amour pour cet enfant. Le caractère scientifique de cette attribution crée une sorte de « possessivité scientifique ».
Imaginez, des parents, à qui une analyse génétique viendrait révéler les vrais géniteurs, suite à une erreur d'attribution de bébé ou à l'intervention d'un amant soupçonné. De telles révélations sont destructrices du lien affectif, non pas qu'il faille préserver un secret, mais parce cette possessivité scientifique est mise en compétition avec le don d'amour qui préside à la construction affective de l'enfant.
Bien sûr, ce qu'on appelle « le lien du sang » a culturellement, son importance, il révèle une filiation, comme celle du Christ qui n'a pas pour géniteur Joseph, mais dont la filiation, porteuse de sens, de David à son père, est pourtant longuement décrite par l'évangéliste Mathieu.
Lorsqu'un enfant abandonné et adopté cherche ses géniteurs, il cherche à comprendre la séquence d'évènements qui sont à l'origine de son destin, ce qui est arrivé à ces deux êtres qui, par une étreinte, sont à son origine, pour qu'ils aient renoncé à être ses parents, il cherche ainsi à trouver comment se réconcilier avec son passé, à se l'approprier, il ne cherche pas l'origine de ses gènes. Lorsqu'un enfant n'est pas possédé par ses géniteurs, mais est aimé et respecté par ses parents, comme le fut l'enfant de Joseph et Marie, il est libre et peut librement assumer son destin