Re: Immigration et quotas -- De l’imposture à la pal inodie
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Date: 08. Jul 2008, 19:52:46
"Taureau Assis" <taureau@a6.cc> a écrit dans le message de news: g4vsl4$qbt$2@aioe.org...
Dans Présent :
Le rejet des quotas d’immigration par la commission Mazeaud – composée de parlementaires, de juristes, de démographes et d‘économistes – porte, selon la plupart des observateurs politiques, « un coup sévère » au dispositif souhaité par Nicolas Sarkozy. Ce dispositif relevait déjà de l’imposture et du trompe-l‘œil. Le voici maintenant qui tourne à la palinodie. Peu importe d’ailleurs à Nicolas Sarkozy. L’essentiel pour lui étant d’occuper les médias et de faire accroire à son électorat le plus à droite qu’il tente « d’endiguer » l’immigration. Dans cette perspective, façon farces et attrapes, les protestations des partis et organisations de gauche ou le désaveu de la commission Mazeaud servent pareillement l’objectif fourbe et artificieux du président de la République.
« Des quotas migratoires contraignants seraient irréalisables ou sans intérêt », écrivent notamment les membres de cette commission (voir Présent d’hier). Une commission dont Nicolas Sarkozy a confié la présidence à Pierre Mazeaud, farouche adversaire de la droite nationale (il fut l’un des hommes politiques les plus acharnés à combattre le Front national). Ses idées parfaitement droit-de-l’hommistes sur l’immigration sont affichées depuis longtemps. C’est donc en toute connaissance de cause que le président de la République l’a chargé de présider cette commission destinée à étudier « le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d’immigration ».
L’idée même des quotas se trouve balayée d’un revers de manche par les membres de la commission : « Il est impossible de fixer des plafonds d’entrée en France pour les étrangers » débarquant chez nous « au titre du regroupement familial ou de l’asile ». Seule l’immigration de travail serait susceptible d‘être contingentée. Mais avec ce corollaire apocalyptique : « Pour atteindre l’objectif d’une immigration 50% économique, il n’y aurait d’autre hypothèse que de décupler les arrivées. » On n’ouvre plus seulement les frontières. On incite les flots d’immigrés à venir se déverser chez nous…
Il y aurait pourtant une façon toute simple de contrôler le regroupement familial : c’est d’y mettre fin une bonne fois pour toutes. Par exemple en accueillant chez nous les seuls travailleurs dont notre économie a réellement besoin, pour un temps limité. Des contrats portant sur deux ou trois ans, renouvelables si nécessaire, et aux termes desquels les travailleurs étrangers retourneraient chez eux, rejoindre leurs familles ou en fonder une. Cela instaurerait une sorte de noria, profitable aux étrangers qui veulent réellement travailler, et sans mettre en cause les identités nationales des pays concernés.
Hors du cadre européen, point de salut
Les quotas, tout le monde le savait bien, à commencer par leurs promoteurs, relèvent de l’effet d’annonce et de la gesticulation stérile. Pas besoin de réunir des parlementaires, des juristes, des démographes, des économistes et un ancien président du Conseil constitutionnel à l’humeur de pitbull pour s’apercevoir que ceux-ci, tels qu’ils sont formulés et axés autour du thème purement électoraliste de « l’immigration choisie », étaient « inefficaces », « irréalisables ou sans intérêt ».
La conclusion de tout cela ? « Il est impossible aujourd’hui d’imprimer de profonds fléchissements de la politique d’immigration hors du cadre européen. » Et d’ailleurs la commission Mazeaud (il serait tentant d‘écrire la commission maso) adresse « une sorte de satisfecit au gouvernement » en invitant ce dernier à poursuivre dans la voie des « accords de gestion concertée de l’immigration ».
A noter que l’Espagne se déclare « très satisfaite de sa contribution » au projet de pacte pour l’immigration élaboré par la présidence française de l’UE, « pour permettre à l’Union européenne d’endiguer les flux de migrants non choisis ». Les autorités socialistes espagnoles se félicitent : « Il est important que le projet reprenne des éléments du modèle que nous avons défendu en Espagne. » Et avec quel succès ! Les socialistes espagnols ont effectivement imposé à la présidence française de l’UE la suppression de plusieurs points qu’ils contestaient, notamment le contrat d’intégration et ses obligations faites aux candidats à l’immigration. Et surtout, le renoncement à ce qui aurait pu être un des rares points positifs de ce « pacte » fallacieux : l’interdiction des régularisations massives. Et pour cause : les socialistes espagnols se préparent à récidiver.
Pour que la farce soit complète, alors que le ministre Brice Hortefeux présentait son « pacte », ou ce qu’il en reste, à ses homologues européens, Pierre Mazeaud s’insurgeait, par le biais d’un communiqué, contre la divulgation de son rapport en précisant qu’il n‘était « pas terminé ». Désaveu, rétractation, revirement, volte-face… Nous avons droit, dans cette affaire de faux-semblants, à toute la gamme de la palinodie.
Sarko la provoc (suite)
Franck Delétraz évoquait hier dans Présent les propos de Nicolas Sarkozy, affirmant samedi, lors du conseil national de l’UMP : « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit. » Et de se féliciter de ce que la France soit « en train de changer ». Des déclarations qui continuent à provoquer de vives réactions. « La grève est indolore dans les transports publics… surtout pour ceux qui ne les prennent pas », a ainsi ironisé le président de la Fédération des usagers des transports publics (FUT-SP) Jean-Claude Delarue. Et ce dernier de rappeler qu’une grève des conducteurs de la RATP a provoqué, il y a huit jours, une énorme pagaille en région parisienne, révélant les limites de la loi dite de « service minimum ». Mais, comme le relevait hier Franck Delétraz, « le président de la République n’emprunte jamais les transports en commun ». Il ne risque donc pas d‘être trop gêné par les grèves. Usagers et responsables syndicaux soulignent néanmoins le risque que les propos du chef de l’Etat « n’incitent précisément à faire grève ». C’est ce que souhaite précisément la pétroleuse Dominique Voynet, pour qui « la plus belle réponse serait d’organiser une belle journée de manifestations unitaires à la rentrée ». Et de faire ainsi souffrir les usagers à l’initiative des Verts.
Cela dit, il est vrai qu’il y a ces dernières années « globalement moins de grèves en France » que par le passé. « Il y a depuis plusieurs années une tendance longue à la diminution du nombre de conflits, en France comme ailleurs », explique un sociologue. Mais la responsabilité de cette décrue incombe bien plus au contexte économique difficile qu’aux mesures prises par les hommes politiques. Une fois de plus, dans ce domaine comme dans tant d’autres, Nicolas Sarkozy joue la récup’.
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| 01.01. | | | |
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