On 2 juin, 06:35, Bien a vous <bien.a.v...@orange.fr> wrote:
Laurent vilday <mok...@mokhet.com> wrote in news:48430847$0$19724
$426a7...@news.free.fr:
Bien a vous a écrit :
Tiens, voilà un beau sujet que j'aurais aimé voir traité ici, si fsh
n'étais pas mort.
Qu'aurais-je fait pendant l'occupation ?
Tu te trompes de forum, on est pas sur fsh (fr.soc.histoire)
Certes Laurent, mais homosexualité et histoire peuvent avoir leur place sur
fsh (fr.soc.homosexualite). Je suis curieux de savoir ce qu'a été
l'homosexualité pendant l'occupation et je m'étonne, à vrai dire, de
n'avoir pas trouver d'étude sur cette question, (je ne parle pas de la
déportation des homosexuels, c'est une autre question, très peu traitée
elle aussi, mais quand même évoquée par les historiens). Non, ce qui
m'intéresse c'est la vie affective et sexuelle des homosexuels pendant
cette période pour ceux, tout du moins, qui ont pu en avoir une.
--
Marc
En fait, seule une élite homosexuelle pouvait vivre son homosexualité.
Le sujet commence à être traité. Ainsi, l'Express s'est fait l'écho
d'un livre qui aborde le thème de l'érotisme véhiculé par les troupes
allemandes (« 1940-1945, années érotiques. Vichy ou les infortunes de
la vertu » - Patrick Buisson). Il y est question des homosexuels mais
pas uniquement. En tout cas, il ressort de l'article que j'ai lu que
les élites homosexuelles ont souvent été fascinées par les allemands,
par la jeunesse éclatante des soldats, par l'idéologie virile du
nazisme.
Je pense notamment à Benoist-Méchin, (je cite l'Express) : « ce qu'il
aime par dessus tout dans l'Allemagne national-socialiste, ce sont les
allemands, la force et la jeunesse divinisées, les corps glorieux de
ces garçons si semblables aux jeunes prostitués qu'il aimait à
fréquenter Unter den Linden, quelques années auparavant. Son Allemagne
est le pays du nazisme comme phénomène érotique de masse, corrupteur
et envoûtant, ténébreux et indépassable, renouvelant la poésie
spartiate avec le lyrisme charnel de ces phalanges blondes et
musculeuses, le déploiement de ces fastes d'énergie à la lueur des
flambeaux qui font scintiller les cuirs noirs ou fauves et l'acier des
poignards. »
Je pense à Jean Genet, qui vécu avec Erik jusqu'à ce qu'il soit tué...
L'Express encore : « Le preux fedgrau fut tué sur le front russe, mais
Genet bandait encore quand il le fit revivre à travers la caricature
monstrueuse et délirante d'Erik Seiler, le héros de « Pompes funèbres
», « mollets de fer » et « lourdes bourses », auquel le narrateur
n'eut aucun mal à s'identifier, tant il avait vécu ces années là en
immersion dans un « cortège de guerriers casqués, poudrés, fleuris,
embaumés, rieurs ou sévères, nus ou bardés de cuir, de fer [--]
porteurs d'oriflammes rouges signées de noir » »
Oui, je m'intéresse à cette période parce que je suis persuadé qu'en
situation j'aurais mangé de ce pain là. Au moins pendant un certain
temps...
Je pense à Jean Genet, toujours, « qui s'identifiait crânement à «
l'increvable solitude » des miliciens, « maudits comme des reptiles »,
plus réprouvés que les filles et les voleurs, plus parias que les
pédérastes eux-mêmes. »
Je comprends cela encore-- mieux, je le vibre, moi qui m'émeus si
facilement pour tous les parias de la terre, eux qui prennent bien
souvent les visage de peuples de garçons, pourchassés, démunis, jeunes
et beaux (forcément !).
Oui, tout cela m'intéresse bigrement et j'ai hâte que les historiens
parle de cette période ou les choses, dans le chaos du monde, se
retrouvaient brusquement mises à nu.
J'attends qu'ils parlent de cela.
J'attends qu'ils parlent de moi.
--
Marc