cello a écrit :
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p.68 / Les femmes, les hommes, l'alcool De Jean Maisondieu éd. Payot
L alcoolisme : vrai drame, mais fausse maladie ch. 2
Extrait
À la différence de l'ivrogne, l'alcoolique n'est pas chassé de la société. Ce n'est plus un soiffard, c'est quelqu'un qui ne tient pas l'alcool et qui ne tient pas devant l'alcool, à la différence des buveurs « normaux ». D'une certaine façon, c'est un handicapé. Il ne peut pas « boire comme e tout le monde ». Sa faiblesse est moins faiblesse d'âme que faiblesse devant l'alcool. À ce titre, elle lui vaut une certaine mansuétude de la part des buveurs « normaux » qu'elle rassure sur leur force devant l'alcool. Eux, ne sont pas comme lui : ils se tiennent bien et ils tiennent bien l'alcool.
L'ivrogne était un moins-que-rien, l'alcoolique est un faire-valoir. On ne peut certes pas dire que le buveur excessif a acquis des lettres de noblesse avec cette promotion. Mais, même si elle le confine le plus souvent au bas de l'échelle sociale, sa réintégration comme malade parmi les bien portants n'a été possible que parce que nous avons voulu garder l'alcool à la disposition de la collectivité pour un usage généralisé.
L'enfermement des conduites d'alcoolisation excessive dans le champ de la médecine permet d'instituer une toxicomanie nationale licite sous couvert de quelques (nombreux) déviants chargés de permettre aux autres de se sentir normaux quand ils boivent trop, mais pas trop trop, juste assez pour se sentir bien et sans même savoir qu'ils se droguent.
Formidable erreur ! Pour la faire cesser, il faut démontrer que si l'alcoolisme est un vrai malheur, il est aussi une maladie chimérique construite de bric et de broc. C'est important, car cette construction chimérique a plus d'effets pathogènes qu'elle n'apporte d'aide aux buveurs excessifs.
Je suis pas d'accord du tout avec vous, l'alcoolisme est une véritable maladie, on ne devient pas alcoolique comme ça! Des circonstances ont souvent pousser des gens normaux à sombrer dans l'alcoolisme, seul les
plus courageux veulent et peuvent s'en sortir!
Pour vous prouver que c'est bien une maladie, si vous êtes convoqué à
un controleur médical de la sécu, qu'il vous demande qu'elle sont vos problèmes et que vous lui répondez que vous étiez alcoolique en cours de traitement, il vous dira, continuez votre traitement,lorsque vous vous sentirez assez fort pour reprendre le travail, voyez avec votre médecin traitant, je ne vous reconvoquerais plus!
A ceux qui ont peur de dire qu'ils étaient alcoolique, n'ayez crainte, c'est un honneur pour vous d'avoir su vous sortir de cette merde, cette conclusion s'adresse aussi aux drogués repentis!