On Thu, 15 May 2008 06:08:05 +0200, "Yoki" <yokinospamtori@hotmail.com>
wrote:
L'esthétique était sommaire mais pas plus vilaine finalement que celle de
South Park. Question de goûts. Ca ne change rien à mon observation : ni
Goldorak ni la plupart des autres "japanimations" (Candy, Albator, Lady
Oscar,...) n'étaient des trucs "légers", à ranger dans cette culture ado du
fun et du cool permanent, qui va des cartoons à l'esprit Laurent Ruquier.
Ah bah, donc on apprend que l'esthétique était sommaire. Merci, donc,
c'était mauvais. Je suis d'accord. Le reste, c'était franchement niais mais
South Park, c'est assez méchant tout de même en regard. En voici deux fort
peu politiquement correct sur le camp de tolérance, enfin un car le premier
que j'avais vu sur Daily Motion a été retiré :
http://fr.youtube.com/watch?v=PqMlznb0F6M
D'ailleurs, c'est même franchement... et ça devrait même vous plaire.
Les deux défunts :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/South+Park+tolerance/video/x1munm_south-park-le-camp-tolerance-part1_fun
http://www.dailymotion.com/video/x1mvoq_south-park-le-camp-tolerance-part2
Jetez donc un oeil à Galaxy Express 999. Dans ces vieux dessins animés, il y
était au contraire souvent question de guerres, d'exil et d'occupation,
d'honneur, de vertu, de sacrifices,... et il n'était pas rare que des
personnages se fassent carrément tuer. On est loin de l'ère du vide, non ?
Et on comprend aisément les raisons de l'hostilité d'une Ségolène Royal
devant ce déferlement de violence, de virilité et de compétition (la vision
de la société qui s'en dégage est clairement celle du "strict father
model" - et non de la "nurturing mother" de la culture de gauche - pour
reprendre les concepts de la théorie des cadres de George Lakoff). Bref,
aucune raison a priori de craindre un rejet de la réalité du monde des
adultes...
Tout cela me paraît tellement laid que déjà ça me donne vite la nausée.
J'en ai déjà trop longuement parlé ici, en voyant justement plusieurs films
et en les critiquant longuement, scènes à l'appui. Mais ce n'est pas parce
qu'on parle honneur, vertu etc. que c'est forcément bien, encore plus quand
c'est violent etc. iIl y a de quoi fortement s'inquiéter de la progressive
déréalisation de la représentation de la violence au cinéma ou ailleurs.
Vous avez surtout fait allusion aux Disney. Un Bruno Bettelheim a dit des
trucs pas trop mal sur les contes de fée.
Les contes de fées, ce n'est pas Disney.
1/ De une, quel est donc cette étrange rapprochement entre libéralisme et
"égoïsme de base" !?
Relisez Adam Smith. Et que reprendront Hayek, Milton Friedman, et les
théoriciens de l'ultra-libéralisme.
Comme si on ne pouvait pas simultanément être libéral
et avoir une conscience sociale et nationale ! Car si j'ouvre mon Larousse,
je lis à l'entrée "solidarité" : "sentiment qui pousse les hommes à
s'accorder une aide mutuelle". Bref, rien d'incompatible avec la philosophie
du libre-arbitre. Et les statistiques semblent au contraire indiquer que les
Américains, par exemple, font preuve d'une générosité individuelle bien
supérieure à celle des Européens ;
Vous savez les statistiques... et ça peut être pour se donner une bonne
image, surtout que c'est devenu une politique humanitariste (voir la
démagogie de Bill Gates). Et pour l'instant, vous ne dites pas grand chose
de probant. La théorie du libre-arbitre n'est que celle de l'autonomie et
il n'y a précisément pas d'autonomie et de libre-arbitre (style Robinson
Crusoé que l'on prend pour exemple). Lire justement Le paradoxe de Robinson
de Flahault (mille et une nuits). C'est un mythe. Si ces deux notions sont
autant mises en avant par le libéralisme, c'est précisément parce qu'elles
vont permettre de désymboliser l'individu au fur et à mesure et de le
livrer pieds et poings liés au marché. C'est encore plus flagrant
aujourd'hui. Car comment croire que l'individu puisse s'autogérer et faire
face à ses propres problèmes existentiels ? Le système libéral a tout
intérêt à briser tout mouvement critique et réflexif et à perpétuer son
système mortifère et pervers procurant addictions en série. Ben sinon,
c'est bien simple, les gens achèteront moins.
c'est aussi dans les campagnes et les
banlieues que le sentiment d'appartenance à une "communauté" demeure vivace,
par opposition à la solitude des gens habitant dans les grandes villes
(votant à gauche). La social-démocratie génère de l'égoïsme et du repli sur
soi, peu importe l'hippie-crisie des bobos qui se donnent bonne conscience
en votant pour le facteur, car quand vous mettez en place une solidarité
mécanique vous faites des gens des débiteurs et créanciers les uns des
autres, ça crée un climat malsain (Bastiat l'avait prophétisé : "l'Etat, la
fiction à travers laquelle tout le monde vit aux dépens de tout le monde").
Et si en plus les bénéficiaires de la spoliation sont des étrangers, le
cocktail s'annonce explosif...
Pour l'instant, vous ne réfutez rien sinon de dire que gna-gna
social-démocratie. Car l"égoïsme est la théorie même du libéralisme à la
base (Adam Smith). Mais les bobos que vous fustigez, ce ne sont que les
continuateurs de cette politique-là, mais ils ont compris une chose à l'ère
communicationnelle et que la droite leur envie : la bonne image. Ce que
critiquait vertement Pasolini (pire que le fascisme pour lui) et pourquoi
cet homme critiquait ce "capitalisme hédoniste" ? Ben que la droite
classique libérale ne pourrait plus gouverner comme avant. C'est ce qu'ont
compris les personnes du marketing et que la droite a tant copié par la
suite. Je faisais référence à Bernays mais lui avait compris qu'il fallait
décloisonner la libido pour vendre mieux et ce n'est pas un gauchiste tout
de même. Donc, il faut lâcher du cul, de la fesse et on comprend ce que les
libertaires vont faire dans le domaine. Peu à peu l'idée fera son chemin
mais avec les médias, la vitesse de l'information, tout va s'accélérer.
Ce n'est quand même pas un hasard si les années 80 ont tant changé à ce
niveau-là et qu'on a vu un renversement de valeurs. La Bourse ne s'est
jamais autant mieux portée qu'à cette époque et l'on a vu une nouvelle
classe arriver, une nouvelle classe d'arrivistes (Tapie) bardée
d'anti-racisme et d'humanistes, cheval de Troie de mai 68 qui allait donner
nos bobos, capitalistes et hippies à la fois. Encore une fois, vous devriez
lire le livre de Boltanski et Chiapello Le Nouvel esprit du capitalisme qui
montre, 800 pages à la clef, que le capitalisme a muté dans ce sens.
Et il suffit de voir Sarkozy, promettre une politique libérale (il la fera
mais il ne peut pas la faire du jour au lendemain car pour passer du blanc
au noir, il faut en passer par les différentes teintes de gris) et devenir
le président le plus people, le plus inculte de l'histoire de France :
Disneyland (accepté par Fabius comme par hasard) alors que normalement, il
devrait faire honneur à la France par sa droiture mais là, il freinerait le
libéralisme ancienne mouture. En cela, c'est un pur enfant de 68, versant
dans l'exhibition, le tutoiement, le divorce-mariage etc. tout cela est
purement libéral-libetaire. Et en appeler à la responsabilité, c'est de nos
jours, briser le libéralisme qui ne veut surtout pas la responsabilité mais
cherche l'infantilisation du consommateur. Encore une fois, il faut
regarder les publicités.
Sur ce point, je vous renvoie à un article que j'ai écrit :
http://www.horschamp.qc.ca/article.php3?id_article=274
2/ Tout votre discours le-monde-moderne-il-est-pas-beau n'explique pas
pourquoi Tanguy est de toutes les générations celle qui aime le plus son
collier et réclame intervention, taxes, patriotisme économique, régulations,
plans,... (les jeunes votent à gauche : ne devraient-ils pas être de "sales
égoïstes" à la Alain Madelin ?).
Pour l'instant, vous ne répondez pas et encore moins par des arguments.
A part cela, je pense que le libéralisme doit être régulé, surtout dans
certains domaines comme la culture et l'éducation, ce pourquoi il fait tout
le contraire en s'immiscant dans les endroits les plus intimes de l'être
(jusqu'au génome). Et non que Coca-cola ou autres produits de merde
puissent s'immiscer dans les écoles. C'est clair. On voit bien pourquoi.
Mais si je dis cela, ce n'est pas pour que les personnes échappent à leurs
responsabilités. Je suis assez d'accord justement avec Finkielkraut sur sa
vision de l'école car la Culture (et non la sous-culture ou non-culture),
c'est la colonne vertébrale de l'individu pour qu'ils puissent vivre en
société. Mais enseigner Montaigne et Pascal, ce serait plutôt freiner le
marché et ce n'est pas par hasard que de nos jours, où tout s'accélère,
Bernard Stiegler parle de capitalisme pulsionnel. Or, justement, le
pédagogisme a tout fait pour mettre l'ego au centre de tout, vision
parfaitement libérale qui permet une progressive désymbolisation de
l'individu, le rendre cool et flexible, malléable, pour le livrer au marché
par la télévision interposée. Et c'est bien ce qui arrive.
Sinon il est assez drôle que vous repreniez le cliché
le-monde-moderne-il-est-pas-beau comme un parfait bobo progressiste. Comme
quoi, vous voyez.... Mon côté non-moderniste n'est pas parce que je déteste
le moderniste par principe mais parce que je ne pense pas que l'homme
puisse échapper à sa condition existentielle et qu'il n'y a pas
d'émancipation avec un sens de l'histoire où à la fin on se libère de ses
chaînes en jetant dans la piscine du bonheur. J'ai plutôt une vision assez
camusienne même si cela n'empêche de critiquer fortement certaines choses.
Wow, elle a fait tout ça, la nouvelle élite. Super forte.
Bon, pas de réponse donc. Mais lisez La révolte des élites de Christopher
Lasch peu suspect d'être complaisant sur ce point-là.
C'est mieux que les cigares du pharaon, votre histoire...
Sur fsp, monsieur Foya développait un peu les mêmes idées "nouvelle droite"
que vous. Je le prenais pour quelqu'un de très intelligent. Puis un jour il
a mentionné le complot Bilderberg et même un site web super crédible (
http://www.syti.net/Topics2.html ).
Pour l'instant, vous ne répondez toujours pas et vous faites un rapport
fumeux entre une personne inconnue et ma personne sans la moindre
argumentation. Des personnes peuvent faire une analyse juste sur un certain
terrain et partir en sucette sur un autre, ce qui n'invalide pas le premier
terrain. Et je ne mentionne aucune théorie du complot mais une élite
politico-économique qui cherche tout simplement à garder le pouvoir. Il y
a des intérêts divergents. En plus, je déteste tout mysticisme y compris
celui des positivistes.
--
Yannick Rolandeau
"Il n'y a pas de lucidité sans séparation."
Philippe Muray