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"Yannick Rolandeau" <yrol@yrol.invalid> a écrit dans le message de news:
035m24l2js4d4dpvmu6h2odbs6o37l3rso@4ax.com...
On Wed, 14 May 2008 15:25:40 +0200, "Yoki" <yokinospamtori@hotmail.com>
wrote:
Généralisation. Les dessins animés japonais ne tournent pas tous autour
d'un
enfant-roi entouré de parents crétins (à la façon des Simpsons ou des
séries
de Disney Channel,...). On voit mal également comment l'Actarus de
Goldorak,
par exemple, correspondrait à cette culture de dévalorisation des valeurs
masculines dont parle Leonard Sax dans ses bouquins sur les adulescents...
Goldorak, c'est en plus de la daube en barre et fort mal dessiné.
L'esthétique était sommaire mais pas plus vilaine finalement que celle de
South Park. Question de goûts. Ca ne change rien à mon observation : ni
Goldorak ni la plupart des autres "japanimations" (Candy, Albator, Lady
Oscar,...) n'étaient des trucs "légers", à ranger dans cette culture ado du
fun et du cool permanent, qui va des cartoons à l'esprit Laurent Ruquier.
Jetez donc un oeil à Galaxy Express 999. Dans ces vieux dessins animés, il y
était au contraire souvent question de guerres, d'exil et d'occupation,
d'honneur, de vertu, de sacrifices,... et il n'était pas rare que des
personnages se fassent carrément tuer. On est loin de l'ère du vide, non ?
Et on comprend aisément les raisons de l'hostilité d'une Ségolène Royal
devant ce déferlement de violence, de virilité et de compétition (la vision
de la société qui s'en dégage est clairement celle du "strict father
model" - et non de la "nurturing mother" de la culture de gauche - pour
reprendre les concepts de la théorie des cadres de George Lakoff). Bref,
aucune raison a priori de craindre un rejet de la réalité du monde des
adultes...
Voici un épisode que j'aime bien. J'en appelle aux autres membres du forum :
est-ce de la "daube en barre fort mal dessiné" ?
http://www.wat.tv/video/63-goldorak-ours-polaire-f774_ek46_.html
Je
faisais allusion aux layettes vertes style Princesse Mononoke. C'est
simplement parce que vous avez été bercé trop près en étant petit.
Vous avez surtout fait allusion aux Disney. Un Bruno Bettelheim a dit des
trucs pas trop mal sur les contes de fée.
Et puis, il faut relire Mathieu Laine : ce sont les dealers en socialisme
qui à coup d'école pour tous, d'allocations logement, de cinéma
subventionné, d'IVG, de plans bidule et d'acronymes machin,... ont créé
des
générations d'esclaves complètement déresponsabilisés... On tape sur la
télé, mais c'est votre féminisme et votre antilibéralisme qui empêchent
les
jeunes garçons de grandir.
Relisez Christophe Lasch... c'est l'inverse, c'est le libéralisme dans sa
formule autant de droite que de gauche qui a crée cette
déresponsabilisation et ce depuis les Etats-Unis au début du siècle avec
John Dewey au moins, auteur qu'a pillé Pierre Bourdieu (!), cette façon de
mettre le moi au centre de tout, de faire rentrer la vie dans l'école,
formule tout à fait logique du libéralisme dans son autonomie fondatrice
et
son égoïsme de base. Comment ne pas voir que l'infantilisation actuelle
vient de cet égoïsme de base ?
1/ De une, quel est donc cette étrange rapprochement entre libéralisme et
"égoïsme de base" !? Comme si on ne pouvait pas simultanément être libéral
et avoir une conscience sociale et nationale ! Car si j'ouvre mon Larousse,
je lis à l'entrée "solidarité" : "sentiment qui pousse les hommes à
s'accorder une aide mutuelle". Bref, rien d'incompatible avec la philosophie
du libre-arbitre. Et les statistiques semblent au contraire indiquer que les
Américains, par exemple, font preuve d'une générosité individuelle bien
supérieure à celle des Européens ; c'est aussi dans les campagnes et les
banlieues que le sentiment d'appartenance à une "communauté" demeure vivace,
par opposition à la solitude des gens habitant dans les grandes villes
(votant à gauche). La social-démocratie génère de l'égoïsme et du repli sur
soi, peu importe l'hippie-crisie des bobos qui se donnent bonne conscience
en votant pour le facteur, car quand vous mettez en place une solidarité
mécanique vous faites des gens des débiteurs et créanciers les uns des
autres, ça crée un climat malsain (Bastiat l'avait prophétisé : "l'Etat, la
fiction à travers laquelle tout le monde vit aux dépens de tout le monde").
Et si en plus les bénéficiaires de la spoliation sont des étrangers, le
cocktail s'annonce explosif...
2/ Tout votre discours le-monde-moderne-il-est-pas-beau n'explique pas
pourquoi Tanguy est de toutes les générations celle qui aime le plus son
collier et réclame intervention, taxes, patriotisme économique, régulations,
plans,... (les jeunes votent à gauche : ne devraient-ils pas être de "sales
égoïstes" à la Alain Madelin ?).
Le livre du libéral E. Bernays, pape de marketing, que j'ai déjà cité est
largement explicite en voulant adapté la théorie de la libido de son
oncle,
Freud, à l'économie. Et c'est logique, totalement logique. Comment
voulez-vous vendre de la fesse avec des gens "coincés" ? Il fallait bien
des révolutions politiques, économiques, et surtout culturelles (mai 68
qui
a commencé aux Etats-Unis, faut-il vous le rappeler !) pour habituer les
gens à la consommation par libido interposée. Regardez les publicités ! Au
lieu évidemment de l'émancipation, on a l'addiction au rendez-vous...
Le plus piquant, c'est qu'en vous réclamant libéral, vous aggravez le
processus tout en le dénonçant.
Et ensuite, cette nouvelle élite a pris le pouvoir, ayant craché avant sur
l'autorité, a rendu la sous-culture dominante,
Wow, elle a fait tout ça, la nouvelle élite. Super forte.
C'est mieux que les cigares du pharaon, votre histoire...
Sur fsp, monsieur Foya développait un peu les mêmes idées "nouvelle droite"
que vous. Je le prenais pour quelqu'un de très intelligent. Puis un jour il
a mentionné le complot Bilderberg et même un site web super crédible (
http://www.syti.net/Topics2.html ).
et par dégradation
successive, elle est devenue inculte ou ignare, rongée par la
peoplisation.
Au final, on n'a qu'un individu quasi désymbolisé, ne maîtrisant plus ses
pulsions. Alain Finkielkraut et son ami Jean-Claude Michéa ne disent pas
autre chose d'ailleurs...