Re: Eoliennes et espèces menacées
Sujet: Re: Eoliennes et espèces menacées De: Merou (l' arobase) anisette.org (Merou) Groupes: fr.soc.environnement
Date: 27. Aug 2008, 18:03:03
x-no-archive: yes
Dans les news : 48b586d6$0$4642$426a74cc@news.free.fr,
o.gehaime <o.gehaime@gmail.com> écrivit :
Loin d'être contre les éoliennes pour ma part et plutôt partisan de
leur implantation étendue, mais dans le respect de l'environnement,
et dans l'écoute des associations de défense de la faune sauvage,
je me permets de vous communiquer cette prise de position par Vincent
Munier, ce jeune photographe animalier déjà réputé pour ses quelques
publications, et aussi militant et défenseur du Grand Tetras vosgien,
espèce protégée et en voie d'extinction.
http://www.missecolo.com/tag/Vincent%20Munier
http://www.image-nature.com/actus_73.html
http://www.groupe-tetras-vosges.org/site/Accueil-5.html
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Projet d'éoliennes dans les Vosges : coup de gueule de Vincent Munier
!
Lorsque l’énergie renouvelable tente de s’imposer aux dépens de la
biodiversité… Un paradoxe ? En fait, un vrai danger, qui plane
au-dessus des crêtes vosgiennes, entre le col du Bonhomme et le col
du Louschbach
cinq éoliennes au pays du Grand Tétras, espèce au bord de
l’extinction, qui n’avait nul besoin de cette menace supplémentaire.
Historiquement il s’agissait d’abord d’un projet interdépartemental
comportant 6 éoliennes : 3 coté vosgien et 3 côté alsacien. Les Vosges
(région Lorraine) ont refusé le projet. Raison ? Dégradation du
paysage. Le porteur de projet, Ostwind, a donc totalement basculé sur
l’Alsace. La plaine d’Alsace, où souffle trop rarement le vent,
n’offrant pas le site idéal pour l’implantation d’éoliennes, Ostwind
a tourné le regard vers les crêtes vosgiennes, l’un des paysages les
plus spectaculaires du Nord-Est de la France. Quitte à le défigurer…
Mais là ne se limite pas le danger. C’est le lieu d’une grande
biodiversité qui ne manquera pas d’être altérée par cette intrusion
prévue sur une zone d’habitat du Grand Tétras. Ce coq de bruyère est
l’oiseau emblématique par excellence de notre massif, l’un des plus
beaux symboles des forêts à haute naturalité, riches en espèces
animales et végétales. Le danger qui guette ce magnifique animal
n’est pas une vue de l’esprit d’écolo-paranos. Quelques chiffres
suffisent à prendre la mesure des dégâts : on recensait 500 grands
tétras en 1972, 350 en 1989, et seulement 100 en 2007… (Source :
Groupe Tetras Vosges/ ONCFS ) Combien en restera-t-il en 2010 ? Ces
dernières années, les acteurs de la montagne dont le CSL
(Conservatoire des Sites Lorrains), le GTV (Groupe Tétras Vosges),
l’ONF (Office National des Forêts) et le PNRBV (Parc Naturel Régional
des Ballons des Vosges) ont énormément travaillé en faveur de cette
espèce, notamment dans le cadre de la mise en place des périmètres
Natura 2000. Et les résultats sont là : la population ne régresse
plus. Sur certaines zones, elle a même augmenté. Il y a donc bel et
bien un espoir ! Ou plutôt il y avait un espoir… jusqu’à ce que surgisse
cette idée
incongrue d’éoliennes dans le paysage. Et cela à guère plus d’un
kilomètre d’une des places privilégiées par cet oiseau pour y réaliser
sa parade nuptiale, en période délicate de reproduction, pour laquelle
la plus grande tranquillité lui est impérativement nécessaire. On
vient soudain y semer le trouble alors même qu’on y avait apporté la
preuve qu’un effort commun peut arrêter un processus de régression.
Alors, bien sûr, non contents des conclusions des spécialistes
vosgiens et pour donner le change, deux experts tétras choisis et
payés par OSTWIND ont été dépêchés des Pyrénées et du Jura afin
d’évaluer l’impact des éoliennes sur la zone, experts qui ont pris
grand soin d’éviter de rencontrer les spécialistes vosgiens de
l’espèce et qui, après une seule journée sur le terrain, en compagnie
du porteur de projet Ostwind, ont délivré des conclusions d’une
déconcertante légèreté. A commencer par des références au tétras
lyre, une autre espèce de gallinacé qui ne présente pas du tout la
même biologie. Nulle part dans le rapport rendu par ces experts -
visiblement
débarqués avec un à priori favorable au projet - il n’est fait
mention de la situation critique de l’oiseau, dont la population
s’avère la plus fragile de France ! Et c’est pourtant bien elle qui
va, dans les faits, servir de « cobaye » pour évaluer l’impact des
éoliennes sur l’espèce. Nombre de données nous sont encore inconnues
concernant cet oiseau et son environnement. Dans ces conditions, le
bon sens voudrait que s’applique le principe de précaution.
Manifestement il fallait coûte que coûte démontrer la totale
innocuité de ces cinq éoliennes sur leur site d’adoption. Mais le jeu
en vaut-il vraiment la chandelle ? Le piètre bilan énergétique de ces
cinq appareils justifie-t-il qu’on défigure les crêtes vosgiennes
(hauteur totale de 149 mètres à comparer aux 142 mètres de la
cathédrale de Strasbourg…), l’un des derniers bastions de la nature
sauvage dans le Nord-Est de la France ? Mon métier de photographe
naturaliste m’amène à réaliser des
conférences et projections partout dans le monde. Et donc à montrer
les clichés de ma région, les Vosges. Récemment des personnes comme
Kathy Moran (chief editor photo du National Geographic de Wahsington)
ou Rosamund Kidman Cox (chief editor du BBC wildlife magazine) se
sont dites subjuguées par la beauté de ce massif à cheval sur la
Lorraine et l’Alsace. Et avouaient leur surprise de ne pas en avoir
entendu parler ! Car oui, les Vosges offrent ce caractère unique qui
fait d’elles un magnifique écrin de nature, où se logent des perles
rares et précieuses, dont le Grand Tétras. Mais pour combien de temps
encore ? Ce projet, s’il prend corps, engage la marche arrière dans la
lutte
contre l’extinction du Grand Tétras. Peut-on se permettre ce luxe ? Il
est si facile de faire disparaître une espèce… Apparemment certains ne
s’embarrassent pas de ce genre de questions. L’homme s’impose.
Toujours un peu plus. Et s’interroge peu. A coup d’arguments
fallacieux balancés pour la forme, il chasse d’un revers de main
indifférent des questions aussi « secondaires » que le devenir des
espaces naturels et des espèces sauvages. C’est que le tétras joue,
bien malgré lui, les empêcheurs de développer en rond (le tourisme,
les routes, les exploitations en tous genres), tout en ayant «
l’indécence » de ne pas rapporter un sou. Encore que ce coq de
bruyère est un fleuron régional, le symbole de la richesse de notre
milieu naturel. Mais comment traduire cette qualité en espèces
sonnantes et trébuchantes ? La prise de conscience de l’importance,
de la richesse d’un habitat authentique accueillant une faune
diversifiée ne pèse pas lourd dans la balance économique… Pire,
l’argent tout puissant a même réussi l’exploit de faire baisser leur
garde aux protecteurs locaux : quelques subventions supplémentaires
opportunes, saupoudrage de mesures dites compensatoires, et certaines
associations se sont détournées de la question… Quelle tristesse. Il n’est
pas question de remettre en cause l’urgence, à tous les
niveaux, de développer de nouvelles énergies, renouvelables qui plus
est. Mais dans la précipitation, prenons garde de ne pas sacrifier un
pan de la nature pour en sauver un autre. Car lorsque le processus de
destruction est engagé en matière de biodiversité, il s’avère
extrêmement difficile de faire machine arrière. En l’espèce, il est
urgentissime de s’en remettre au bon sens sans se laisser polluer par
les sirènes, séduisantes mais purement mercantiles, de certains élus,
de quelque bord politique qu’ils soient, et de certainspromoteurs de
projets. Le Grand Tétras vaut bien mieux que ça. Le développement
durable, ce n’est pas le sacrifice de la biodiversité, sur l’autel de
énergies renouvelables.
Vincent Munier ,
Le 31 janvier 2008
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Preuve supplémentaire que les ecoloconobobos
sont de grands adulescents egocentriques et pourris.
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