'Yoh,
Juan-Karl wrote:
je fais quelques recherches en ce moment sur le thème de l'enseignement des langues orientales en occident. Dans le cas de la France, l'enseignement du japonais, du chinois et du coréen m'intéresse en particulier, d'autant plus qu'il semble de plus en plus prisé ces dernières années.
Juste une idée, mais aller poster sur les forums web des étudiants de l'Inalco peut être une bonne idée :
- Forum des étudiants de japonais : <
http://www.inalco-japon.org/forum/index.php>
- Forum de l'association des étudiants de l'Inalco : <
http://www.assoplo.com/forum/>
-en général qu'est-ce qui motive un jeune français (ou européen) aujourd'hui pour se spécialiser dans une langue extrême-orientale? (dans notre cas, le japonais mais pas seulement)
Si on regarde la masse des étudiants de première année, je me demande mais sur les 900 étudiants qui s'inscrivent en L1 chaque année, il n'y a qu'une centaine d'étudiants qui sortent diplomé à l'issu du L3.
Je pense que la lecture des poncifs des fameuses «5 raisons pour ne pas apprendre le japonais» sont relativement vérifiées, hélas.
De nos jours, on pourrait aussi rajouter les fans de musiques japonaises, et les cosplayers (c'est parfois un choc de constater que plusieurs de ses camarades de promos se trimbalent quotidiennement avec des cheveux roses ou violets). Et puis, il y a aussi les Half et les Nisei.
Plaisanterie à part, les seuls qui s'en sortent sont ceux qui ont une motivation énorme vu la quantité de travail nécessaire. La réponse n'est en général pas simple car il s'agit en général d'un faisceau de plusieurs raisons qui permet d'arriver à garder le cap.
-quels rôles jouent l'attraction exercée par les éléments culturels dans une telle orientation académique ou professionnelle?
De ce que j'ai constaté ils sont très importants. Mais c'est logique, il faut une culture riche, diversifiée, abordable à différents niveaux pour que la plupart des personnes y trouvent leur compte.
-quelles sont les incitations externes (ou les bénéfices escomptés) d'un tel choix? (en particulier sur le marché du travail)
En japonais ? A l'heure actuel, c'est assez minime. Le japonais peut être un plus dans certaines circonstances, mais une formation uniquement en japonais a des débouchés au mieux marginaux.
Un certains nombre cherchent des carrières professionnelles au Japon, et là le fait de parler japonais est relativement secondaire, car c'est le cas de presque tout le monde (au Japon s'entend). Par contre connaître l'anglais ou avoir des compétences en informatique peut l'être davantage.
-quelles sont les difficultés spécifiques rencontrées par un occidental apprenant le japonais ou le chinois en tant qu'amateur / spécialiste?
Des milliers de caractères, des dizaines de milliers de mots souvent avec un champ sémantique extrêmement précis. Une différence importante dans la manière de construire une pensée, de construire une relation avec un interlocuteur. Une différence très notable entre la langue écrite, la langue orale des jeunes, et le langage a utiliser en entreprise.
Mais, c'est bien ce qui en fait l'intérêt également...
-on parle de "mode" actuellement en Europe, d'un engouement nouveau pour les langues orientales, en particulier pour l'apprentissage du chinois: qu'en est-il dans les faits? Cela correspond-il à une réalité? si oui, est-ce durable?
Ça fait 20 ans que le nombre d'inscriptions augmente chaque année dans les sections japonaise et chinoise de l'Inalco. Depuis 2004 un quota sur le nombre d'inscriptions en première année a été imposé. Auparavant, l'inscription en auditeur libre ou en mineure avait été interdite.
En conséquence, l'Inalco est l'un des établissement public les plus mal lotis au niveau des locaux : en moyenne moins de 0,4 m² par étudiant.
-Quelles méthodes ou approches dominent actuellement dans l'enseignement/apprentissage du japonais au niveau scolaire/universitaire/autre? (la question reste ouverte concernant le coréen et le chinois)
Pour l'Inalco, elle dispose depuis longtemps de méthodes et d'un vocabulaire (en particulier grammatical) assez spécifique. Les collaborations de plus importantes avec Paris VII tendent tout de même à peu à peu réduire les différences. On recherche de plus en plus une unification des vues des japonologues sur un vocabulaire commun. Le LMD est en train de jouer à ce niveau. Par ailleurs, la présence d'enseignants japonais qui ont appris à enseigner le japonais dans le cadre des programmes du Monbunkagakushô (ministère de l'éducation japonais) impriment aussi leur marque.
A noter que le monbunkagakushô dispose de deux formation d'apprentissage du japonais : l'enseignement de "kokugo" (langue nationale, c'est à dire l'enseignement du japonais pour les japonais), et celui du "nihongo" (langue japonaise, soit l'enseignement du japonais aux étrangers). C'est dans ce deuxième cadre que des enseignants japonais sont présents dans les formations universitaires. Dans ce sens, le ministère japonais arrive aussi à influencer la façon d'enseigner le japonais à l'étranger.
-quelles sont les principales forces et faiblesses de l'enseignement proposé dans un contexte d'apprentissage formel? (étudiants, lâchez-vous sur le sujet!)
Le point le plus criant est celui de la pratique orale des langues, bien entendu, car permettre à des centaines d'étudiant de pratiquer en petit groupe, très régulièrement n'est hélas pas réaliste au niveau des moyens à mettre en place.
mata ne
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Luigi
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