Je suis pareille Christophe, cela en est troublant.
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J'aime pourtant la vie et les êtres vivants et cet amour me rend encore
plus triste
Ma situation n'est pas aussi logique que la tienne : je fais encore du
"SAV" pour ma collègue, en attendant que son couple se reconstruise
correctement, mais dans le même temps je n'aime ni la vie ni les êtres
vivants... ce n'est pas logique, je sais. C'est probablement que le
premier des vivants que je ne supporte pas c'est moi-même...
Ne te laisse pas enfermer pour mélancolie !
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car la plupart du temps les personnes mélancoliques ne sont pas
perturbées mentalement.
Si j'en crois mon docteur, "mélancolie" est le nom d'une maladie, pas
d'un état d'âme romantique. Cela dit, quand je pense à Christine, je me
demande si je peux encore parler de maladie...
De toute façon, je n'avais effectivement aucune envie de me laisser
enfermer. Et comme ma situation est une des seules ou l'on peut se faire
hospitaliser contre son gré (avec l'accord de ma famille qui croira bien
faire) je préfère "tricher".
Là où j'ai évolué, c'est dans ma conception du suicide. Je ne pense
pas que cela soit une solution honnête. Pourquoi ? parce que plein de
gens souffrent et qu'ils ont besoin de nous.
Là encore, je vais laisser la logique de côté.
Je ne pense pas que je puisse aider qui que ce soit. Ou plutôt je ne pense
pas que je veuille aider qui que ce soit. Si ma vie doit servir d'exemple,
que ce soit "exemple de ce qu'il ne faut surtout pas être pour vivre
heureux dans la société moderne".
Et pourtant je sais que j'ai un peu aidé ma collègue lors de sa décom-
pensation quand son mari l'a quittée... je sais aussi que je l'aime...
Mais j'en suis encore à culpabiliser sur la vie gachée de mon épouse,
sur mes echecs personnels...
Je n'imagine pas ma mort comme une revendication. Simplement comme une
porte de sortie, une solution à tous mes problèmes...
Bien sûr que c'est de l'égoïsme; mais là encore sans logique : c'est pour
cela que je "range" : regler de vieux soucis administratifs, expliquer à
mes enfants que mes choix ne regardent que moi et qu'ils ne devront jamais
culpabiliser quels que soient mes choix, pousser mon épouse à retrouver
son amour propre...
"Et le bouc devra emporter sur lui toutes leurs fautes
dans une terre deserte" Lev 16:22
Cela fait partie des phrases qui me désolent : en quoi le sacrifice
d'un animal ou d'un homme peut changer quoi que ce soit ?
Levitique, chapitre 16 verset 22.
Il vaut mieux que tu ne (re)lises pas l'ancient testament si ce genre de
phrase te désolent :-\
<de l'autre thread>
C'est simplement qu'après presque deux ans, j'ai du mal à en parler,
non par réserve mais par manque de mots. Et pourtant, j'en ai tellement
parlé !
Si tu penses que nous pouvons t'aider à trouver des mots "qui soignent",
n'hésite pas à continuer la discussion. A moins que tu ne préfères les
échanges de mail plutôt que UseNet ?
Et surtout, je pense aux autres, je ne considère pas ma souffrance
comme passant avant celle des autres.
Je pense aux autres en me disant qu'ils vivront mieux sans moi. Je sais
bien que je triche et que ce n'est qu'une rationnalisation de mon
égoisme. Mais je n'ai pas ton courage : je survie, et je ne me bats pas.
A bientôt Caty, et portes toi bien,
Christophe
"Pourquoi y a-t-il ceux qui attendent la mort et elle ne vient pas, et
pourtant ils fouillent a sa recherche plus que pour des tresors caches"
Job 3:21