"Isabella Melanogaster" <droso@aiecafaitmalparoucapasse.fr.invalid> a écrit dans
le message de news: ra9433d1987m67qpdhrm5f4msjesi20sim@4ax.com...
Le Wed, 25 Apr 2007 17:01:33 +0200, "idiosyncrazy"
<gabriel.balletABOLI@BIBELOTfree.fr> a écrit :
Y a quelqu'un ?...
...qu'un ?...
..un ?...
?...
Non; il faut bien avouer que la biologie est de toute façon une
discipline agonisante, dépassée par les données qu'elle vomit à coup
de mécanisation et de mondialisation, et que l'avenir est à la
physique, à la modélisation et au calcul intensif
il ya bien sûr des bioinformaticiens, mais c'est juste pour faire
croire que les biologistes ont encore quelque chose à faire dans cette
science qu'on appelle la biologie; le deuil est ainsi plus facile
C'es triste, mais je dois dire que je serais bien en peine de vous contredire.
Cet aspect laborieux et approximatif (la grosse patate p375 qui est phosphorylée
par le petit haricot p654, provoquant une cascade de signalisation blablabla...)
est une des raisons qui m'ont amené à interrompre, à deux reprises, en cours de
maîtrise (l'intitulé, pour ne rien arranger, était particulièrement ronflant :
« Maîtrise de Biologie Cellulaire et Physiologie, Mention Génétique Moléculaire
et Cellulaire, Option interne Biologie Cellulaire et Génétique » -- à tes
souhaits !). Michel Houellebecq a fort bien résumé la situation, au début des
Particules élementaires :
« Loin d'être les Rimbaud du microscope qu'un public sentimental aime à se
représenter, les chercheurs en biologie moléculaire sont le plus souvent
d'honnêtes techniciens, sans génie, qui lisent Le Nouvel Observateur et rêvent
de partir en vacances au Groenland. La recherche en biologie moléculaire ne
nécessite aucune créativité, aucune invention ; c'est en réalité une activité à
peu près complètement routinière, qui ne demande que de raisonnables aptitudes
intellectuelles de second rang. Les gens font des doctorats, soutiennent des
thèses, alors qu'un Bac + 2 suffirait largement pour manouvrer les appareils.
« Pour avoir l'idée du code génétique, aimait à dire Desplechin, le directeur du
département biologie du CNRS, pour découvrir le principe de la synthèse des
protéines, là, oui, il fallait un petit peu mouiller sa chemise. D'ailleurs
vous remarquerez que c'est Gamow, un physicien, qui a mis le nez en premier sur
l'affaire. Mais le décryptage de l'ADN, pfff... On décrypte, on décrypte. On
fait une molécule, on fait l'autre. On introduit les données dans l'ordinateur,
l'ordinateur calcule les sous-séquences. On envoie un fax dans le Colorado : ils
font le gène B27, on fait le C33. De la cuisine. De temps en temps il y a un
insignifiant progrès d'appareillage ; en général ça suffit pour qu'on vous donne
le Nobel. Du bricolage ; de la plaisanterie. » »
Bonne soirée,
G.