Vos préoccupations de parent m'intéressent et si vous voulez en discuter,
un forum d'entraide de Maths peut être adéquat : le soutien scolaire
passe aussi par la compréhension de ce que sont les maths et comment
elles sont enseignées (cela dit sans généralisation sur le niveau des
programmes, la motivation des profs, l'attention des élèves, la décharge
des parents, etc.).
Nous avons nos expériences, elles peuvent être bonnes à partager. Il
faudra s'attendre toutefois à ce que de nombreux "trolls" viennent
exprimer ici leurs *aut(r)isteries*.
Le Thu, 24 Apr 2008 21:41:25 +0200, Axelxandre a écrit :
Hum - Je suis étonné que mon fils, qui est en seconde, n'ait pas fait le
rapprochement.
Oui et non : à tout niveau, la nouveauté n'est pas reliée d'abord à ce
qui est bien connu et simple mais au contexte le plus proche, aux
méthodes récentes. Il est très facile de "coincer" un préparationnaire
(Bac+2) sur un petit théorème de Pythagore dans un contexte surprenant
(espace de polynômes, par exemple).
Ce qui fait un des charmes des maths, c'est que des problèmes qui
semblent difficiles peuvent parfois être résolus avec des arguments
simples (symétrie, parité, dénombrement, etc.) mais toute personne
essayant de résoudre un problème (quel que soit le niveau) sera d'abord
happé par le contexte avant de déceler ces petites "astuces". Il ne faut
pas s'en étonner.
Certains crieront au scandale ; mauvais système éducatif et tout le
toutim. Pour ma part, je dirais qu'il doit aussi exister une passion
pour recoller les morceaux d'une matière de prime abord froide et sèche.
Je ne pense pas comme vous : la matière n'est froide et sèche que
lorsqu'on l'apprend sans la pratiquer : toutes les notions vues en
secondaire sont plutôt intuitives (au sens commun), elles ne font pas
appel à des raisonnements techniques ou très abstraits avant, mettons bac
+4 (mais cette limite doit être très subjective).
La sécheresse des notations et des symboles mathématiques n'est indigeste
que pour le profane ne mettant pas de sens dans cette écriture ; il faut
pratiquer, jouer avec les notions mathématiques avant de les écrire
vraiment rigoureusement et en toute généralité, former l'intuition.
Pour ce qui est de la "froideur", il vous semblera probablement
surprenant que les maths, tout comme beaucoup de domaines, ont leurs
modes, leurs champs de recherche, et vivent régulièrement des petites
révolutions, que ce soit pour la recherche ou pour l'enseignement. Elles
sont donc "chaudes" au sens du pain chaud du boulanger : la recette est
vieille (pensez à la géométrie d'Euclide) mais la dégustation change
selon les goûts et il y a régulièrement des créations !
Par exemple, y ajouter des histoires et des anecdotes ; voir, enseigner
les maths selon la progression de son histoire (la trigonométrie n'est
pas arrivée par hasard en Egypte, elle avait des applications pratiques
et nécessaires) mais ces tergiversations dépassent le cadre de ce
groupe. Je lis le reste et m'y attelle.
Personnellement, j'essaye, lorsque le courant passe avec une classe (en
collège), d'enseigner aussi les aspects historiques (en géométrie,
particulièrement), ludiques (jeux sur les notions scolaires mais aussi
logiques) et des activités diverses (calcul mental, expérimentation,
logiciels de géométrie, géométries étranges).
J'aime bien aussi improviser et "partir dans l'abstrait", créer des
notations, un langage pour la classe, pour initier/pratiquer le calcul
littéral et le raisonnement logique (qui laisse pas mal d'élèves sur le
banc de touche, en 4ème et après).
Bon, bien sûr, on ne peut pas rester sur des concepts aussi naïfs que la
géométrie plane, l'étude des fonctions "lisses" ou l'arithmétique après
le bac et les concepts, très nombreux et très variés, doivent être
abordés *nus*, c'est-à-dire avec le plus de généralité possible. C'est
pour cela que la partie plus austère de la formalisation est nécessaire
et doit aussi être enseignée assez tôt, mais sans brusquerie.
Comme dans toute matière, il n'y a pas encore de recette miracle, ni à
court, ni à long terme pour transmettre des maths à un niveau donné.
--
La tête, c'est un os, ça peut pas avoir mal.