nos racines
Sujet: nos racines De: aristide (l' arobase) skynet.be (aristide) Groupes: alt.fr.ecrivains.repoussoirs
Organisation: DDP
Date: 25. Jun 2006, 11:56:03
NOS RACINES 1
L AUTRE
Je ne sais ou mène ce récit, où cours- je exactement
Nous voici arrivés à bon port me direz vous et cependant n'en croyez rien Certes nous avons un nom mais est ce pour autant que nous avons des racines ? Tel était notre Club en ce 10 janvier 1962 un f½tus
Attisée par les souvenir,s l'un en appelle un autre, passent les images, filent se faufilent, tant d'images derrière mes paupières closes Ah de mon temps ! En ce temps -là
J'étale ma vieillesse conteuse » V Hugo »
Je reste assise l'album sur mes genoux j'en tourne pieusement religieusement presque les pages ;Ma mémoire dénudée à l'encan offerte revoit tant et tant de visages artausiens ; ils se pressent m'oppressent ; parfoi,s il me semble bien ressentir de la peine d'autres moments je vous souris
Expliquer Artaud, quelle entreprise ! Seul celui qui l'a vécue détient la parole Ce que disent, écrivent, les autres pour nous dépeindre reste de 'l'ordre du discours ; nos pinceaux-souvenirs ne sont pas imprégniés de la même couleur je vois des champs de trèfles à quatre feuilles tout jaunes et des points rouges de souffrance et de morts De nombreux suicides
« comme un petit coquelicot mon âme »
J'aimerais trouver pour vous décrire le Club des mots vivants,. palpitant voire des mots d'esprit. Il me plairait d'user de mots porteur de toutes l'épopée de notre Maison notre Club que vous nommez Institution
Aujourd'hui, l'analyse de ces deux termes serait des plus intéressantes Comment un vocable si différent prétend-il définir un même lieu ? Comment supposer que les buts poursuivis soient concomitants ? D'aspiration identiques ? Que le dialogue dès lors soit encore possible ? Je dis Club, vous entendez Institution
Je regarde à nouveau les photos devant moi, les articles devant moi les vieux journaux, nos journaux car, Artaud se voulait multiple en tout multidisciplinaire surtout
Il m'en souvient, j'écoutais le journal TV lorsque retentit la sonnerie du téléphone ; je laissais sonner comme à mon habitude je déteste les importuns qui me privent de ma solitude Le téléphone sonna et il sonna tant si bien que j'en fus agacée et bougonnant je décrochais
-Hum
-Andrée ? Une voix d'homme interrogeait Un inconnu, voix neutre ton neutre
-Hum Un ½il fixé sur l'écran, le son que j'avais baissé me restait tout de même audibl,e je suivais les nouvelles tandis que l'Autre parlait parlati bla bla bla Alcooliques anonymes existent, bla bla bla Créons, pensons créer, espérons créer, créerons un club
bla bla bla Je regardais la TV C'est fou ce qu'il parle ce type s'est même pas présenté Cuistre ! Va jamais se taire ? Je me sentais hostile, Je ne comprenais rien et, plus il m'expliquait, plus je le trouvais antipathique aussi je lui bâtais froid mais il feignait d'ignorer mon insensiblité, lancé dans son projet il parlait parlait parlait Anciens de 'l'Hôpital Brugmann
J'avançais une main traîtresse vers le bouton de la TV en augmentais le volume tout en opinant du chef
-Hum oui oui, hum et alors ? Je devais être détestable à souhait Sereine, lisse comme un lac suisse, je prêtais une oreille distraite Je me moquais comme d'une guigne des alcooliques mes problèmes me suffisaient amplement Je pensais les A A bien implantés sur le marché de la réinsertion sociale
Si cet Autre pouvait se taire deux minutes Son verbiage intempestif son discours de plus en plus enflammé délirant, désordonné m'énervait
J'interrompis mon correspondant feignant la plus grande affinité avec ses idées, ma sympathie la plus absolue
-Me faire membre me dites vous ? Mais sûrement C'est combien ? 100 francs, Pourrais- je avoir votre adresse ? Vous n'avez pas d'dresse .Ah bon et le le nom de votre Club ? n'a pas de nom non plus Mon intérêt, même feint, chuta pour de bon Vous vous réunissez à l'IWCA en attendant de trouver la maison bien v
Évidemment, très logique
Je raccrochais assez brusquement Rien à foutre Pas sérieux même pas de nom, pas d'adresse, mais c'est 100 balles Risible !
L'Autre venait de me donner un rancard avec la Passion, l'Amour, la Tendresse et je l'ignorais
Je pouvais encore entendre la fin du JT Le présentateur égrène une à une
Robert Eatherly le pilote de l'avions qui lâcha la bombe atomique sur Hiroshima venait d'être interné par les Américains pour des troubles psychiques Le bruit courait qu'il ignorait les dégâts de la bombe qu'il devait lâcher
Tout de même Hiroshima Quelle époque mais quelle époque vivions nous J'ai vu Hiroshima mon amour au cinema on parla moins de Nagazaki Pourquoi ? Cependant les deux villes devinrent très à la mode, très Inn
Gagarine fit le tour du monde en 89 minutes dans un vaisseau spatial Quelle époque ! mais quelle époque vivions- nous ! On parlait de Gagarine on passait sous silence LLyouchine qui demeurait dans un état d'inconscience totale Il avait précédé Gagarine mais dans la défaire, son retour s'était mal passé Ill était gommé des vivants Moscou l'ignorait
Le JT passa brièvement sur le mur de Berlin Cette fois c'était confirmé, ce serait un véritable mur de briques séparant Berlin Est de Berlin Ouest
La Reine Fabiola n'attend pas un heureux événement
Le prix du pain sera de 8,25(franc
Nuage radioactif Dimanche 5 novembre un nuage radioactif dégagé par l'explosions d'une bombe nucléaire soviétique de 50 mégatonnes a survolé la côte du Canada Des masques seront mis à la dispositions de la population nous vivons une espèce de scénario de fin du monde
Quelle époque ! Mais quelle époque vivions- nous !
Le téléphone sonna pour la seconde fois
Un bafouillage un bégayement dus à la colère me laqua aux oreilles
La Solidarité t'as déjà entendu l'autre telle une bactérie s'accrochait interrompais pour la deuxième fois mon JT il resonnait sans vergogne glapissait braillait argumentait une fois de plus pour ce club
Je ne sus pas alcoolique fis-je sèchement
Non mais une ancienne de Brugnon oui il insista sur ancienne comme s'il s'agissait d'un quelconque titre honorifique alors que précisément nous les anciens nous nous camouflions nous étions devenus de parfaits caméléons pour pourvoir travailler pour survivre parmi les « normaux » et ce con ce triste con au téléphone me parlait des anciens relançait les ancien au nom de quoi je vous rie au nom d'un clubs dans nom sans adresse il enchaîna très vite sur notre similitudes nous les anciens de Brugnon et les alcooliques (il sortaient ou étaient encore de bruman mais les mentaux était appelé brugnon et les alcoolique alcooliques faudra m'y faire et je m'y fis pour l'heure il me parla de la belle amitié qui nous unissais tous
De guerre lasse je promis n'importe quoi mai oui j'irais à la réunion du club d à L'YWCA il pouvait y compter et comment donc !
| Date | Sujet | | Auteur |
| 25.06. | nos racines | | aristide |
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| actualité |
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| actualité |
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