Libération d'un criminel de guerre yougoslave (07/1 1/61)
Sujet: Libération d'un criminel de guerre yougoslave (07/1 1/61) De: tantquilferajour (l' arobase) yahoo.fr (Tant qu'il fera jour) Groupes: fr.soc.histoire
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Date: 17. Aug 2008, 17:59:56
Le 7 novembre 1961, après.......quarante-huit heures d'état
d'arrestation, Lazare Vraculic était ralâché. Ce citoyen yougoslave
avait été arrêté en RFA le 5 novembre. Il y effectuait un voyage
d'affaires. A cette époque, Bonn et Belgrade n'entretenaient plus de
relations diplomatiques : la Yougoslavie ayant établi des relations de
cet ordre avec le régime communiste de Walter Ulbricht, Bonn avait
rompu avec Belgrade, et les intérêts de l'Allemagne fédérale en
Yugoslavie étaient représentés par un bureau de l'ambassade de France..
Ce 5 novembre 1961, lorsque le police allemande était venu l'arrêter,
Lazare Vraculic était rattrapé par son passé : engagé chez les
Partizans de la Résistance yougoslave, il avait sommairement "exécuté"
deux soldats allemands vingt ans plus tôt. Aussitôt ébruitée,
l'affaire fit grand bruit en Yougoslavie où Vracaric était considéré
comme un zéro, pardon un héros de la Résistance.
Le sieur Vracaric, "capitaine" de Partizans exprima son étonnement
d'être poursuivi "pour avoir fait la guerre contre l'occupant de son
pays" (ce qu'on lui reprochait, c'était cette "exécution"
de combattants désarmés, et Vracaric semblait considérer que dans une
telle guerre, il n'était pas tenu au respect de lois internationales
ou de bon sens)
Cette arrestation avait été mandatée par la Parquet de Constance (Bade-
Wurtemberg).
Le ministère fédéral de la Justice désavoua le Parquet de Constance en
ces termes
qui laissent rêveurs et qui devraient soulever l'indignation :
"L'action des autorités qui ont engagé des poursuites repose sur
l'idée fausse
qu'il s'agit d'un acte criminel et NON PAS d'une action de guerre
menée par
des partisans[....]. Les partisans et les résistants ne peuvent être
poursuivis
en Allemagne fédérale pour des actes de guerre ou de résistance commis
pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il n'existe pas de listes
comprenant
les noms des auteurs de ce genre d'action."
Autrement dit : des "libertadors" qui équarissent un soldat qui est là
parce qu'il est de tel pays et appartient à telle ou telle classe
d'âge
mobilisable ne sauraient avoir commis un crime de guerre.
Quant à l'absence de listes de criminels de guerre ou contre
l'humanité parmi les "libertadors" de Tito, de Gingouin, de
Kriminel (pardon : Kriegel) Valrimont ou d'autres, on peut
en établir facilement, et les diffuser....
Paris-Presse l'Intransigeant publiait le 8 novembre 1961 un
entretien avec M. Jean Graven, professeur à l'Université de
Genève et président de l'Association internationale de
droit pénal. Le professeur Graven reconnaissait que
l'action du Parquet de Constance ne manquait pas de
fondement juridique :
"Le problème qui se pose pour Vracaric est le même qui
se pose pour Eichmann. Si on a le droit de juger Eichmann,
pourquoi n'aurait-on pas le droit de juger un Yougoslave qui
aurait commis légalement (des crimes de guerre) ? La
seule différence est qu'Eichmann a commis ses crimes
contre (des) Juifs et Vracaric contre les Allemands"
De nos jours, aucun universitaire européen ne pourrait
déclarer ce que déclarait Jean Graven à Paris-Presse,
sans risquer la révocation, le boycott, une chasse
aux sorcières, un procès, et il ne se trouverait plus
aucun quotidien pour avoir le courage de reproduire
des propos aussi lucides et courageux.
Mémouare et shoacentrisme sont passés par là.
(Source : Paul Sérant : Les vaincus de la libération,
Robert Laffont, Paris, 1964, pp. 105 et 106)
| Date | Sujet | | Auteur |
| 01.01. | | | |
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