La Preuve par l'Europe ;
Sujet: La Preuve par l'Europe ; De: frederic.sodar (l' arobase) wanadoo.fr (Malatesta) Groupes: fr.sci.philo
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Date: 04. Jul 2008, 22:30:10
LA PREUVE PAR L’EUROPE
Si le résultat du référendum irlandais a provoqué une réaction
affectivo naïve d’une incroyable ampleur de la part des partisans du
NON, la défaite du OUI n’a pas surpris les eurocrates et les
politiciens, pas plus qu’elle ne les a affectés… ceux-ci sachant que
le résultat n’a fondamentalement aucune importance.
Nous sommes aujourd’hui, concernant l’Europe dans cette situation
paradoxale où les «battus» sont sûrs de parvenir à leurs fins, alors
que les «gagnants» sont systématiquement et concrètement battus.
LA VICTOIRE DU «NON» MONTRE QUOI?
Pas grand-chose en vérité que l’on ne sait déjà et que l’on est
incapable de dépasser, à savoir
- l’Europe marchande qui se construit n’a rien à voir avec
l’intérêt des peuples, mais n’est que l’expression d’une nouvelle
phase de développement de la valorisation du capital,
- les peuples ont peur de cette Europe et les dirigeants, devant
l’impuissance de ceux-là, ont les moyens de n’en tenir aucun compte.
Une fois que l’on a dit ça, et c’est important de le dire, reste
l’essentiel. Que faire?
Or la réponse à ce «que faire?» est, aujourd’hui, dans le camp de la
classe politique et d’elle seule, qui sait «quoi faire» pour ne tenir
aucun compte des consultations électorales et constituer la
construction de «son» Europe comme bon lui semble. L’expérience du NON
français et du NON néerlandais auraient du nous avertir.
Les cris de victoire de celles et ceux qui au soir du référendum
irlandais, comme ce fut le cas lors de la victoire du NON en France,
ont salué quoi? La détermination du peuple irlandais? Allons donc! Ne
rêvons pas! En guise de détermination il n’y a qu’incrédulité par
rapport à un document illisible par le citoyen moyen, une crainte
fondée sur les clairs obscurs (et d’ailleurs plus obscurs que clairs)
de la construction de l’Europe marchande, parfois même, une repli
nationaliste qui n’est pas, il faut bien l’avouer, un signe de
progressisme et encore moins une ouverture vers une alternative.
La victoire du NON irlandais, comme la victoire du NON français et
hollandais n’est en fait pas une victoire, mais l’expression d’une
crainte impuissante par rapport à un mécanisme sur lequel nous n’avons
aucune prise et à l’égard duquel nous n’avons aucune stratégie
alternative..
Les fondements de cette pseudo victoire augurent mal d’une dynamique
de construction d’une Europe alternative qu’aucune organisation
porteuse du NON n’est capable de définir et surtout de traduire en un
mouvement stratégique.
Les eurocrates et politiciens ont alors beau jeu, et ils ne s’en
privent pas, de passer outre cette consultation qui certes les
désavoue mais démontre incapacité à mobiliser sur un projet concret et
cohérent.
Il faut bien reconnaître que seul le projet de ceux-ci est cohérent:
valoriser le capital européen dans les conditions optimales et
soumettre les peuples à cet impératif.
Les propos des eurocrates et politiciens est d’ailleurs très clair:
quelque soient les résultats de consultations populaire, l’Europe
(entendez l’Europe marchande) se construira.
CONSCIENCE COLLECTIVE ET IMPERATIFS ECONOMIQUES
Réduire donc, ce qui serait une «prise de conscience» au résultat d’un
référendum «gagné» sur l’Europe, aussi bien en Irlande, qu’en France
ou partout ailleurs, c’est prendre naïvement ses désirs pour la
réalité.
En effet, le vote NON est plus basé sur une crainte que sur un refus
offensive, ceci est si vrai, que les tenant du OUI savent très bien
qu’ils ne sont pas désarmés et qu’il arriveront de toute manière à
leurs fins en détournant la consultation (voir le cas de la France),
et qu’il n’y aura aucune réaction populaire hostile à ce véritable
déni du processus démocratique.
Le système marchand, du fait de ses impératifs économiques fait fi des
considérations d’ordre démocratique… il assure en la circonstance le
minimum, s’octroyant le droit de transgresser les règles qu’il a lui
même instaurées.
Les intérêts économiques, du capital, en jeu dépassent largement les
intérêts des peuples,… et le système marchand a toujours montré
qu’entre les deux, il n’avait aucune hésitation. Nous sommes entrain,
une fois encore, d’en faire l’expérience.
Il est bien évident que toutes les consultations populaires sur la
construction européenne lorsqu’elles seront défavorables, passeront
toutes à la trappe. D’ailleurs, la classe politique ne s’en cache pas
et en toute lucidité et courage l’affirme avec une conviction qui n’a
d’égal que l’impuissance politique de celles et ceux qu’elle bafoue..
Les craintes angoisses et hésitations des peuples ne sont d’aucun
poids ce qui a toujours été le cas - face aux intérêts du capital,…
avec une différences aujourd’hui, c’est que ce dernier n’a plus de
marge de manœuvres dans le cadre de la mondialisation pour s’acheter
la paix sociale. Il passe donc en force pour s’imposer… et ça marche!
Pleurnicher comme le font certains (ATTAC en particulier), auprès des
instances européennes pour que la «volonté populaire soit respectée»,
est particulièrement dérisoires et montre bien le niveau auquel nous
sommes tombés.
C’est croire, et beaucoup le croient, que la légitimité populaire
serait le moteur des prises de décisions dans le capitalisme.
C’est croire qu’à la suite des désaveux populaires successifs, les
instances européennes sont prêtes à «organiser un grand débat
public».
C’est quémander le respect d’un droit qui est, en toute conscience,
délibérément et systématiquement violé par les tenants du pouvoir
économique.
Bref, c’est croire comme les idéologues officiels nous le rabâchent
qu’il existe une «démocratie» qui serait indépendante des intérêts du
capital et ferait dépendre ceux-ci de sa volonté.
Le modèle «démocratique» qui a été le notre jusqu’à aujourd’hui est
entrain de voler en éclats, ébranlé par les contradictions de moins en
moins maîtrisables d’un système marchand en décadence. Il ne peut que
se renier sur les valeurs qu’il proclame et qui apparaissent de plus
en plus aujourd’hui comme des miroirs aux alouettes pour tromper et
faire patienter les peuples.
Les méandres du «fonctionnement démocratique» de notre société ne sont
plus que des chausses trappes dans lesquelles tombent les naïfs.
L’impératif n’est plus à rafistoler un système qui se délite mais à
prendre des initiatives pour lui assurer une alternative.
L’Europe qui est en marche, de même que le monde qui est en marche,
n’est pas la notre, c’est celle du capital. Les discours larmoyants
sur la solidarité des peuples européens cache de plus en plus mal les
véritables intentions des politiciens de tous poils au services des
puissances économiques et financières.
L’Europe est désormais devenue le symbole des dérives antidémocratique
du système marchand, de la détermination totale de ses gestionnaires
de passer outre l’intérêts des peuples et de l’impuissance de ces
derniers.
Il nous appartient désormais de changer la donne.
Juin
2008
Patrick MIGNARD
Voir aussi:
«MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE»
«LA «DEMOCRATIE» CONTRE LA DEMOCRATIE»
«LETTRE OUVERTE A CELLES ET CEUX QUI VONT VOTER «NON»»
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Meilleures Salutations
L'équipe de Fédérer et Libérer
| Date | Sujet | | Auteur |
| 01.01. | | | |
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