Ce matin j'étais d'une humeur de chien, d'une humeur à m'indigner
publiquement de tout et de n'importe quoi, à crier au scandale à
propos de mille choses. Et savez-vous ce qui m'en a subitement coupé
l'envie ? La réalisation que tout en ce monde allait actuellement
tellement mal et de mal en pis que protester contre une chose en
particulier, voire mille choses, n'avait aucun sens. Laissons donc ce
monde aller tranquillement à la dérive sans avoir l'air d'y voir rien
d'anormal -- les choses étant ce qu'elles sont, il est d'ailleurs
parfaitement normal qu'il aille à la dérive. Je voudrais juste donner
un avertissement aux riches. Paul Valéry écrivait « Un chef est un
homme qui a besoin des autres » ; moi, je dis « Un riche est un homme
qui a besoin des autres ». Premier avertissement.
CW
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