DAME EN MAUVE 24
Extrait jean föhler
Matin
Quelle que soit la promptitude que nous mettons à fixer notre pensée nous somme invariablement dans le Temps « passé » le Temps « imparfait, pire « Conditionnel »
Ma chambre, une fois encore, est baignée de soleil et livre un désordre laborieux ; Bics sur toutes les tables
J'adore écrire avec des feuilles partout, des feuilles en tas, des feuilles en équilibre sur le bord d'un bureau J'ai quatre tables et en cherche toujours une de libre Les livres encombrent ouverts à ma curiosité ; Une tasse de café que je bois quand j'y pense, il est froid je n'y prends garde je suis à mon rythme, à mon écriture, à l'écoute de la voix « inn » Je tape sur le clavier, coudes collés au corps ; Manque de place.
Je ne nous revois tous à la ta verne l'Opéra J'aime ton sourire bien que dans le même temps je te devine ailleurs ; En face de moi,tu es plus absente que jamais Peu importe, sommes- nous maîtres de nos sentiments, des mouvements de notre c½ur ? En ce moment, on joue à la radio, « Nuage »Il me vient une tristesse telle une aile qui se déploie et m'assombrit l'âme
Je ne veux pas être gentille me dis- tu naïvement ; Cri du c½ur ! Enfin, quelque chose de vrai, d'authentique qui explique tes angoisses, tes moments volubiles, Tu as raison, j'ai grand tort d'avoir peur pour toi, d'avoir peur de toi ; Je me tais, reste désolé surtout quand je te vois si lointaine je ne fais pas partie de ton voyage J'entends, mieux devine le nom sur tes lèvres, je devine ton espérance autre que la mienne ;
Midi
Je reprends mes notes comme un autre ses photos de famille. Nous ne pleurons pas sur la même personne ; Je me lis avec intérêt, froideur, détachement ; Je me souviens d'une souffrance ; suis proche de l'auto-contemplation ; j'admire mon travail, mon écoute, ma poésie ; Images spontanées et spontanément offertes à Ma Dame en Mauve Pourquoi ma déesse refuse- t-elle mon offrande ? Pourquoi ne serais-je jamais qu'un passager de tes espoirs ? Tu me veux bougie mais, la bougie du moteur qui te propulse Que ton silence crie fort! Tu dis :
« Il est beaucoup plus sain d'être dans le sentiment » Quand tu me parles, tu ne cesses de te reporter aux livres lus, quels en sont les modes, les références. Tu me décris, livresquement, ta zone de liberté où tu te travestis Tu mets la barre tellement haute que je me décourage de ne jamais te contenter
Le demain 5H du matin
Je passe, la croise, elle m'invite la voix rauque, tamisée. Je suis dans une rue « chaude » Elle tremble de froid.
Mon Inconnue des Trottoirs m'habite, me hante
Je bats du briquet, elle bat le pavé Je souris à la flamme
« Au clair de la lune mon ami Pierrot » Où es tu ma Trotteuse offerte à tous vents, à tout venant Mille pensées coquines m'agitent ô ma fugace bottée de bordeaux ; Bottes à talons si hauts si hauts ! Toi mon Inconnue à pantalon noir moulé ; Mon Mirage, ma Vendeuse d'illusions, Magicienne de l'amour. Où es-tu ma Pourvoyeuse de plaisir ? Tu me manques et je me conte des rêves tandis que, dans le même temps, tu
« Comptes « les rêves.
Je parlais ainsi à mon Inconnue pour tromper ton absence.
Je veux être ta docilité, ton élève, ta discipline ; Je veux rester muet comme une tombe marre d'expliquer Pourquoi ? Comment ? Ce qui se passe au premier, deuxième, troisième niveau de mon « moi » perturbé, marre de parler au vide de monologuer à l'envie ; marre de tous ces gens qui n'ont rien à foutre que soupirer des regrets, sangloter sur leurs remords ; m'emmerdent à souhait Je préfère le vin qui me glisse le long du gosier en y abandonnant son bouquet comme une jeune mariée au sortir de l'Eglise
La vie ? Je la désire chaleur de la gestuelle Interdit IMPUDIQUE Cri primal se lance les sens à nus à vifs ; Naissance du plaisir à fleur de peau.
Je gueule « A mort Lilliputiens de la vie l Myopes de « « l'xistant » ! Vous étouffez sous les tics « Socio-psycho-intellos choses » Petits consommateurs d'existence vous m'emmerdez ; vous ne pouvez vivre qu'à la diète, au cachot. Vous vous condamnez à perpette ; Nanisme de la vie vous me faites dégueuler. Y en a marre de vos explications pour tout, sur tout, en tout ; Reviens, Mon Aimée, Ma Résolution
Ma Dame en Mauve ; Pour toi, je pourrais abjurer toutes mes allégations et sur la fidélité, et sur l'amour ; Avec toi, un quartier de bonheur passe comme un quartier de lune
Je pleure et te désavoue. Silence ! C'est trop tard
PB
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