ça craque
Sujet: ça craque De: jejviala (l' arobase) free.fr (UBUjean-jacques viala) Groupes: fr.misc.actualite
Organisation: fan de faustroll
Date: 02. Jul 2008, 17:42:52
Le commissaire européen Peter Mandelson n’avait pas répondu, ni fait
répondre, aux précédentes attaques de Nicolas Sarkozy, concernant les
négociations de l’OMC, ou le référendum irlandais (quand il a accusé le
commissaire d’avoir une part de responsabilité dans le non).
Après les nouvelles attaques de lundi soir sur France 3 (reprenant
textuellement ce que Sarkzoy avait déjà dit sur le sujet : « Je ne
laisserai pas faire », etc.), le porte-parole de Mandelson a réagi, et
Mandelson lui-même s’est exprimé, se disant « déçu » par ces attaques
«fausses et injustifiées ». Et il n’est pas allé hier soir au dîner de
l’Elysée, prétextant qu’il devait être aujourd’hui à Marseille, mais
laissant ses proches dire qu’il n’était pas mécontent d’avoir un
prétexte pour être absent de ce dîner. La réponse de Sarkozy est
pitoyable : « Il doit certainement être ravi de la publicité que je
n'hésite pas à lui faire quand je suis en désaccord avec lui. »
Ainsi le premier jour de la présidence française de l’UE a-t-elle été
marquée par le Non du président Kaczynski et une polémique majeure entre
le commissaire au Commerce et le président du conseil européen.
Cela est excellent.
Les Français voient qu’on leur a menti sur les 19 pays qui ont ratifié
le traité de Lisbonne. La veille, ils avaient appris que l’Allemagne non
plus ne l’avait pas ratifié. Et les propos de Lech Kaczynski, après ceux
de Vaclav Klaus, installent peu à peu l’évidence que le traité est
caduc.
D’autre part, on se garde bien de dire aux Français que les
gouvernements n’ont aucune prise sur les négociations de l’OMC, qui sont
du ressort exclusif de la Commission européenne.
Tant Sarkozy que le Premier ministre irlandais tentent de faire croire
qu’ils peuvent opposer leur veto (« Je ne laisserai pas faire », martèle
notre président). Mais les Français commencent à comprendre que c’est
faux, quand ils voient le porte-parole de Mandelson parler comme ayant
une autorité supranationale, et qu’ils constatent que le commissaire
européen renvoie Sarkozy dans les cordes, montrant qu’il ne discute pas
avec le président français, fût-il président du conseil européen, mais
avec Pascal Lamy, directeur de l’OMC et... ancien commissaire européen.
(entre membres de la technostructure mondiale).
La prestation télévisée de Sarkozy a été remarquable.
Il a voulu montrer que l’Union européenne allait pouvoir apporter aux
Européens, et spécialement aux Français, des avantages concrets.
Or, sur chaque sujet, comme l’a souligné Jean-Marie Le Pen, il montrait
en réalité qu’il n’arriverait à rien puisqu’il fallait d’abord
convaincre ses partenaires, et que sur tous les sujets évoqués les
partenaires n’étaient pas d’accord.
Ce que le correspondant à Bruxelles de The Economist dit en termes
ironiques (cités par Henri Védas) : « La plupart des propositions que M.
Sarkozy a faites lors de l'interview ont à peu près autant de chances
d'être satisfaites par ses pairs européens et la Commission européenne à
Bruxelles qu'en aurait un convive demandant un verre de lait lors d'un
dîner français. » Et cela va se voir très vite.
Jean-Marie Le Pen disait hier que les contorsions de Nicolas Sarkozy ne
changeront rien au fait que le traité est caduc.
On n’a pas fini de voir les contorsions de Sarkozy, de ses ministres et
des apôtres de l’Europe supranationale, qui rivalisent de langue de bois
dans les débats audiovisuels.
Mais tout cela se voit désormais comme le nez au milieu de la figure. Il
y a eu une première grande prise de conscience lors des référendums de
2005.
Le référendum irlandais a été l’occasion d’une nouvelle prise de
conscience.
On a franchi une nouvelle étape. Le vent ne souffle plus en direction du
super-Etat européen, mais vers l’Europe des peuples. Quand on voit je ne
sais plus quelle sous-ministre, hier soir, affirmer que « 19 peuples ont
dit oui et qu’un seul a dit non », et qu’il faut « respecter la
démocratie » (par exemple, mais il y en aurait tant d’autres), on se dit
qu’ils sont en train de perdre la partie.
Chacune de ces contorsions les rend un peu moins crédibles. Ils sont
comme dans un de ces pièges qui se referment inexorablement et de plus
en plus chaque fois que celui qui y est pris fait un nouveau mouvement.
--
UBU.
Ce qui est le plus frappant dans la jeunesse scolaire
d'aujourd'hui, c'est peut-être moins son ignorance que
son ensauvagement.
Annie Kriegel le figaro 08.1981
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| 01.01. | | | |
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