La libération d'Ingrid Betancourt laisse un gout amer dans la bouche
des les journalistes de révérence. La moitié avait parié sur sa mort
faute de négociations ou lors d'une opération militaire foireuse,
s'apprêtant déjà à accuser Uribe et Sarkozy. L'autre moitié attendait
l'intervention divine d'Hugo Chavez et l'occasion de chanter les
louanges du "Libérateur".
Pas de bol pour eux, c'est en corrompant un commandant des FARC et
sans un coup de feu que Ingrid Betancourt a été libérée:
How Colombia freed the hostages
http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7486896.stm
Et, cerise sur le gateau, Madame Betancourt n'as pas la décence de
défendre l'image Che Guevaresque et romantique qu'on aime donner au
"guerilleros" du FARC ... dans les salons parisiens.
Alors, frustrés, la rédaction de révérence se fend - avec l'AFP - d'un
papier anonyme:
Interrogations autour de la libération de Betancourt
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/07/04/interrogations-autour-de-la-liberation-de-betancourt_1066328_3222.html
"Le récit de la libération des otages est digne des meilleurs
scénarios hollywoodiens. Le président colombien, Alvaro Uribe, a même
évoqué une "épopée épique". L'euphorie retombée, des zones d'ombre
subsistent quant à la version officielle donnée par l'armée
colombienne du déroulement de l'opération. Les doutes portent
notamment sur l'éventuel paiement d'une rançon aux deux guérilleros
tombés dans le piège de l'armée colombienne, les geôliers Gerardo
Antonio Aguilar, alias "Cesar", et Enrique Gafas, ainsi que sur le
degré d'implication des services de renseignement étrangers,
israéliens en premier lieu."
Tout y est, "zones d'ombre", "doutes" et poignées de dollars, pour
finir en beauté on a l'implication du Mossad!
On croirait lire un torchon algérien ou une feuille de chou
saoudienne.
Parce qu'en fait de zones d'ombre, les officiels colombiens n'ont
jamais fait de mystères ni sur le paiement de fortes sommes pour
corrompre un ou plusieurs membres des FARC, ni sur l'aide fournie par
les services de renseignement US:
"William Brownfield, the US ambassador to Colombia, confirmed that
Washington and Bogota shared intelligence, equipment, training advice
and operational experience prior to the complex operation." BBC
"Interrogée par le quotidien argentin Clarin, la sénatrice affirme
ne pas avoir de preuves tangibles au sujet du paiement d'une rançon,
mais se baser sur les déclarations des autorités colombiennes." Le
Monde
Et le Mossad alors?
"Selon Haaretz, l'aide israélienne, qui a impliqué plusieurs
dizaines d'experts en sécurité, a été coordonnée par Global CST, une
société privée de conseil en sécurité, dirigée à Bogota par deux
officiers supérieurs à la retraite depuis peu, Israël Ziv et Yossi
Kuperwasser."
En fait de mystérieuse "aide israélienne" il s'agit de généraux à la
retraite reconverti comme la pluspart des militaires de la planète
dans la "consultance" en sécurité.
Avec un succès mérité au vu de la réussite de l'opération: tous les
otages ont été libérés sans une égratignure et sans tirer un coup de
feu.
Si le GIGN avait ne fut-ce que collaboré à cette libération audacieuse
on aurait sans doute pas fini d'en tresser les lauriers dans Le Monde.
Mais comme ce sont d'affreux Israéliens qui ont monté ce coup de
maitres, c'est forcément suspect ...
Faut dire qu'en plus ils ont le triomphe modeste:
"Pour Israël Ziv, il ne faut pas "exagérer" l'implication de l'armée
israélienne dans le succès colombien."
Victor de Kin