Anarchie vaincra (15).
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Date: 09. Nov 2008, 18:45:47
Anarchie vaincra (15).
Il y a un mois, on parlait de récession, on commence à lire le mot
dépression, ce qui est nettement plus grave. L’Islande hyper-
capitaliste, avec une politique néo-conservative d’extrême droite est
quasiment en état de faillite, comme on l’a vu. Mais d’autres états
sont aussi au bord du gouffre : La Hongrie, le Pakistan par exemple,
les banques ne prêtent plus aux états de puissance secondaire et seul
reste le FMI avec ses règles drastiques de déflation, de réduction du
niveau de vie des population jusqu’à la misère et la famine. Dans les
mois qui viennent, des dizaines d’états vont devoir se tourner vers le
Fond Monétaire International et imposer à des centaines de millions de
personnes un régime de famine et de mort pour les plus pauvres.
Une part de la révolution mondiale pourrait venir de là. Une telle
révolution pourrait trouver des cadres par dizaines de milliers dans
les cohortes de chômeurs provenant des milieux financiers qui
licencient massivement : 60 000 personnes à la City de Londres par
exemple. Ces gens connaissent le capitalisme dans tous ses rouages,
cela a été leur métier pendant des années. Dans quelques mois, ils
seront sans ressources, sans perspectives, mais avec tout le savoir du
« système ».
Les états ont déversé des milliers de milliards d’euros et de dollars
sur les spéculateurs pour « relancer le système ». Mais cela ne marche
pas, après 10 jours, les cours de bourse recommencent à fléchir. Mme
Lagarde, toujours aussi inspirée, disait : « On a débouché les tuyaux
» : faux. Ce genre de réflexion montre l’incapacité à comprendre les
ressorts du capitalisme. Les banques sont tenues d’avoir des fonds
propres représentant 8% de leur masse de crédit. C’est le « ratio Cook
» imposé par les états-uniens il y a quelques années pour couler les
banques mutuelles françaises garanties par l’état et les banques
japonaises soutenues par les conglomérats industriels nippons. Les
deux battaient les banques US en ayant des fonds propres faibles.
Le ratio Cook a mis bon ordre à cela en déclenchant la crise
financière asiatique, en plongeant le Japon dans dix ans de récession
et en lançant la désinflation compétitive en France qui ruiné le pays
depuis 20 ans. Par contre, les fonds propres des banques étant placés
en bourse et évalués tous les trois mois aux cours du marché, une
baisse boursière qui fait perdre presque 50% de leur valeurs aux
actions diminue d’autant les fonds propres et donc la masse de crédit
qui peut être mise en circulation. Il y a actuellement trop de crédits
pour les fonds propres existants. Les banques les mieux dotées
réduisent donc les crédits, les autres sont réduites à la faillite,
autrement dit, elles sont rachetées pour une bouchée de pain par les
plus grosses.
Officiellement, la manne financière avait pour but de rétablir les
fonds propres des banques et donc de rouvrir le crédit. Ce qui se
passe est en fait bien différent : les banques qui ont accès aux fonds
d’état s’en servent pour racheter les autres, plus petites qui n’y ont
pas accès. Pour continuer à racheter ainsi à bas prix le menu fretin
qui ne pèse que quelques dizaines de milliards de dollars pièce, leur
intérêt est de faire baisser la bourse pour accentuer la pression sur
les fonds propres des « petits ». Seuls survivront les plus gros, puis
« le » plus gros de chaque état et finalement les quelques banques
ayant derrière elles les états les plus richement dotés. La banque de
Chine avec potentiellement $ 2 000 milliards de réserves, peut garder
sont ratio Cook jusqu’à ce qu’elle absorbe $ 25 000 milliards, le
tiers de la finance mondiale, pour les autres, le pronostic est plus
incertain.
Evidemment, chaque fois qu’une grande banque en absorbe une petite,
elle ramasse un paquet de crédit qu’il faut réduire au plus vite et
très peu de fonds propres ; elle devient donc plus tentante comme
proie pour les autres, d’où la nécessité d’éliminer le crédit en trop
très rapidement, il n’est certainement pas question d’en créer de
nouveaux, que ce soit pour investir ou jouer en bourse. Ainsi,
l’argent des états sert-il à stimuler la réduction du crédit, de
l’investissement, de l’emploi et même des cours de bourse. La
déflation et le crédit crunch sont en marche.
En 1929, la grande dépression était venue du fait d’une inflation
financière débridée (la spéculation sur les terrains de Floride entre
autres,…) suivie d’une perte de confiance qui avait entraîné une
coupure du crédit. Nos capitalistes ont parfaitement assimilé cette
situation et rejoue la même partition. Pour eux, il suffit que les
états déversent de la monnaie quand la confiance privée disparaît.
Ainsi, on évite la situation de 29. Mais comme on l’a vu, c’est
inefficace en raison du comportement capitaliste : On a une bande de
requins rendus fou par l’odeur du sang et qui s’entre-tuent jusqu’au
dernier… et au naufrage du capitalisme.
Y.B.
| Date | Sujet | | Auteur |
| 09.11. | Anarchie vaincra (15). | | FaDiese28 |
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