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[39-45] Guerre du Pacifique - 5. Des iles Philippine s à Okinawa: stratégie kamikaze et fin des combats sur Fr Soc Histoire



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[39-45] Guerre du Pacifique - 5. Des iles Philippine s à Okinawa: stratégie kamikaze et fin des combats



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[39-45] Guerre du Pacifique - 5. Des iles Philippine s à Okinawa: stratégie kamikaze et fin des combats

   
Sujet: [39-45] Guerre du Pacifique - 5. Des iles Philippine s à Okinawa: stratégie kamikaze et fin des combats
De: antispam.cool (l' arobase) skynet.be (Mara Jade Skywalker)
Groupes: fr.soc.histoire
Organisation: Imperial Holonet
Date: 02. Jul 2008, 03:03:11
Guerre du Pacifique - 5. Des îles Philippines à Okinawa: stratégie
kamikaze et fin des combats - Octobre 1944 à septembre 1945 -


Durant les trois mois qui séparent la bataille de la Mer des Philippines
(juillet 1944) de celle de Leyte (octobre 1944), les Américains
préparent leur saut suivant. Ce sera un effort combiné des forces
des théatres du Pacifique Central (Chester Nimitz) et du Pacifique
Sud (William Halsey).

Dans le Pacifique Sud-Ouest, avec le débarquement sur Morotai
du 15 septembre 1944, Douglas MacArthur achève sa campagne
en Nouvelle-Guinée et dans les Salomons.

Le même jour, l'amiral Chester Nimitz, commandant du théâtre Pacifique
Central, débarque sur Peleliu, dans l'archipel des Palau, et met la main
à Ulithi sur une base navale qui servira jusqu'à la fin de la guerre.
Il a été question de sauter les Philippines. Nimitz aurait préféré
passer directement à Formose pour s'attaquer ensuite au Japon.
L'arbitrage de Roosevelt en personne donnera finalement raison
à MacArthur, désireux de tenir sa promesse "Je reviendrai",
faite le 11 mars 1942 à Luçon, durant les heures sombres de Bataan.

Cette promesse est honorée le 20 octobre 1944, quand la 6ème Armée
américaine du général Walter Krueger met pied à terre sur Leyte,
l'une des grandes îles des Philippines centrales.

Seuls contre la puissance de l'armada américaine, les défenseurs
japonais de l'île n'ont aucune chance de l'emporter.

Lever de rideau sur la plus grande bataille navale de tous les temps.
Contrairement à la bataille de la Mer des Philippines, elle ne sera
pas uniquement aéronavale, du moins pas du côté Japonais.

Les porte-avions engagés seront dépourvus d'avions et n'auront
qu'un rôle d'appât. Pour remporter un succès, les Japonais se fient
à leur cuirassés, la seule arme plus ou moins intacte qui leurs reste
sur mer. L'idée générale consiste à attirer vers le nord la force
de raid américaine grâce à l'appât des porte-avions d'Ozawa.

Deux escadres de cuirassés et de croiseurs lourds s'engouffreraient
ainsi dans le vide et gagneraient les plages de débarquement
américaines par le nord et le sud de Leyte. Ce qui se passera
avec les cuirassés quand la force de raid, revenue de sa surprise
attaquera les cuirassés japonais, ne semble pas avoir été envisagé.
C'est la colonne "pertes", dont la nouvelle pensée stratégique
ne tient plus compte.

Le premier acte de la bataille de Leyte, ou "bataille de l'appât",
les 23 et 24 octobre 1944, est tout simplement catastrophique
pour les Japonais: le seul groupement à n'être pas détecté par
les Américains est précisément. L'appât, qui ne peut évidement
pas remplir son rôle dans la discrétion. Les deux flottes
de cuirassés par contre sont repérées. Un comble!

Celle de Kurita, la plus grosse, perd trois croiseurs lourds lors
d'une attaque de sous-marins américains dans le détroit de Palawan,
le 23 octobre 1944, puis tombera le lendemain sous les coups
de la force de raid américain qui lui coule un super-cuirassé
(le Musashi) dans la Mer de Sibuyan. Kurita fait demi-tour.

Le 25 octobre 1944, au sud, le sort des escadres de Shima et de
Nishimura sera encore pire. Les attaques aériennes de l'aéronavale
américaine au cours de l'approche vers Leyte n'infligent que peu de
dégâts. Mais à partir de l'entrée dans la passe de Surigao qui conduit
vers Leyte, l'escadre de Nishimura, deux cuirassés et un croiseur
lourd, est prise à partie par une nuée de navires américains, allant
de la vedette lance-torpilles au cuirassé. Le déséquilibre de forces
est écrasant. Rien qu'au niveau cuirassés, le rapport est de trois
contre un en faveur des Américains. Avant que le jour ne se lève,
les escadres de Nishimura et de Shima auront été anéanties.

Pour les Américains, ce combat est également la revanche
des vieux cuirassés: quatre sur les six engagés sont des survivants
de Pearl Harbor: Nevada, Maryland, Pennsylvania et Tennessee.

Pour les Japonais, l'échec de leur plan a été extrêmement coûteux.
Ils ont perdu en moins de vingt-quatre heures autant de cuirassés
que pendant les trente-cinq premiers mois de la guerre! Les pertes
humaines sont effroyables: sur les 3000 hommes d'équipage
des deux cuirassés coulés, il y aura... 10 survivants!

La seule perte sensible du côté américain est le porte-avions
léger Princeton, coulé par un bombardier-torpilleur basé à terre.

La deuxième phase de la bataille de Leyte va voir... la réussite du plan
de bataille japonais! Les Américains découvrent enfin l'appât japonais
venant du nord... et ils y mordent. La force de raid quitte les abords
de Leyte pour se lancer dans une poursuite échevelée des porte-avions
japonais.

Le 25 octobre 1944, dans le vide ainsi créé, Kurita peut s'engouffrer,
car après avoir rebroussé chemin la veille au soir, il a, à nouveau,
changé de direction et repris sa mission avec ce qui lui reste
de navires: quatre cuirassés, tout ce qu'il reste dans l'arsenal
naval du Japon.

Ce sont des Américains parfaitement incrédules qui voient apparaître
à l'horizon la mâture des gros navires de guerre japonais au large
de Samar. Ces Américains, ce sont les équipages de seize porte-avions
d'escorte, prévus pour toutes sortes de tâches... sauf celle d'affronter
des navires de combat ennemis et surtout pas à portée de tir
de leurs canons!

Par rapport à leurs adversaires japonais, ils cumulent
tous les handicaps: blindage insuffisant, armement quasiment
inexistant, vitesse d'escargot, ...

C'est pourtant cette minable force navale américaine, totalement
insuffisante, qui va stopper elle seule la progression japonaise
vers les plages de débarquement... en sacrifiant une dizaine
de porte-avions d'escorte, coulés ou endommagés.

La vérité oblige à ajouter que si Kurita fit demi-tour une nouvelle
fois, c'est peut-être moins l'héroïsme de ses opposants que la crainte
de voir réapparaître la force de raid américaine qui lui a dicté
sa décision. C'est cette timidité qui sauva à la fois la flotte
de débarquement américaine mais aussi les restes de la flotte
japonaise. Celle-ci put se retirer sans être beaucoup molestée.

Quand la force de raid reviendra après avoir remporté la victoire
du Cap Engano contre l'appât, où le Japon perdra ses derniers
porte-avions d'escadre, Kurita sera déjà loin.

Cette bataille de Leyte marque réellement la fin de la marine impériale
japonaise. Numériquement, malgré ses pertes énormes, elle est encore
impressionnante: trois porte-avions d'escadre récemment achevés,
quatre cuirassés rescapés de Leyte, plus deux cuirassés mixtes.
Elle n'a plus maintenant le choix que de s'amarrer au Japon,
où il n'y a plus de pétrole, ou à Singapour, où il n'y a pas
de d'infrastructure pour son entretien et où elle ne sert
à rien pour la défense de la métropole.

Avec la chute des Philippines, l'artère de communication entre le nord
et le sud de l'empire nippon est quasiment coupée. Les gros navires
regagneront la métropole, mais seront désarmés. Quasiment toutes
les constructions navales sont stoppées faute de matières premières
et d'énergie, les réparations ne sont plus effectuées.

D'un point de vue naval, le Japon tombe en catalepsie.

Pour bien comprendre le pourquoi de cette arrêt, il faut rendre
aux sous-marins la place qu'ils méritent. Alors que les Allemands
ont perdu la guerre du tonnage dans l'Atlantique, les Américains
ont gagné celle du Pacifique.

En 1942, cela avait très mal commencé: les bateaux étaient vétustes,
les bases tombaient aux mains des conquérants japonais ou étaient
trop excentrées et surtout, les torpilles n'étaient pas fiables.
Les résultats furent donc décevants et la menace passa inaperçue
aux yeux des Japonais.

En fait, la menace ne sera perçue par les Japonais que quand il sera
bien trop tard. Dès la fin de l'année 1942, la situation des sous-marins
américains s'est redressée. Dès 1943, la guerre du tonnage commence
pour de bon. Alors que les alliés consacrèrent énormément de moyens
à remporter la guerre contre les U-boots, les Japonais ne firent presque
rien pour protéger leur tonnage marchand. Ni d'ailleurs pour attaquer
celui de l'adversaire. A son extension maximum, l'empire japonais
a d'énormes besoins en tonnage. Celui-ci était déjà insuffisant
lors de l'entrée en guerre. En prélevant un pourcentage croissant
sur les mouvements maritimes ennemis, les sous-marins américains
commencent l'étranglement de l'empire longtemps avant que
les forces de surface n'atteignent ses oeuvres vives.

Tout comme en surface, les sous-marins alliés dépassent rapidement
leurs adversaires sur le plan technique. Surtout, ils dépassent
les escorteurs ennemis sur le plan technique. Le radar restera
une rareté sur les navires japonais jusqu'à la fin de la guerre,
alors qu'il avait été l'un des principaux artisans de la défaite
des U-boots. Insuffisants en qualité, les escorteurs le seront
aussi en quantité. La construction en grande série de navires
spartiates pour protéger les convois avaient été initié
par les Britanniques dès 1940.

Les Japonais ne feront rien avant 1944!

Pas étonnant dès lors qu'à l'automne 1944 puis en 1945,
le "Silent Service" américain puisse tout se permettre, même en face
de la capitale japonaise. Le Japon n'étant autosuffisant ni en matières
premières ni même en nourriture, l'effet du blocus sous-marin sera
paralysant à l'extrême.

En plus de l'effet économique, les sous-marins américains
pourront se prévaloir de succès importants, parfois stratégiques,
contre des navires de guerre japonais.

Il faut aussi pour être juste parler des succès de leurs confrères
japonais contre les navires américains: le dernier navire de guerre
coulé de la guerre, le croiseur lourd américain Indianapolis,
le sera par le sous-marin japonais I-58 dans la nuit
du 29 au 30 juillet 1945.

Le plus beau et le plus spectaculaire des succès du Silent Service,
le 29 novembre 1944, est la destruction, par le sous-marins Archerfish
du lieutenant Joseph Enright, du Shinano, le plus grand porte-avions
de la Seconde Guerre mondiale. Il coule avant même d'avoir terminé
ses essais, sous les torpilles d'un sous-marin américain,
opérant dans les eaux mêmes du Japon métropolitain!

Malgré tous ces handicaps, malgré l'évidence de sa défaite, malgré tout,
le Japon va encore lutter pendant onze mois après la bataille de Leyte.
Puisque les armes classiques ne donnent plus rien, on utilisera
les armes du désespoir. Elles n'ont jamais eut la moindre chance
de renverser le cours de la guerre. Il était bien trop tard,
mais elles vont rendre encore un peu plus horrible une guerre
qui avait déjà accumulé toutes les horreurs.

La plus célèbre et la plus efficace de ces armes du désespoir,
c'est bien sûr le kamikaze ("Vent divin" en japonais).

C'est en quelque sorte la fin de l'avion et le début du missile
anti-navire guidé. Il diffère du missile actuel en ce que le système
de guidage n'est pas électronique mais que c'est un homme
qui sait qu'il va mourir.

Pour poser la question cyniquement: l'arme a-t-elle été efficace?
Difficile à dire. Le slogan "un avion pour un porte-avions" employé
par le commandement japonais est en tout cas fallacieux. En moyenne,
dans la réalité, moins de 20% des kamikazes toucheront une cible,
et les Japonais ne couleront aucun porte-avions d'escadre,
mais trois porte-avions d'escorte (CVE) succomberont
sous leurs coups.

L'utilisation massive de kamikazes commença vraiment avec la bataille
de Leyte, aux Philippines, fin octobre 1944, et atteignit son paroxysme
lors de la bataille d'Okinawa, en avril-juin 1945. Cette île fait partie
de l'archipel japonais, et les Américains eurent un avant-goût
de la future conquête des îles métropolitaines du Japon,
programmée pour le mois de novembre 1945.

D'octobre 1944 à juin 1945, 2314 kamikazes furent employés contre
la marine américaine. Ils réussirent à couler 34 navires américains
et à en endommager 288 autres jusqu'à la fin de la guerre.

Rien qu'à Okinawa, 1900 avions suicides servirent contre l'US Navy.
Ils coulèrent une vingtaine de navires américains, en endommagèrent
plus ou moins gravement 250 autres, dont 10 cuirassés, 4 croiseurs,
16 porte-avions, 81 destroyers ou mouilleurs de mines, 44 navires
de transports ou de débarquement, tuèrent 5500 marins américains
et en blessèrent plus de 28000 autres.

Les Américains avaient compris quel danger représentaient ces
attaques: ils doublèrent leur DCA, renforcèrent considérablement
les piquets radar ("Picket-boat"), des destroyers d'escorte chargés
des alertes aériennes. Si bien qu'avant même d'approcher sa cible,
de préférence un porte-avions, le pilote-suicide devait affronter
un véritable rideau de fer et de feu.

En moyenne, moins d'un kamikaze sur cinq (16%) touchera une cible.

Les Japonais, inspirés de quelques éléments de technologie allemande,
mirent même au point un appareil spécialement conçu pour les missions
suicides: le Yokosuka MXY-8 Jinraï ("Tonnerre de dieu"), surnommé
par les pilotes japonais Ohka ("Fleur de cerisier"). L'idée d'un missile
piloté avait été envisagée en Allemagne devant l'imprécision des V-2,
mais ne fut pas mise en pratique.

Les japonais développèrent d'autres armes-suicide: les "Kaiten",
torpilles suicide humaines lancées depuis un sous-marin.

120 "Kaiten" furent lancées durant la bataille d'Okinawa.
Elles couleront deux pétroliers américains.

Furent également utilisées des vedettes-suicide "Shinyo",
et même carrément des sous-marins-suicide.

L'aventure du Yamato, dernier supercuirassé de la flotte impériale
japonaise, qui était devenue squelettique depuis la bataille
des Philippines, mérite d'être évoquée.

Le 6 avril 1945, le Yamato, le plus gros navire de guerre jamais
construit, levait l'ancre pour son dernier voyage.

Destination: Okinawa, avec du carburant uniquement pour l'aller.
Sa mission consistait à s'échouer sur l'île, se muant en une formidable
et inexpugnable forteresse.

Intercepté en route par l'aviation embarquée américaine, il sombra
le 7 avril 1945 avec ses 2500 marins, après avoir été atteint
par 29 bombes et 12 torpilles.

L'utilisation massive de kamikazes n'aura pour effet que de freiner
l'avance américaine vers le Japon, mais sans doute aussi de renforcer
la détermination des Etats-Unis d'en finir avec un pays qui leur coûtait
trop de vies.

La stratégie kamikaze sera préoccupante pour l'US Navy,
malgré sa suprématie incontestée. Pour le prix de quelques avions,
les Japonais coulent un des survivants de Samar, le porte-avions
d'escorte Saint-Lo, et avarient quatre autres navires.

Désormais, chaque pas de la progression américaine vers le Japon
s'accompagnera d'attaques de kamikazes.

La stratégie des kamikazes n'eut absolument d'aucune utilité sur
la conduite des opérations. Elle ne servit qu'à alourdir la facture
à payer par les Américains pour la victoire.

Au total, d'octobre 1944 à juillet 1945, les Japonais emploieront
2314 kamikazes contre l'US Navy. Ils couleront 34 navires
américains et en endommageront 288 autres.

http://www.navweaps.com/index_tech/tech-042.htm

Pour les Japonais, la nouvelle ligne de front passait par la baie
d'Ormoc. C'est là qu'aboutissait la ligne de ravitaillement et
de renforts des défenseurs de l'île de Leyte. Ce n'est pas moins
de neufs convois (TA, selon la terminologie japonaise) qui firent
la navette entre Luçon et Ormoc.

Le prix à payer pour les Japonais fut énorme. Le sixième convoi,
nom de code TA-6, fut complètement annihilé par les Américains
le 29 novembre 1944.

Il y eut aussi d'indéniables succès japonais: le 3 décembre 1944,
deux destroyers d'escorte japonais remportent dans le détroit
d'Ormoc la dernière victoire navale contre un groupe de destroyers
américains, venus pour intercepter le convoi TA-7. Il faudra
aux Américains un débarquement dans la baie elle-même pour
mettre fin à une résistance japonaise dans l'île qui avait duré
beaucoup plus longtemps que prévu.

L'avance américaine dans les Philippines prend ensuite deux directions
divergentes: au nord et au sud. Au nord des Philippines, l'objectif
principal reste l'île de Luçon, avec la capitale philippine, Manille.
La première étape est l'île de Mindoro. Les Japonais tentèrent
un contre-débarquement à San Jose, mais sans grand succès.

Le débarquement des Américains a lieu dans le golfe de Lingayen
le 9 janvier 1945 à 9h30, à l'endroit même où les Japonais avaient
effectué leur propre débarquement principal, le 22 décembre 1941.

Depuis leurs premières opérations au large de Leyte, en octobre 1944,
l'utilisation des kamikazes est désormais passé de l'artisanat
à la stratégie. Pendant toute la partie finale du trajet, le convoi
fut soumis à des attaques répétées, qui prélevèrent un lourd tribut.
Un nouveau porte-avions d'escorte américain, le Omaney Bay, coula
sous leur coup. L'avalanche de kamikazes s'arrêta quand les Japonais
eurent épuisé leur stock d'avions aux Philippines. De toute façon,
c'était trop tard pour stopper l'irrésistible avance américaine.
Les combats à terre et le nettoyage de Luçon se prolongèrent
jusqu'à l'annonce de la capitulation japonaise, le 15 août 1945,
mais Manille et sa baie avaient été nettoyées dès le mois de février.

La progression vers le sud des Philippines commença en février 1945.
Elle continuera jusqu'à la fin de la guerre, se prolongeant à Bornéo
quand les îles du sud des Philippines seront tombés dans les mains
alliées. La résistance fut beaucoup moins acharnée qu'au nord,
faute de ressources du côté japonais. Le danger kamikaze resta
absent dans une zone qui était beaucoup moins cruciale pour
les Japonais que la défense des îles métropolitaines.

La chute des Philippines coupa en deux les possessions japonaises.
Alors qu'ils resteront maîtres de la Malaisie, l'Indonésie
et de Singapour jusqu'aux derniers jours de la guerre,
ils n'auront plus de communications navales avec la métropole.
Les Américains prennent le contrôle de la Mer de Chine orientale.

A partir de février 1945, les combats vont toucher les îles de
la Métropole japonaise. La première au programme est Iwo Jima,
relais indispensable pour les escadres de bombardiers B-29
qui pilonnent le Japon à partir des îles Mariannes.

Dans les îles Bonin, le débarquement américain sur Iwo Jima,
le 19 février 1945, et les combats sanglants jusqu'au 15 mars,
furent, avec ceux d'Okinawa et de Tarawa, les plus acharnés
et les plus terribles de toute la guerre du Pacifique.

En comptant les tués et les blessés, les Américains enregistrent,
pour la première et unique fois de la guerre dans le Pacifique,
des pertes supérieures à celles des Japonais: 26000 contre 22000.

C'était très cher payé pour conquérir un rocher volcanique de 20km
carrés. Et cela augurait très mal la future conquête de la métropole
japonaise.

Aux Etats-Unis, après l'euphorie de la victoire en Europe, l'opinion
publique en avait assez de cette guerre et supportait de plus en plus
mal le prix à payer par ses soldats.

Confrontés aux calculs des pertes, estimées à un demi-million de tués
Américains et douze millions de Japonais que les débarquements
et les combats au Japon occasionneraient, les stratèges américains
hésitent de moins en moins à employer une nouvelle "arme secrète",
d'un nouveau genre, totalement inconnu, confortés par les avancées
scientifiques dans le domaine de l'atome, pour mettre le plus
rapidement possible fin à ce carnage.

Sur mer, le seul ennemi de l'escadre américaine furent les kamikazes,
qui coulèrent à nouveau un porte-avions d'escorte, le Bismarck Sea,
et endommagèrent un porte-avions rapide de classe Essex.

L'apothéose de cette stratégie du désespoir fut incontestablement
la campagne d'Okinawa. Toute la stratégie nippone était basée
sur des kamikazes. Il s'agissait de détruire la flotte de soutien
aux troupes débarquées pour qu'ils soient massacrés dans l'île
où ils se seraient aventurés. C'est par milliers qu'ils se lancèrent
à l'assaut des navires américains, avant même le débarquement.

Toutes les opérations amphibies américaines étaient précédées
puis accompagnées par des raids aéronavals sur les bases arrières
ennemies. Okinawa ne fit pas exception.

Au raid préparatoire sur Kyushu et au sud du Honshu, les deux plus
grandes îles métropolitaines japonaises, les kamikazes répondirent
en avariant plusieurs grands porte-avions d'escadre. C'est à cette
occasion que fut gravement endommagé le Franklin, victime d'une
explosion de munitions qui tua plus de 700 marins, après avoir
été atteint par un kamikaze le 19 mars 1945.

Après le débarquement d'Okinawa, le 1er avril 1945, c'est par vague
d'une centaine d'avions en moyenne, que les kamikazes se précipitèrent
sur les navires américains.

Pour répondre à la menace, ces derniers établirent un "piquet radar",
une ligne de destroyers équipés de radar, qui détectaient à l'avance
les vagues ennemies et dirigeaient dessus les chasseurs embarqués.
Cette ligne de destroyers devint elle-même la cible privilégiés
des kamikazes japonais. Certains navires qui en faisaient partie
subirent individuellement une cinquantaine d'attaques,
mais ils parvinrent à contenir le plus gros des attaques.

Ce ne sont pas seulement des avions qui composaient cette force
du désespoir. Les navires japonais survivants s'y joignirent. Des très
gros et des tous petits: les Américains capturèrent une semaine avant
le débarquement des centaines de canots suicides prêts à s'élancer
contre leur flotte. Un tout gros, rien moins que le supercuirassé
Yamato.

Il appareilla du Japon avec juste assez de carburant pour atteindre
Okinawa. Aucun retour n'aurait été possible. Il devait s'échouer
près des plages de débarquement et combattre jusqu'à épuisement
de ses munitions. Il ne put aller jusque là. Repéré, il fut victime
de plusieurs vagues d'avions embarqués américains, qui l'envoyèrent
rejoindre son sistership coulé dans le golfe de Leyte, en octobre 1944,
le Musashi.

Même avec tous les moyens mis en oeuvre, les Japonais n'étaient
plus en mesure de s'opposer efficacement à l'avance américaine.
La détermination des combattants japonais à terre retarda l'issue
de plusieurs mois, mais jamais les Américains ne furent en danger
d'être rejetés à la mer.

Les combats sur Okinawa prirent fins le 22 juin 1945. La conquête
de l'île coûta à la 10ème Armée américaine du général Simon Buckner
12000 tués et 38000 blessés.

Du côté japonais, les pertes s'élevèrent à 110000 militaires
et 142000 civils (23000 par suicides) tués, 10700 prisonniers
de guerre.

Durant cette campagne sanglante, 36 navires américains furent coulés,
368 autres endommagés. 5500 marins américains tués et 19000 blessés.

D'un point de vue logistique, Okinawa a été la plus importante opération
amphibie de la seconde guerre mondiale, en quantité de navires et
de moyens engagés, elle a surpassé le débarquement en Normandie.

Mais l'US Navy, comprenant 7800 navires, dont 1800 batiments
de guerre, 26000 avions embarqués ou terrestres, et quatre millions
d'hommes sous ses ordres, était devenue toute puissante et pouvait
désormais tout se permettre.

Pourtant, une nouvelle opération, baptisée Coronet et prévue pour
le 1er novembre 1945, devait être encore plus importante que celle
d'Okinawa, prévue pour débarquer sur l'île principal du Japon:
Honshu (Hondo). Elle n'aura cependant jamais lieu.

Sur mer, les Alliés pouvaient se permettre d'approcher impunément
les côtes du Honshu, en face de Tokyo. L'été fut occupé par le plus
grand des raids aéronavals de la guerre, contre le Honshu.

Il y eut non seulement des attaques aériens mais également
des bombardements navals le long des côtes.

Sur toutes les mers, anciennement chasses gardées des Japonais,
les forces de raids américaines ne rencontraient plus la moindre
résistance navale.

La guerre finit suite aux bombardements atomiques d'Hiroshima
et de Nagasaki, dans lequel la marine américaine n'eut rien à voir,
mais la cérémonie officielle de la capitulation japonaise eut lieu
sur un navire, le Missouri, le 2 septembre 1945, ancré dans la baie
de Tokyo.

La guerre du Pacifique et la Seconde Guerre mondiale étaient vraiment
terminées.

--
"La 2ème Guerre mondiale au jour le jour. 2194 jours de guerre",
Cesare Salmaggi et Alfredo Pallavisini, sélection Reader's Digest, 1980
--
Jacqueline "Jade" Devereaux - http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/
antispam.cool@skynet.be [replace "antispam.cool" by "jacquie.devereaux"]
Mara Jade: http://www.bothan-online.com/Jade-Skywalker-Mara.html
The Sarah Connor Chronicles: http://www.thesarahconnorchronicles.fr/
Archives de l'Alliance: http://www.archives-alliance.com/index.php
Battlestar Galactica: http://www.battlestargalactica-online.com/



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