Voici un texte de chanson écrit sur l'air du « Gorille » de Georges Brassens
à l'occasion d'une action publique de sensibilisation réalisée à Toulouse en
janvier par l'association Chiche ! en partenariat avec le collectif Toulouse
Décroissance. Le compte-rendu est à lire ici :
http://chichetoulouse.free.fr/Actions/p%e9trole%20%20100%20dollars%20le%20baril%20!/100%20dollars%20le%20baril.html
(ou :
http://tinyurl.com/4y3e59).
Commentaires bienvenus, natürlich.
~ Cent le baril ! ~
C'est chaque jour avec angoisse
Que les analystes lisaient
Le chiffre qui portait la poisse
Dans le journal télévisé.
Quand ils affirmaient pleins d'emphase :
« Sitôt qu'il franchit 100 dollars
Notre économie se déphase ! »
Nous étions déjà rigolards...
Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
Tout à coup la nouvelle tombe :
« Ça y est c'est sûr, susurre-t-on,
Le brut à 100, c'est une bombe,
Faisons prier nos curetons ! »
Citoyennes z'et citoyengs,
Sauf quelques joyeux allumés,
Pensaient : « Comment ferons-nous l'pleing
Quand tout s'ra parti en fumée ?! »
Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
Le chef de l'état, magnanime,
Promettait des subventi-ons
Pour tous ceux dont le patronyme
Était de claire extracti-on,
Déclarant dans France-Dimanche :
« Ce n'est pas que l'on vous punit
Mais il faut montrer patte blanche ! »
Pourtant le bougre avait Bruni...
Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
Ceux qui jusque là n'avaient cure,
Se moquant du cours du pétrole
Comme de leur premièr's chaussures,
Eurent soudain des auréoles
Sous les bras, mouillèr'nt leur culotte.
Contrairement à ces couillons
Que la peur fait pisser, nous z'aut'es
C'est d'extase que nous mouillons...
Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
Pour sûr, lire ça en gros titres
A tous les kiosques z'à journeaux,
C'est dur après vos orgies d'huîtres
De foie gras z'et de bigorneaux.
C'en est fini de l'opulence,
Il va falloir admettre enfing
Que le dogme de la Croissance
Repose sur du sable fing...
Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
« Bah ! on va bien trouver aut' chose,
Nos impôts vont à ces chercheurs :
Attendons d'voir c'qu'ils nous proposent,
Et pensons z'à la chandeleur. »
Oui mais les chercheurs sont bredouilles,
L'or noir est sans équivalent,
A moins peut-être que la houille
Ne vienne aggraver le bilan...
Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
Supposez que vous puissiez vivre
Heureux z'en étant t'économes ?
La nouveauté qui vous énivre
Fait de vous des veaux, non des hommes.
« Ma voiture est aux trois-quarts bonne ! »,
Dis-tu, croyant fuir le troupeau ?
Mais mon vieux tu fais du carbone
Rien qu'en bouffant du boeuf de Pau !
Sens le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
Si par malheur la pénurie
Venait nous prendre au dépourvu
Grondrait alors une furie
Telle qu'on n'a pas z'encor vu.
Aussi changeons nos habitudes
De plein gré, prenons du recul,
Sinon la douleur sera rude
Quand nous l'aurons tous dans le cul...
Sang le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
La suite à chacun de l'écrire
Par ses actes, sa volonté ;
Choisissons d'éviter le pire,
Exerçons notre liberté.
C'est cela qui nous rendra dignes
Du prix que nous nous arrogeons :
Nous, l'espèce la plus maligne,
Ne vivons plus en sauvageons...
Sans le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !...
(G.B., 2008.01.07)